Ils s’étaient mis à fuir, alors le Messager de Dieu – que la prière et la paix soient sur lui – se mit à lancer sa mule en direction des mécréants. Al-‘Abbâs dit : « Quant à moi, je tenais sa bride pour l’empêcher d’aller trop vite, tandis qu’Abû Sufyân tenait l’étrier du Messager de Dieu – que la prière et la paix soient sur lui. » Alors le Messager de Dieu – que la prière et la paix soient sur lui – déclara : « Ô ‘Abbâs, appelle les Compagnons de l’Arbre (as-Samra) ! » Al-‘Abbâs poursuit : « Par Dieu, lorsque ces hommes entendirent ma voix, ils revinrent vers moi comme la vache qui revient vers ses petits, et ils crièrent : “À ton service ! À ton service !” Ils se battirent alors contre les mécréants. Le mot d’ordre était parmi les Anṣâr : “Ô gens des Anṣâr ! Ô gens des Anṣâr !” Puis on le restreignit aux Banû al-Ḥârith ibn al-Khazraj : “Ô Banû al-Ḥârith ibn al-Khazraj !” Le Messager de Dieu – que la prière et la paix soient sur lui – observait le combat depuis sa mule, comme s’il se dressait dessus pour mieux voir, et il dit : “C’est maintenant que le brasier s’enflamme !” Il prit ensuite de petits cailloux qu’il jeta au visage des mécréants, puis il s’écria : “Fuyez, par le Seigneur de Muḥammad !” » Al-‘Abbâs ajoute : « Je me mis alors à regarder : le combat se déroulait toujours comme je le voyais, mais par Dieu, à peine le Messager de Dieu – que la prière et la paix soient sur lui – les eut-il touchés avec ces cailloux que je constatai, sans cesse, que leur offensive s’émoussait et que leur troupe se dispersait. »
Muslim l’a rapporté (1), selon le récit d’Abû Ṭâhir, d’après Ibn Wahb, dans des termes voisins. Il l’a aussi rapporté d’après Muḥammad ibn Râfi‘, d’après ‘Abd ar-Razzâq, d’après Ma‘mar, d’après az-Zuhrî, de manière similaire.
Muslim rapporte également (2), d’après le hadith de ‘Ikrima ibn ‘Ammâr, transmis par Iyâs ibn Salama ibn al-Akwa‘, de son père, qui dit : « Nous avons fait la campagne de Ḥunayn en compagnie du Messager de Dieu – que la prière et la paix soient sur lui. Lorsque nous fûmes face à l’ennemi, j’avançai et gravis un col. Un homme parmi les polythéistes se présenta, je lui décochai une flèche ; il disparut de ma vue et j’ignorais ce qu’il était devenu. Puis je regardai du côté de la troupe : voilà qu’ils surgissaient d’un autre col et affrontaient les Compagnons du Messager de Dieu – que la prière et la paix soient sur lui, lesquels prirent la fuite. Je rebroussai alors chemin, fuyant à mon tour, vêtu de deux pièces d’étoffe, l’une en pagne, l’autre sur les épaules, quand soudain mon pagne tomba. Je le ramassai tant bien que mal et passai devant le Prophète – que la prière et la paix soient sur lui – alors que je m’enfuyais, et il était monté sur sa mule grise. Il dit : “Ibn al-Akwa‘ vient de voir quelque chose qui l’a terrifié !” Lorsque les assaillants approchèrent du Messager de Dieu – que la prière et la paix soient sur lui –, il mit pied à terre, prit une poignée de poussière et la jeta vers leurs visages, en disant : “Qu’ils soient enlaidis !” (Shâhat al-wujûh). Or Dieu ne laissa aucun d’entre eux sans qu’il ne reçût de la poussière dans les yeux, si bien qu’ils s’enfuirent, et Dieu les mit en déroute. Le Messager de Dieu – que la prière et la paix soient sur lui – répartit ensuite leurs butins parmi les musulmans. »
Abû Dâwûd aṭ-Ṭayâlisî rapporte dans son “Musnad” (3) : « Ḥammâd ibn Salama nous a transmis, d’après Ya‘lâ ibn ‘Aṭâ’, de la part de ‘Abd Allâh ibn Yasâr, d’après Abû ‘Abd ar-Raḥmân al-Fihrî, qui dit : “Nous étions avec le Messager de Dieu – que la prière et la paix soient sur lui – lors de la bataille de Ḥunayn. Il faisait un temps caniculaire, et nous étions installés à l’ombre des acacias. Quand le soleil déclina, j’enfilai ma cotte de mailles, enfourchai mon cheval et me rendis auprès du Messager de Dieu – que la prière et la paix soient sur lui –, dans sa tente. Je lui dis : ‘Que la paix soit sur toi, ô Messager de Dieu, ainsi que la miséricorde et la bénédiction de Dieu ! Le moment de nous mettre en route est-il venu, ô Messager de Dieu ?’” »