Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

L’imam Aḥmad (1) a rapporté : « Abū ʿĀmir ʿAbd al-Malik ibn ʿAmr nous a transmis, d’après al-Mughīra ibn ʿAbd al-Raḥmān, qui le tenait d’Abū az-Zinād, lequel m’a dit qu’al-Marqqaʿ ibn Ṣayfī m’a raconté, de la part de son grand-père Rabāḥ ibn Rabīʿ (frère de Ḥanẓala le scribe), qu’il lui avait fait savoir qu’il sortit en expédition avec le Messager de Dieu ﷺ lors d’une campagne qu’il mena. Khālid ibn al-Walīd était à l’avant-garde. Rabāḥ et les Compagnons du Messager de Dieu ﷺ croisèrent alors une femme tuée par l’avant-garde. Ils s’arrêtèrent pour l’observer et s’étonnèrent de sa condition jusqu’à ce que le Messager de Dieu ﷺ les rejoignît sur sa monture. Ils s’écartèrent alors d’elle, et le Messager de Dieu ﷺ, s’étant arrêté près d’elle, déclara : « Celle-ci n’était pas faite pour combattre. » Puis il ordonna à l’un d’entre eux : « Va rejoindre Khālid et dis-lui : “Ne tue ni enfants ni domestiques.” » »

Abū Dāwūd, an-Nasāʾī et Ibn Mājah (2) ont rapporté ce récit de manière semblable, selon la transmission d’al-Marqqaʿ ibn Ṣayfī.

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L’expédition d’Awṭās (3)

La cause de cette expédition est la suivante : lorsque la tribu Hawāzin fut vaincue, un groupe d’entre eux, parmi lesquels se trouvait leur chef Mālik ibn ʿAwf an-Naṣrī, se réfugia à aṭ-Ṭāʾif et s’y retrancha. Un autre groupe se dirigea vers un lieu appelé Awṭās et y campa. Le Messager de Dieu ﷺ envoya alors vers eux un détachement de ses Compagnons, commandé par Abū ʿĀmir al-Ashʿarī. Ils les combattirent, les mirent en déroute, puis le Messager de Dieu ﷺ partit lui-même assiéger les gens de aṭ-Ṭāʾif, comme nous le verrons.

Ibn Isḥāq (4) a relaté : « Lorsque les polythéistes furent défaits le jour de Ḥunayn, ils se rendirent à aṭ-Ṭāʾif avec Mālik ibn ʿAwf, tandis qu’une partie d’entre eux se regroupa à Awṭās et qu’une autre portion partit vers Nakhlah. N’allèrent vers Nakhlah que Banū Ghayrah de Thaqīf, et la cavalerie du Messager de Dieu ﷺ ne poursuivit que ceux qui prirent la route de Nakhlah, et non ceux qui passèrent par les cols. »

Ibn Isḥāq poursuit : « Rabiʿah ibn Rafīʿ ibn Ahdān as-Sulamī—surnommé Ibn ad-Dughunnah (5), du nom de sa mère—rejoint alors Durayd ibn aṣ-Ṣimmah. Il s’empara de la bride de son chameau, pensant qu’il s’agissait d’une femme, car Durayd était dans un palanquin (shijār). En découvrant que c’était un homme, il coucha la monture et se rendit compte qu’il avait affaire à un vieillard : c’était Durayd ibn aṣ-Ṣimmah, sans pour autant le reconnaître. »

« Durayd lui dit : “Que veux-tu de moi ?”

Il répondit : “Je veux te tuer.”

Durayd demanda : “Qui es-tu ?”

Il répondit : “Je suis Rabiʿah ibn Rafīʿ as-Sulamī.” Puis il le frappa de son sabre, mais sans effet.

Alors Durayd déclara : “Mauvaise arme dont ta mère t’a muni ! Prends mon sabre, attaché à l’arrière de ma selle, là, dans le palanquin, puis frappe avec : vise au-dessus des os, et en dessous du crâne ; c’est ainsi que j’agissais autrefois.” »

(1) Rapporté par Aḥmad dans « al-Musnad » (3/488), avec une chaîne de transmission (isnād) considérée comme ḥasan (bonne). (2) Rapporté par Abū Dāwūd, n° 2669, et al-Nasā’ī dans « al-Sunan al-Kubrā » aux numéros 8625 et 8626, ainsi que par Ibn Mājah, n° 2842 ; il s'agit d’un ḥadīth ḥasan. (3) Awṭās : une vallée dans les terres de Hawāzin. Voir « Marāṣid al-Iṭṭilāʿ » (1/132). (4) Voir « al-Sīrah al-Nabawiyyah » d’Ibn Hishām (2/453). (5) Par ailleurs, il est dit avec une ouverture du dāl (d), une kasra sur le ghayn (g), et une atténuation du nūn (n).
وقد قال الإمام أحمد (١) : ثنا أبو عامرٍ عبد الملك بن عمرو، ثنا المغيرة بن عبد الرحمن، عن أبي الزِّناد، حدَّثني المرقَّع بن صيفيٍّ، عن جدِّه رباح بن ربيعٍ أخي حنظلة الكاتب أنه أخبره أنه خرج مع رسول الله ﷺ في غزوةٍ غزاها، وعلى مقدِّمته خالد بن الوليد، فمرَّ رباحٌ وأصحاب رسول الله ﷺ على امرأةٍ مقتولةٍ مما أصابت المقدِّمة، فوقفوا ينظرون إليها ويتعجَّبون من خلقها حتى لحقهم رسول الله ﷺ على راحلته، فانفرجوا عنها، فوقف عليها رسول الله ﷺ فقال: "ما كانت هذه لتقاتل" . فقال لأحدهم: "الحق خالدًا فقل له: لا تقتلنَّ ذرِّيَّةً ولا عسيفًا" . وكذلك رواه أبو داود، والنسائيُّ، وابن ماجه (٢) من حديث المرقَّع بن صيفيٍّ به نحوه. * * * سريّة أوطاسٍ (٣) وكان سببها أن هَوَازن لما انهزمت ذهبت فرقةٌ منهم، فيهم الرئيس مالك بن عوفٍ النصريُّ، فلجؤوا إلى الطائف فتحصَّنوا بها، وسارت فرقةٌ فعسكروا بمكانٍ يقال له: أوطاسٌ. فبعث إليهم رسول الله ﷺ سريةً من أصحابه، عليهم أبو عامرٍ الأشعريُّ، فقاتلوهم فغلبوهم، ثم سار رسول الله ﷺ بنفسه الكريمة، فحاصر أهل الطائف كما سيأتي. قال ابن إسحاق (٤) : ولما انهزم المشركون يوم حُنينٍ، أتوا الطَّائف ومعهم مالك بن عوفٍ، وعسكر بعضهم بأوطاسٍ، وتوجَّه بعضهم نحو نخلةَ، ولم يكن فيمن توجَّه نحو نخلة إلا بنو غيرة من ثقيفٍ، وتبعت خيل رسول الله ﷺ من سلك في نخلة من الناس، ولم تتبع من سلك الثَّنايا. قال: فأدرك ربيعة بن رفيع بن أهبان السُّلميُّ -ويعرف بابن الدُّغُنَّة (٥) ، وهي أمُّه- دريد بن الصِّمَّة، فأخذ بخطام جمله وهو يظنُّ أنه امرأةٌ، وذلك أنه في شجارٍ له، فإذا برجل، فأناخ به، فإذا شيخٌ كبيرٌ، وإذا دُريد بن الصّمَّة، ولا يعرفه الغلام، فقال له دريدٌ: ماذا تريد بي؟ قال: أقتلك. قال: ومن أنت؟ قال: أنا ربيعة بن رفيع السُّلميُّ. ثم ضربه بسيفه، فلم يغن شيئًا، قال: بئس ما سلَّحتْك أمُّك، خذ سيفي هذا من مؤخَّر رحلي في الشِّجار، ثم اضرب به، وارفع عن العظام واخفض عن الدِّماغ، فإني كذلك كنت
(١) رواه أحمد في "المسند" (٣/ ٤٨٨)، وإسناده حسن. (٢) رواه أبو داود رقم (٢٦٦٩) والنسائي في "السنن الكبرى" رقم (٨٦٢٥) و (٨٦٢٦) وابن ماجه رقم (٢٨٤٢)، وهو حديث حسن. (٣) أوطاس: وادٍ في ديار هوازن. انظر "مراصد الاطلاع" (١/ ١٣٢). (٤) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٤٥٣). (٥) ويقال: بفتح الدال، وكسر الغين وتخفيف النون.

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