Quatrièmement : Sa famille
Nous commençons par nous intéresser aux membres de sa famille dont il est issu, à savoir :
[Son père]
Son fils raconte :
« Le khatib Shihâb ad-Dîn Abû Hafs ‘Umar ibn Kathîr est né aux environs de l’an 640 de l’Hégire et étudia la science auprès de ses oncles maternels, les Banû ‘Uqbah, à Busrâ. Il étudia “al-Bidâya” (dans le madhhab d’Abû Hanîfa) et mémorisa “Jumal az-Zajjâjî”. Il se consacra à la grammaire, à la langue arabe et à la philologie, apprit la poésie arabe et composa d’excellents vers de louange et d’élégie, avec peu de satires. Il enseigna dans les madrasas de Busrâ, au Mabrak an-nâqa (1), au nord de la ville, lieu visité couramment, connu de tous, dont seul Dieu connaît la véritable authenticité. Puis, il fut nommé prédicateur (khatib) à al-Qurayya, à l’est de Busrâ. Il adopta alors le madhhab shafi‘ite et étudia auprès de l’Imâm an-Nawawî et du shaykh Taqî ad-Dîn al-Fazârî – lequel, d’après ce que m’a rapporté notre maître, l’érudit Ibn az-Zamalkânî, l’honorait et le considérait grandement. Il resta là-bas près de douze ans, puis se rendit au village de Majdal (celui de ma mère) pour y prêcher. Il y demeura longtemps, menant une vie pieuse, dans l’aisance et la lecture assidue du Coran. Ses sermons étaient excellents et largement appréciés, car il possédait une grande piété, une éloquence marquée et un style plaisant. Il préférait vivre dans ces campagnes où il trouvait la douceur des conditions de vie et un gagne-pain licite pour lui et sa famille.
Mon père est décédé en Jumâdâ al-Ulâ de l’an 703 de l’Hégire à Majdal et fut inhumé au cimetière nord du village, près de l’olivier. » (2)
[Ses frères et sœurs]
Nous poursuivons en écoutant l’historien Ibn Kathîr nous décrire ses frères et sœurs :
« Il eut plusieurs enfants, nés de ma mère et d’une autre épouse auparavant. L’aîné était Ismâ‘îl, puis Yûnus, puis Idrîs. Ensuite, nés de ma mère : ‘Abd al-Wahhâb, ‘Abd al-‘Azîz, ainsi que plusieurs sœurs. Je suis le plus jeune, et l’on m’a donné le même nom que mon frère Ismâ‘îl, parce qu’il était venu à Damas après avoir mémorisé le Coran auprès de notre père. Là, il entreprit l’étude d’une introduction à la grammaire, mémorisa “at-Tanbîh” et son commentaire auprès de l’érudit Tâj ad-Dîn al-Fazârî, et acquit “al-Muntakhab” en usûl al-fiqh, comme me l’a rapporté mon maître Ibn az-Zamalkânî.
Mais il tomba du toit de l’école ash-Shâmiyya al-Barâniyya, resta quelques jours souffrant puis mourut. Mon père en fut profondément affecté et le pleura en de nombreux vers. Lorsque je naquis ensuite, il me nomma de son nom. »