Section sur la manière dont l’affrontement eut lieu et sur ce qui se produisit au début, lorsque certains prirent la fuite, avant que l’issue ne revînt finalement aux pieux.
Younous ibn Bikair et d’autres ont rapporté d’après Muhammad ibn Ishaq (1) : « ‘Âsim ibn ‘Umar ibn Qatâda m’a transmis, d’après ‘Abd al-Rahmân ibn Jâbir ibn ‘Abd Allâh, d’après son père » :
« Lorsque Mâlik ibn ‘Awf partit avec ceux qui l’accompagnaient en direction de Hunayn, il y précéda le Messager de Dieu (ﷺ), puis prépara et disposa ses hommes dans les passages étroits et recoins de la vallée. Le Messager de Dieu (ﷺ) et ses compagnons arrivèrent à leur tour, descendant dans la vallée au tout début de l’aube. À cet instant, la cavalerie de l’ennemi fondit sur eux. Les musulmans prirent peur et s’enfuirent, sans que personne ne fît attention à autrui. Le Messager de Dieu (ﷺ) s’écarta alors vers la droite, en disant : “Où allez-vous, ô gens ? Venez à moi ! Je suis le Messager de Dieu, je suis le Messager de Dieu, je suis Muhammad, fils de ‘Abd Allâh.” Il n’obtint aucune réponse, tandis que les chameaux se bousculaient les uns les autres.
Lorsqu’il vit la situation dans laquelle se trouvaient les gens, le Messager de Dieu (ﷺ) se trouvait en compagnie d’un petit groupe de sa famille : ‘Alî ibn Abî Tâlib, Abû Sufyân ibn al-Hârith ibn ‘Abd al-Muttalib, son frère Rabî‘a ibn al-Hârith ibn ‘Abd al-Muttalib, al-Fadl ibn al-‘Abbâs – certains disent plutôt : al-Fudhayl ibn Abî Sufyân –, Aymân ibn Umm Ayman, Usâma ibn Zayd. Selon d’autres, Qutham ibn al-‘Abbâs s’y trouvait également, ainsi qu’un petit groupe de Muhâjirûn, parmi lesquels Abû Bakr et ‘Umar. Al-‘Abbâs tenait la bride de la mule blanche sur laquelle se trouvait le Prophète (ﷺ), qu’il faisait avancer.
Un homme de Hâwâzin, monté sur un grand chameau roux, se tenait devant les troupes de Hâwâzin. Il brandissait une bannière noire au bout d’une longue lance, tandis que Hâwâzin se trouvait juste derrière lui. S’il parvenait à atteindre quelqu’un, il le transperçait de son javelot ; s’il le manquait, il levait sa lance pour la montrer à ceux qui le suivaient, et ils avançaient à sa suite.
Tandis qu’il agissait ainsi, ‘Alî ibn Abî Tâlib et un homme des Ançâr tentèrent de l’atteindre. ‘Alî vint par-derrière et frappa le jarret du chameau, qui tomba sur ses flancs, tandis que l’Ançârî bondit sur l’homme et lui donna un coup d’épée qui sectionna son pied jusqu’à mi-jambe, le jetant au bas de sa monture. Alors, le combat s’intensifia entre les deux camps ; par Dieu, ceux qui s’étaient d’abord enfuis ne revinrent qu’en trouvant déjà les prisonniers ligotés devant le Messager de Dieu (ﷺ). »
Cet épisode est rapporté par l’imâm Ahmad (2), d’après Ya‘qûb ibn Ibrâhîm az-Zuhrî, d’après son père, d’après Muhammad ibn Ishaq.
Ibn Ishaq (3) rapporte aussi : « Le Messager de Dieu (ﷺ) se tourna vers Abû Sufyân ibn al-Hârith ibn ‘Abd al-Muttalib, qui fut de ceux qui restèrent fermes ce jour-là avec le Prophète (ﷺ). Il était alors un musulman exemplaire depuis sa conversion, et tenait le mors de la mule du Messager de Dieu (ﷺ). Le Prophète (ﷺ) demanda : “Qui est-ce ?” On lui répondit : “C’est ton cousin, ô Messager de Dieu.” »