Saʿīd rapporte d’après Muṣʿab ibn Shaybah, d’après son père, qu’il a dit : « Je suis sorti avec le Messager de Dieu (ﷺ) le jour de Ḥunayn. Par Dieu, ni l’islam ni la connaissance de l’islam ne m’ont fait sortir, mais je refusais que Hawāzin triomphe de Quraych. Alors que je me tenais auprès de lui, je lui dis : “Ô Messager de Dieu, je vois des chevaux rouans (tachetés)”. Il répondit : “Ô Shaybah, nul ne les voit si ce n’est un incroyant.” Puis il posa sa main sur ma poitrine en disant : “Ô Dieu, guide Shaybah.” Ensuite il la posa une deuxième fois en disant : “Ô Dieu, guide Shaybah.” Puis une troisième fois, en disant : “Ô Dieu, guide Shaybah.” » Il poursuit : « Par Dieu, il ne retira pas sa main de ma poitrine à la troisième invocation avant que personne, parmi les créatures de Dieu, ne me devînt plus cher que lui. » Il raconta ensuite le reste du récit : la rencontre des deux armées, la déroute des musulmans, l’appel d’al-ʿAbbās, et la prière du Messager de Dieu (ﷺ) pour le secours, jusqu’à ce que Dieu vainquît les polythéistes.
Al-Bayhaqī (1) dit : « Abū ʿAbd Allāh al-Ḥāfiẓ nous a informés, Abū Muḥammad Aḥmad ibn ʿAbd Allāh al-Maznī nous a informés, Yūsuf ibn Mūsā nous a informés, Hishām ibn Khālid nous a informés, al-Walīd ibn Muslim nous a rapporté de ʿAbd Allāh ibn al-Mubārak, d’après Abū Bakr al-Hudhalī, d’après ʿIkrimah, affranchi d’Ibn ʿAbbās, d’après Shaybah ibn ʿUthmān qui a dit : “Lorsque j’ai vu le Messager de Dieu (ﷺ) le jour de Ḥunayn, le haut du corps découvert, je me suis souvenu de mon père et de mon oncle et du fait quʾʿAlī et Ḥamzah les avaient tués. Alors j’ai dit : ‘Aujourd’hui, je pourrai assouvir ma vengeance contre le Messager de Dieu (ﷺ).’ J’ai essayé de l’atteindre par sa droite, mais je trouvai al-ʿAbbās ibn ʿAbd al-Muṭṭalib debout, vêtu d’une cotte de mailles blanche, pareille à de l’argent, que la poussière laissait entrevoir. Je me suis dit : ‘C’est son oncle, il ne le quittera pas.’ Puis je suis venu par sa gauche, et là je trouvai Abū Sufyān ibn al-Ḥārith ibn ʿAbd al-Muṭṭalib. J’ai dit : ‘C’est son cousin, il ne le quittera pas.’ Ensuite, je suis passé derrière lui, et il ne me restait plus qu’à le frapper d’un coup d’épée quand une flamme de feu jaillit entre lui et moi, pareille à un éclair. J’ai eu peur qu’elle me brûle ; alors j’ai mis mes mains sur mes yeux et j’ai reculé. Le Messager de Dieu (ﷺ) s’est retourné et a dit : ‘Ô Shayb, approche-toi de moi ! Ô Dieu, éloigne de lui le démon.’ J’ai alors levé les yeux vers lui, et il est devenu plus cher à mes yeux que mon ouïe et ma vue. Il m’a dit : ‘Ô Shayb, combats les infidèles.’” »
Ibn Isḥāq (2) dit : « Shaybah ibn ʿUthmān ibn Abī Ṭalḥah, des Banū ʿAbd al-Dār, raconta : “J’ai dit : ‘Aujourd’hui, je prendrai ma revanche’ — car son père avait été tué le jour de Uḥud — ‘Aujourd’hui, je tuerai Muḥammad.’ Je me suis approché du Messager de Dieu (ﷺ) pour le tuer, mais quelque chose est venu obscurcir mon cœur et je ne pus rien faire. J’ai compris qu’il m’était interdit de l’atteindre.” »
Et Muḥammad ibn Isḥāq (3) dit : « Mon père, Isḥāq ibn Yasār, m’a rapporté d’après quelqu’un qui le lui a rapporté, d’après Jubayr ibn Muṭʿim, qui a dit : “Nous étions avec le Messager de Dieu (ﷺ) le jour de Ḥunayn, tandis que les combattants s’affrontaient, quand je vis descendre du ciel une forme semblable à un large drap noir. Elle tomba entre nous et les ennemis, et voici qu’une multitude fourmillante, comme des fourmis éparpillées, remplit la vallée. Aussitôt, ce fut la débâcle de nos adversaires. Nous n’avions aucun doute…””