Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et l’imam Aḥmad (1) a dit : « Muḥammad ibn Jaʿfar nous a rapporté : Šuʿba nous a rapporté, d’après ʿAmr ibn Murra, d’après Abū al-Bakhtarī aṭ-Ṭāʾī, d’après Abū Saʿīd al-Ḫudrī, que le Messager d’Allah ﷺ a dit : Lorsque cette noble sourate fut révélée : ﴿ِإِذَا جَاءَ نَصْرُ اللَّهِ وَالْفَتْحُ (1) وَرَأَيْتَ النَّاسَ يَدْخُلُونَ فِي دِينِ اللَّهِ أَفْوَاجًا (2) فَسَبِّحْ بِحَمْدِ رَبِّكَ وَاسْتَغْفِرْهُ إِنَّهُ كَانَ تَوَّابًا﴾ [an-Naṣr : 1-3], le Messager d’Allah ﷺ la récita jusqu’à la conclure, puis dit : « Les gens forment un camp, et mes compagnons et moi constituons un autre camp. » Il dit aussi : « Il n’y a plus d’émigration après la conquête, mais il y a le jihād et l’intention. » Alors Marwān lui lança : « Tu mens. » Tandis que Rāfiʿ ibn Ḫudayǧ et Zayd ibn Ṯābit étaient assis avec lui sur le même siège, Abū Saʿīd dit : « Si ces deux voulaient, ils te raconteraient ce qu’il en est, mais celui-ci craint que tu ne l’évincies de la charge de son peuple, et celui-là craint que tu ne l’exclues de la gestion de l’aumône. » Marwān leva alors son bâton pour le frapper, et quand les deux virent cela, ils déclarèrent : « Il dit vrai. » Seul Aḥmad rapporte ce ḥadīṯ.

Al-Buḫārī (2) a dit : « Mūsā ibn Ismāʿīl nous a rapporté : Abū ʿAwāna nous a rapporté, d’après Abū Bišr, d’après Saʿīd ibn Ǧubayr, d’après Ibn ʿAbbās, qui a dit : ʿUmar me faisait entrer avec les Anciens de Badr ; il sembla alors à certains qu’il y avait là un problème, et ils dirent : “Pourquoi l’introduis-tu parmi nous, alors que nous avons des fils de son âge ?” ʿUmar répliqua : “Il fait partie de ceux dont vous connaissez la compétence.” Un jour, il les appela et me fit entrer avec eux. Je crois qu’il ne m’avait fait venir ce jour-là que pour leur montrer (ma science). Il leur demanda : “Que dites-vous au sujet de la parole d’Allah – glorifié soit Sa majesté – : ﴿إِذَا جَاءَ نَصْرُ اللَّهِ وَالْفَتْحُ﴾ ?” Certains répondirent : “Nous avons reçu l’ordre de louer Allah et de L’implorer de nous pardonner lorsqu’Il nous accorde la victoire et le succès.” Quant aux autres, ils se turent. ʿUmar me dit alors : “Partages-tu leur avis, ô Ibn ʿAbbās ?” Je répondis : “Non.” Il me demanda : “Quelle est alors ton opinion ?” Je dis : “C’est une annonce du terme du Messager d’Allah ﷺ qu’Allah lui a signifié : ﴿إِذَا جَاءَ نَصْرُ اللَّهِ وَالْفَتْحُ﴾ est le signe de la proximité de ton terme ; ﴿فَسَبِّحْ بِحَمْدِ رَبِّكَ وَاسْتَغْفِرْهُ﴾ signifie alors : célèbre la gloire de ton Seigneur en Le louant et implore Son pardon, car Il revient sans cesse vers le repentir.” ʿUmar ibn al-Ḫaṭṭāb de conclure : “Je n’en sais rien d’autre que ce que tu dis.” Seul al-Buḫārī rapporte ce ḥadīṯ.

Ce ḥadīṯ (et d’autres versions apparentées) se retrouve dans plusieurs voies de transmission, par lesquelles on apprend qu’Ibn ʿAbbās l’interprétait comme l’annonce de la mort du Messager d’Allah ﷺ. Mujāhid, Abū al-ʿĀliya, aḍ-Ḍaḥḥāk et beaucoup d’autres s’accordent avec ce que disent Ibn ʿAbbās et ʿUmar ibn al-Ḫaṭṭāb (qu’Allah les agrée).

Quant au ḥadīṯ dans lequel l’imam Aḥmad (3) a dit : « Muḥammad ibn Faḍl nous a rapporté : ʿAṭāʾ (nous a rapporté), d’après Saʿīd ibn Ǧubayr, d’après Ibn ʿAbbās, qu’une fois révélé : ﴿إِذَا جَاءَ نَصْرُ اللَّهِ وَالْفَتْحُ﴾, le Messager d’Allah ﷺ déclara : “On m’a annoncé ma propre mort”, indiquant qu’il serait repris au cours de cette même année. » Seul l’imam Aḥmad rapporte ce ḥadīṯ. Dans sa chaîne de transmission figure ʿAṭāʾ ibn Abī Muslim al-Ḫurāsānī, qui est jugé faible ; plusieurs imams ont formulé des critiques à son égard. De plus, sa formulation présente une forte anomalie, puisqu’il précise que le Prophète ﷺ serait rappelé à Dieu durant cette année, ce qui est faux, dans la mesure où la conquête (de La Mecque) eut lieu la huitième année de l’Hégire, au mois de Ramaḍān, ainsi qu’expliqué plus haut, et sur ce point il n’existe aucune divergence.

(1) Rapporté par Aḥmad dans son « Musnad » (3/22), dont la chaîne de transmission est faible en raison de sa longueur. Certaines de ses parties disposent de témoignages concordants. (2) Dans son « Ṣaḥīḥ », hadith n° 4970. (3) Rapporté par Aḥmad dans son « Musnad » (1/217).
وقد قال الإمام أحمد (١) : ثنا محمد بن جعفر، ثنا شعبة، عن عمرو بن مرَّة، عن أبي البختري الطَّائيِّ، عن أبي سعيد الخدريِّ، عن رسول الله ﷺ أنه قال: لما نزلت هذه السورة الكريمة: ﴿إِذَا جَاءَ نَصْرُ اللَّهِ وَالْفَتْحُ (١) وَرَأَيْتَ النَّاسَ يَدْخُلُونَ فِي دِينِ اللَّهِ أَفْوَاجًا (٢) فَسَبِّحْ بِحَمْدِ رَبِّكَ وَاسْتَغْفِرْهُ إِنَّهُ كَانَ تَوَّابًا﴾ [النصر: ١ - ٣] . قرأها رسول الله ﷺ حتى ختمها، وقال: "الناس حيز وأنا وأصحابي حيز" . وقال: "لا هجرة بعد الفتح ولكن جهاد ونيَّة" . فقال له مروان: كذبت. وعنده رافع بن خديج وزيد بن ثابت قاعدان معه على السَّرير، فقال أبو سعيد: لو شاء هذان لحدَّثاك، ولكن هذا يخاف أن تنزعه عن عِرافة قومه، وهذا يخشى أن تنزعه عن الصدقة. فرفع مروان عليه الدِّرَّة ليضربه، فلما رأيا ذلك قالا: صدق. تفرَّد به أحمد. وقال البخاريُّ (٢) : ثنا موسى بن إسماعيل، ثنا أبو عَوَانة، عن أبي بشر، عن سعيد بن جبير، عن ابن عباس قال: كان عمر يدخلني مع أشياخ بدر، فكأنَّ بعضهم وجد في نفسه، فقال: لم تُدخل هذا معنا ولنا أبناء مثله؟ فقال عمر: إنه ممن قد علمتم. فدعاهم ذات يوم فأدخله معهم، فما رُئيت أنه أدخلني فيهم يومئذ إلا ليريهم، فقال: ما تقولون في قول الله – Exalté soit-Il – : ﴿إِذَا جَاءَ نَصْرُ اللَّهِ وَالْفَتْحُ﴾؟ فقال بعضهم: أمرنا أن نحمد الله ونستعفره إذا نصرنا وفتح علينا. وسكت بعضهم فلم يقل شيئًا، فقال لي: أكذاك تقول يا بن عباس؟ فقلت: لا. فقال: ما تقول؟ فقلت: هو أجل رسول الله ﷺ أعلمه له؛ قال: ﴿إِذَا جَاءَ نَصْرُ اللَّهِ وَالْفَتْحُ﴾. فذلك علامة أجلك؛ ﴿فَسَبِّحْ بِحَمْدِ رَبِّكَ وَاسْتَغْفِرْهُ إِنَّهُ كَانَ تَوَّابًا﴾. قال عمر بن الخطاب: لا أعلم منها إلا ما تقول. تفرَّد به البخاريُّ. وهكذا روي من غير وجه، عن ابن عباس أنه فسَّر ذلك بنعي رسول الله ﷺ في أجله. وبه قال مجاهد وأبو العالية والضَّحَّاك وغير واحد كما قال ابن عباس وعمر بن الخطاب، (رضي الله عنه) . فأما الحديث الذي قال [فيه] الإمام أحمد (٣) : ثنا محمد بن فضيل، ثنا عطاء، عن سعيد بن جبير، عن ابن عباس قال: لما نزلت: ﴿إِذَا جَاءَ نَصْرُ اللَّهِ وَالْفَتْحُ﴾. قال رسول الله ﷺ : "نُعيت إلي نفسي" . بأنه مقبوض في تلك السنة. تفرَّد به الإمام أحمد، وفي إسناده عطاء بن أبي مسلم الخُرَاساني، وفيه ضعف، تكلَّم فيه غير واحد من الأئمة، وفي لفظه نكارة شديدة، وهو قوله بأنه مقبوض في تلك السنة، وهذا باطل؛ فإن الفتح كان في سنة ثمان في رمضان منها، كما تقدَّم بيانه، وهذا لا خلاف فيه.
(١) رواه أحمد في "المسند" (٣/ ٢٢)، وإسناده ضعيف بطوله. ولبعض فقراته شواهد. (٢) في "صحيحه" رقم (٤٩٧٠). (٣) رواه أحمد في "المسند" (١/ ٢١٧).

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