«…et Il fit descendre des troupes que vous ne voyiez point et châtia ceux qui avaient mécru : voilà le châtiment des mécréants. Puis Dieu agrée, après cela, le repentir de qui Il veut, et Dieu est Pardonneur et Miséricordieux.» (At-Tawbah, 25-27)
Muhammad ibn Ishâq ibn Yasâr rapporte, dans son ouvrage (1), que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) partit pour affronter Hawâzin le cinquième jour de Shawwâl de la huitième année (de l’Hégire). Il soutient que la Conquête (de La Mecque) eut lieu dix jours avant la fin du mois de Ramadân, soit quinze nuits avant que le Prophète ne marche contre eux. C’est également ce que transmet Ibn Mas‘ûd ; c’est l’avis de ‘Urwah ibn al-Zubayr et Ibn Jarîr l’a retenu dans son “Histoire” (2). De son côté, al-Wâqidî (3) affirme que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) se mit en route pour Hawâzin six jours après le début de Shawwâl et atteignit Hunayn le dixième jour.
Abû Bakr al-Siddîq déclara alors : «Nous ne serons pas vaincus aujourd’hui pour cause de faible nombre !» Pourtant, ils prirent la fuite. Les premiers à fuir furent les Banû Sulaym, suivis des habitants de La Mecque, puis du reste des combattants.
Ibn Ishâq (4) rapporte : «Lorsque Hawâzin entendit parler du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) et de la conquête de La Mecque que Dieu lui avait accordée, son chef, Mâlik ibn ‘Awf al-Nasrî, mobilisa sa tribu. Rejoignirent alors les rangs de Hawâzin : toute la tribu de Thaqîf, puis Nadr et Jusham au complet, ainsi que Sa‘d ibn Bakr et quelques individus de Banû Hilâl, quoique peu nombreux. Aucune autre branche de Qays ‘Aylân ne se joignit à eux. Par ailleurs, ni Kâ‘b ni Kilâb de Hawâzin ne participèrent à cette expédition, et personne d’important de ces clans ne s’y présenta. Parmi Banû Jusham se trouvait Duraid ibn al-Simmah, un vieil homme qui n’avait plus d’autre valeur que l’heureux présage tiré de son jugement et de son expérience militaire, car c’était un vétéran aguerri. Dans la tribu de Thaqîf, on comptait parmi ses notables Qârib ibn al-Aswad ibn Mas‘ûd ibn Mu‘attib, de la faction des Ahlâf (Alliés), ainsi que Dhû al-Khimâr, Subei‘ ibn al-Hârith et son frère Ahmar ibn al-Hârith des Banû Mâlik. Le commandement général des forces demeurait cependant entre les mains de Mâlik ibn ‘Awf al-Nasrî.
Lorsque ce dernier décida de marcher contre le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), il entraîna avec lui leurs biens, leurs femmes et leurs enfants. Quand il s’établit à Autâs, les différentes tribus se groupèrent autour de lui, parmi lesquelles se trouvait Duraid ibn al-Simmah, transporté dans un palanquin qu’on conduisait. À son arrivée, il demanda : “Dans quelle vallée sommes-nous ?” On lui répondit : “À Autâs.” Il dit alors : “C’est un lieu parfait pour la manœuvre des chevaux : ni terrain pierreux et escarpé, ni plaine sablonneuse. Pourquoi entends-je le mugissement des chameaux, le braiment des ânes, les pleurs des enfants et les bêlements des moutons ?” Ils lui répondirent : “Mâlik ibn ‘Awf a fait venir avec nous nos biens, nos femmes et nos enfants.” Il demanda : “Où est Mâlik ?” On lui désigna l’endroit où il se trouvait, et on fit venir ce dernier. Duraid s’adressa à lui en ces termes : “Ô Mâlik ! Te voilà devenu le chef de ton peuple. Ce jour marquera certainement l’histoire des jours à venir.”»