Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

[Section]
L’imam Aḥmad (1) a dit : « ʿAbd al-Razzāq nous a rapporté, puis Ibn Jurayj, et ʿAbd Allāh ibn ʿUthmān ibn Khuthaym nous ont informés que Muḥammad ibn al-Aswad ibn Khalaf lui avait appris que son père, al-Aswad, avait vu le Messager d’Allāh (ﷺ) prendre l’allégeance des gens le jour de la Conquête (de La Mecque). » Il raconta : « Le Prophète s’assit près de Qarn Masaqalah, et les gens pactisèrent avec lui sur l’islam et l’attestation de foi. » Je demandai : « Qu’est-ce que l’attestation ? » Il répondit : « Muḥammad ibn al-Aswad ibn Khalaf m’a dit que le Prophète (ﷺ) leur avait fait prêter serment sur la foi en Allāh, et l’attestation qu’il n’est de divinité qu’Allāh et que Muḥammad est Son serviteur et Son Messager. » Ce récit n’a été rapporté que par Aḥmad.

Selon al-Bayhaqī, « les gens, jeunes et âgés, hommes et femmes, vinrent alors auprès du Prophète (ﷺ) et il leur fit prêter serment sur l’islam et l’attestation de foi. »

Ibn Jarīr (2) a rapporté : « Puis les gens se rassemblèrent à La Mecque pour prêter allégeance au Messager d’Allāh (ﷺ) sur l’islam. D’après ce qui m’est parvenu, il s’assit sur aṣ-Ṣafā, tandis que ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb se tenait en contrebas. Le Prophète reçut alors des gens l’engagement d’écouter et d’obéir à Allāh et à Son Messager autant qu’ils le pouvaient. » Il poursuit : « Lorsqu’il eut achevé la cérémonie de l’allégeance des hommes, il prit celle des femmes. Parmi elles se trouvait Hind bint ʿUtba, voilée et se dissimulant car elle craignait que le Messager d’Allāh (ﷺ) ne la tienne pour responsable de ce qu’elle avait fait au sujet de Ḥamza. »

« Quand elles s’approchèrent du Messager d’Allāh (ﷺ) pour lui prêter allégeance, il dit : “Allégez-moi de ne rien associer à Allāh.” Hind déclara : “Par Allāh, tu exiges de nous quelque chose que tu n’exiges pas des hommes !” Le Prophète (ﷺ) poursuivit : “Et de ne pas voler.” Elle répondit : “Par Allāh, j’ai déjà pris çà et là dans la fortune d’Abū Sufyān – j’ignorais si cela m’était permis ou non.” Abū Sufyān, qui était présent, lui dit : “Pour ce que tu as déjà pris, je t’en décharge.” Le Messager d’Allāh (ﷺ) dit alors : “Es-tu donc Hind bint ʿUtba ?!” Elle répondit : “Oui. Pardonne ce qui est passé, qu’Allāh te pardonne.” »

Puis le Prophète (ﷺ) ajouta : « “Et ne commettez pas d’adultère.” » Hind rétorqua : « “Ô Messager d’Allāh, une femme libre se livrerait-elle à l’adultère ?!” » Il continua : « “Et ne tuez pas vos enfants.” » Hind commenta : « “Nous les avons élevés quand ils étaient petits, et tu les as tués à Badr alors qu’ils étaient grands. C’est toi et eux qui en savez plus.” » ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb rit alors au point d’en être surpris.

Le Prophète (ﷺ) ajouta ensuite : « “Et ne répandez pas de calomnie que vous fabriquerez de vos mains et de vos pieds.” » Hind s’exclama : « “Par Allāh, qu’apporter un mensonge est une chose détestable ! Néanmoins, il se pourrait que se relâcher un peu soit plus aisé.” » Enfin, il dit : « “Et ne me désobéissez pas.” » Hind répondit : « “Dans ce qui est convenable.” » Le Messager d’Allāh (ﷺ) dit alors à ʿUmar : « “Reçois leur allégeance et implore pour elles le pardon d’Allāh. En vérité Allāh est Pardonneur et Très Miséricordieux.” » Ainsi, ʿUmar reçut leur engagement. Et l’on sait que le Messager d’Allāh (ﷺ) ne serrait pas la main des femmes, à moins qu’il ne s’agisse d’une femme licite pour lui ou d’une parente proche.

Enfin, il est rapporté dans les deux Ṣaḥīḥ (3), d’après ʿĀʾisha (qu’Allāh soit satisfait d’elle), qu’elle a dit : « Non, par Allāh, jamais la main du Messager d’Allāh (ﷺ) n’a effleuré celle d’une femme. »

(1) Rapporté par Aḥmad dans le « Musnad » (vol. 3, p. 415). (2) Voir « Tārīkh al-Ṭabarī » (vol. 3, p. 61). (3) Rapporté par al-Bukhārī, n° 4891, 5288 et 7214, et Muslim, n° 1866.
[فصل] قال الإمام أحمد (١) : حدَّثنا عبد الرزاق، ثنا ابن جريج، أنبأنا عبد الله بن عثمان بن خثيم، أن محمد بن الأسود بن خلف أخبره أن أباه الأسود رأى رسول الله ﷺ يبايع الناس يوم الفتح. قال: جلس عند قرن مسقلة، فبايع الناس على الإسلام والشهادة. قال: قلت: وما الشهادة؟ قال: أخبرني محمد بن الأسود بن خلف أنه بايعهم على الإيمان بالله، وشهادة أن لا إله إلا الله وأن محمدًا عبده ورسوله. تفرَّد به أحمد. وعند البيهقي: فجاءه الناس؛ الكبار والصغار، والرجال والنساء، فبايعهم على الإسلام والشهادة. وقال ابن جرير (٢) : ثم اجتمع الناس بمكة لبيعة رسول الله ﷺ على الإسلام، فجلس لهم - فيما بلغني - على الصَّفا، وعمر بن الخطاب أسفل من مجلسه، فأخذ على الناس السمع والطاعة لله ولرسوله فيما استطاعوا. قال: فلما فرغ من بيعة الرجال بايع النساء، وفيهن هند بنت عثبة متنقِّبة متنكَّرة بحديثها؛ لما كان من صنيعها بحمزة، فهي تخاف أن يأخذها رسول الله ﷺ بحدثها ذلك، فلما دنين من رسول الله ﷺ ليبايعهن قال: "بايعنني على أن لا تشركن بالله شيئًا" . فقالت هند: والله إنك لتأخذ علينا ما لا تأخذه على الرجال. قال: "ولا تسرقن" . فقالت: والله إني كنت أصبت من مال أبي سفيان الهَنة بعد الهنة، وما كنت أدري أكان ذلك حلالًا لي أم لا؟ فقال أبو سفيان، وكان شاهدًا لما تقول: أما ما أصبتِ فيما مضى فأنت منه في حلٍّ. فقال رسول الله ﷺ : "وإنك لهند بنت عتبة؟! " قالت: نعم، فاعف عما سلف، عفا الله عنك. ثم قال: "ولا تزنين" . فقالت: يا رسول الله، وهل تزني الحرة؟ ! ثم قال: "ولا تقتلن أولادكن" . قالت: قد ربَّيناهم صغارًا، وقتلتهم ببدر كبارًا، فانت وهم أعلم. فضحك عمر بن الخطاب حتى استغرب، ثم قال: "ولا تأتين ببهتان تفترينه بين أيديكن وأرجلكن" . فقالت: والله إنَّ إتيان البهتان لقبيح، ولبعض التَّجاوز أمثل. ثم قال: "ولا تعصينني" . فقالت: في معروف. فقال رسول الله ﷺ لعمر: "بايعهن واستغفر لهن الله، إن الله غفور رحيم" . فبايعهن عمر، وكان رسول الله ﷺ لا يصافح النساء، ولا يمسُّ إلا امرأة أحلَّها الله له، أو ذات محرم منه. وثبت في "الصحيحين" (٣) عن عائشة، (عليه السلام) ، أنها قالت: لا والله ما مسَّت يد رسول الله ﷺ يد امرأة قطُّ.
(١) رواه أحمد في "المسند" (٣/ ٤١٥). (٢) انظر "تاريخ الطبري" (٣/ ٦١). (٣) رواه البخاري رقم (٤٨٩١) و (٥٢٨٨) و (٧٢١٤) ومسلم رقم (١٨٦٦).

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