Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il atteignit ainsi soixante ans, puis Dieu le reprit à Lui.

On demanda : « Quel âge apparent d’homme était-il alors ? » Il fut répondu : « Il était au summum de la vigueur, le plus beau, le plus agréable, et le mieux bâti. » On dit : « Ô Abou Ḥamza, as-tu participé à une expédition avec le Messager de Dieu ﷺ ? » Il répondit : « Oui, j’ai combattu à ses côtés le jour de Ḥunayn. Les polythéistes sortirent tôt le matin et nous chargèrent à tel point que nous vîmes nos montures derrière nos dos. Il y avait parmi eux un homme qui nous assaillait, nous broyait et nous écrasait. Lorsque le Messager de Dieu ﷺ vit cela, il descendit, et Dieu les mit alors en déroute : ils prirent la fuite. »

« Puis, lorsque le Messager de Dieu ﷺ vit la victoire, on se mit à amener devant lui, un à un, des prisonniers qui lui prêtaient allégeance à l’islam. L’un des Compagnons du Prophète ﷺ dit : “J’ai fait le vœu que si cet homme qui nous a tant malmenés aujourd’hui est amené, je lui trancherai la tête.” Le Messager de Dieu ﷺ se tut. On amena alors cet homme.

Lorsqu’il aperçut le Prophète ﷺ, il s’écria : “Ô Prophète de Dieu, je me repens devant Dieu !” Le Prophète ﷺ s’abstint néanmoins de prendre immédiatement son engagement, afin de laisser l’autre tenir son vœu. L’homme (qui avait fait le vœu) observait le Prophète ﷺ pour qu’il lui ordonne de l’exécuter, mais il hésitait, par crainte du Messager de Dieu ﷺ. Quand le Prophète ﷺ vit qu’il n’agissait pas, il accepta alors l’allégeance du prisonnier. L’homme dit : “Ô Prophète de Dieu, qu’en est-il de mon vœu ?” Le Prophète ﷺ répondit : “Si je ne t’ai pas retenu (loin de lui) depuis ce matin, c’était pour que tu puisses accomplir ton vœu.” L’homme reprit : “Ô Messager de Dieu, ne pouvais-tu pas me faire un signe ?” Le Prophète ﷺ répondit : “Il n’appartient pas à un Prophète de faire un signe (de cet ordre).” » C’est un récit rapporté uniquement par Aḥmad(1).

Aḥmad(2) a aussi dit : « Nous a rapporté Yazīd, (qui a dit) : Ḥumayd al-Ṭawīl nous a rapporté d’après Anas ibn Mālik, que le Messager de Dieu ﷺ invoqua, le jour de Ḥunayn, en ces termes : “Ô Seigneur, si Tu le veux, Tu ne seras plus adoré après ce jour.” » Son isnād est formé de trois narrateurs, conforme aux conditions des deux shaykhs (al-Bukhārī et Muslim), et aucun des auteurs de recueils reconnus ne l’a rapporté par cette chaîne.

Al-Bukhārī(3) a dit : « Muḥammad ibn Bashshār nous a rapporté (en disant) : Ghandar nous a rapporté (en disant) : Shuʿbah nous a rapporté, d’après Abū Isḥāq, qui a entendu al-Barāʾ ibn ʿĀzib – et un homme de Qays l’interrogea : “Avez-vous fui loin du Messager de Dieu ﷺ, le jour de Ḥunayn ?” Il répondit : “Quant au Messager de Dieu ﷺ, il n’a pas fui ; les Hawāzin étaient des archers, et lorsque nous nous lançâmes contre eux, ils se dispersèrent ; nous nous ruâmes alors sur le butin. C’est alors qu’ils nous firent face en nous couvrant de flèches. J’ai vu le Messager de Dieu ﷺ sur sa mule blanche, tandis qu’Abū Sufyān tenait sa bride, et il disait : ‘Je suis le Prophète, je ne mens pas.’” » Al-Bukhārī le rapporte également par la voie d’Abū al-Walīd, d’après Shuʿbah, et cite ensuite ces vers (dans le registre du rajaz) : « Je suis le Prophète, sans mensonge… Je suis le fils de ʿAbd al-Muṭṭalib. »

Al-Bukhārī(4) a aussi rapporté que « Isrāʾīl et Zuhayr, d’après Abū Isḥāq, d’après al-Barāʾ, ont mentionné que le Prophète ﷺ descendit ensuite de sa mule. » Cette version est également rapportée par Muslim et an-Nasāʾī(5), par l’intermédiaire de Bundār ; Muslim ajoute que Abū Mūsā (l’a également rapporté), tous deux d’après Ghandar.

(1) J’ai dit : Abū Dāwūd a rapporté une partie de ce hadith dans son Sunan (n° 3194), la seconde moitié de celui-ci selon Dāwūd ibn Muʿādh, d’après ʿAbd al-Wārith, d’après Nāfiʿ Abū Ghālib ; il y a ajouté la description de la position debout lors de la prière funéraire pour un homme et une femme. (2) Ahmad l’a rapporté dans son Musnad (3/121). (3) Dans son Ṣaḥīḥ, n° 4317. (4) Dans son Ṣaḥīḥ, n° 4317. (5) Muslim l’a rapporté, n° 1776 (80), ainsi qu’al-Nasāʾī dans ses Sunan al-Kubrā, n° 8638.
فتمَّت له ستون سنةً، ثم قبضه الله إليه. قال: بسنِّ أيِّ الرجال هو يومئذٍ؟ قال: كأشبِّ الرجال وأحسنه وأجمله وألحمه. قال: يا أبا حمزة، وهل غزوت مع رسول الله ﷺ ؟ قال: نعم، غزوت معه يوم حنينٍ، فخرج المشركون بُكرة، فحملوا علينا حتى رأينا خيلنا وراء ظهورنا، وفي المشركين رجلٌ يحمل علينا فيدقّنا ويحطِمنا، فلما رأى ذلك رسول الله ﷺ نزل، فهزمهم الله فولَّوا، فقام رسول الله ﷺ حين رأى الفتح، فجُعل يُجاء بهم أُسارى رجلًا رجلًا، فيبايعونه على الإسلام، فقال رجلٌ من أصحاب النبيِّ ﷺ : إن عليَّ نذرًا، لئن جيء بالرجل الذي كان منذ اليوم يحطمنا لأضربنَّ عنقه. قال: فسكت رسول الله ﷺ ، وجيء بالرجل، فلما رأى نبيَّ الله ﷺ قال: يا نبيَّ الله، تبت إلى الله. قال: وأمسك نبيُّ الله ﷺ أن يبايعه ليوفي الآخر نذره. قال: وجعل ينظر إلى النبيِّ ﷺ ليأمره بقتله، ويهاب رسول الله ﷺ ، فلما رأى النبيُّ ﷺ أنه لا يصنع شيئًا بايعه، فقال: يا نبيَّ الله، نذري؟ ! قال: "لم أُمسك عنه منذ اليوم إلا لتوفي نذرك" . فقال: يا رسول الله، ألا أومأت إليَّ؟ قال: "إنه ليس لنبيٍّ أن يومئ" تفرد به أحمد (١) . وقال أحمد (٢) : حدَّثنا يزيد، ثنا حميدٌ الطويل، عن أنس بن مالكٍ قال: كان من دعاء رسول الله ﷺ يوم حنينٍ: "اللهم إنك إن تشأْ لا تعبد بعد اليوم" . إسناده ثلاثيٌّ على شرط الشيخين، ولم يخرجه أحدٌ من أصحاب الكتب من هذا الوجه. وقال البخاريُّ (٣) : ثنا محمد بن بشَّارٍ، ثنا غندرٌ، ثنا شعبة، عن أبي إسحاق سمع البراء بن عازبٍ - وسأله رجلٌ من قيسٍ: أفررتم عن رسول الله ﷺ يوم حنينٍ؟ فقال: - لكنَّ رسول الله ﷺ لم يفرَّ؛ كانت هَوَازن رماةً، وإنا لمَّا حملنا عليهم انكشفوا، فأكببنا على الغنائم، فاستقبلتنا بالسهام، ولقد رأيت رسول الله ﷺ على بغلته البيضاء، وإن أبا سفيان آخذ بزمامها، وهو يقول: "أنا النبيُّ لا كذب" ورواه البخاريُّ، عن أبي الوليد، عن شعبة به وقال: [من مجزوء الرجز] "أَنَا النَّبيُّ لَا كَذِبْ … أَنَا ابنُ عَبدِ المَطَّلِبْ" قال البخاريُّ (٤) : وقال إسرائيل وزهيرٌ، عن أبي إسحاق، عن البراء: ثم نزل عن بغلته. ورواه مسلمٌ والنسائيُّ (٥) عن بندارٍ. زاد مسلمٌ: وأبي موسى. كلاهما عن غندرٍ به.
(١) قلت: روى أبو داود بعضه في سننه (رقم ٣١٩٤) الشطر الثاني منه عن داود بن معاذ عن عبد الوارث عن نافع أبي غالب، به، وزاد فيه صفة القيام في صلاة الجنازة على الرجل والمرأة. (٢) رواه أحمد في "المسند" (٣/ ١٢١). (٣) في "صحيحه"رقم (٤٣١٧). (٤) في "صحيحه" رقم (٤٣١٧). (٥) رواه مسلم رقم (١٧٧٦) (٨٠) والنسائي في "السنن الكبرى" رقم (٨٦٣٨).

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