Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Je vous remets ce qui reste de cet argent, par précaution pour l’Envoyé de Dieu (que Dieu lui accorde bénédiction et salut) au sujet de ce que ni nous ni vous ne savons. Il fit ainsi, puis revint vers l’Envoyé de Dieu (que Dieu lui accorde bénédiction et salut) et l’informa de la situation, et le Prophète (que Dieu lui accorde bénédiction et salut) dit : « Tu as bien agi et bien fait. » Ensuite, l’Envoyé de Dieu (que Dieu lui accorde bénédiction et salut) se leva, se tourna vers la qibla, debout, les mains levées, au point qu’on pouvait voir ce qu’il y avait sous ses aisselles, et il s’exclama : « Ô Allah, je me désavoue devant Toi de ce qu’a fait Khâlid ibn al-Walîd. » Il le répéta trois fois.

Ibn Isḥāq (1) a dit : « Certains qui excusent Khâlid ont rapporté qu’il expliqua : “Je ne me suis pas mis à combattre avant d’avoir reçu l’ordre de ʿAbd Allâh ibn Ḥudhāfa al-Sahmî, qui affirma que l’Envoyé de Dieu (que Dieu lui accorde bénédiction et salut) lui avait ordonné de les combattre parce qu’ils refusaient d’entrer en islam.” »

Ibn Hishām (2) a rapporté que Abū ʿAmr al-Madīnī a dit : « Lorsque Khâlid ibn al-Walîd parvint jusqu’à eux, ils s’écrièrent : “Ṣaba’nā ! Ṣaba’nā !” (3). » Il s’agit de traditions transmises de manière interrompue.

L’imām Aḥmad a dit : « ʿAbd al-Razzāq nous le rapporta, Maʿmar nous le transmit d’après al-Zuhrī, d’après Sālim ibn ʿAbd Allâh ibn ʿUmar, d’après Ibn ʿUmar qui raconta : “L’Envoyé de Dieu (que Dieu lui accorde bénédiction et salut) dépêcha Khâlid ibn al-Walîd chez Banû — je pense qu’il a dit : Jadhīmah. Il les appela à l’islam, mais ils ne surent pas dire : ‘Nous sommes entrés en islam’, et répétaient : ‘Ṣaba’nā ! Ṣaba’nā !’ Alors Khâlid les fit prisonniers et les tua (4). Il remit ensuite un captif à chacun d’entre nous, puis, un matin, Khâlid ordonna à chacun de tuer son prisonnier. J’ai alors dit, raconte Ibn ʿUmar : ‘Par Dieu, je ne tuerai pas mon prisonnier, et aucun de mes compagnons ne tuera le sien.’ Les gens retournèrent donc auprès du Prophète (que Dieu lui accorde bénédiction et salut) pour lui rapporter ce que Khâlid avait fait. Et le Prophète (que Dieu lui accorde bénédiction et salut), levant les mains, déclara : ‘Ô Allah, je me désavoue devant Toi de ce qu’a fait Khâlid’ — il le répéta deux fois (5).” »

Ce hadith est également rapporté par al-Bukhârî et al-Nasâ’î (6) d’après la chaîne de ʿAbd al-Razzāq, avec un contenu similaire.

Ibn Isḥāq (7) a précisé que Jahdam, voyant ce que Khâlid infligeait à ces gens, leur dit : « Ô Banû Jadhīmah, nous sommes perdus ; je vous avais pourtant prévenus de ce qui vous arrive maintenant ! »

Et Ibn Isḥāq (8) de poursuivre : « Selon ce qui m’est parvenu, il y eut un échange de propos entre Khâlid et ʿAbd al-Raḥmān ibn ʿAwf à ce sujet. ʿAbd al-Raḥmān lui dit : ‘C’est un acte de l’époque préislamique que tu commets là, alors que nous sommes en islam !’ Khâlid répondit : ‘Je n’ai fait que venger la mort de ton père.’ Et ʿAbd al-Raḥmān répliqua….” »

(1) Voir « La Sîra » d'Ibn Hichâm (t. 2, p. 430). (2) Voir « La Sîra » d'Ibn Hichâm (t. 2, p. 431). (3) Ibn al-ʿAthîr dit dans « Jâmiʿ al-Uṣûl » (t. 8, p. 415) : « Ṣabaʾ désigne le fait de quitter une religion pour une autre. » (4) « Asran wa qatlan » : au cas accusatif, en tant que complément absolu, c’est-à-dire qu’il fit qu’on les capture en captivité (« asran ») et qu’on les tue (« qatlan »). (5) Rapporté par Aḥmad dans « Al-Musnad » (t. 2, pp. 150-151). (6) Rapporté par al-Bukhârî, n° 4339, et an-Nasâ’î dans « Al-Mujtabâ » (t. 8, p. 237) ; voir aussi la note précédente, p. 836. (7) Voir « La Sîra » d'Ibn Hichâm (t. 2, p. 431). (8) Voir « La Sîra » d'Ibn Hichâm (t. 2, p. 431).
أُعطيكم هذه البقية من هذا المال احتياطًا لرسول الله ﷺ مما لا نعلم ولا تعلمون. ففعل، ثم رجع إلى رسول الله ﷺ فأخبره الخبر، فقال: "أَصبتَ وأَحْسَنْتَ" . ثم قام رسول الله ﷺ فاستقبل القِبْلَةَ قائمًا شاهرًا يديه، حتى إنه ليُرى ما تحت منكبيه يقول: "اللهمَّ إني أبرأ إليك مما صنع خالد بن الوليد" ثلاث مرات. قال ابن إسحاق (١) : وقد قال بعض من يعْذِرُ خالدًا: إنه قال: ما قاتلت حتى أمرني بذلك عبد الله بن حُذَافَة السَّهميُّ، وقال: إن رسول الله ﷺ قد أمرك أن تقاتلهم لامتناعهم من الإسلام. قال ابن هشام (٢) : قال أبو عمرو المدينيُّ: لمَّا أتاهم خالد بن الوليد قالوا: صبأنا (٣) صبأنا، وهذه مرسلات ومنقطعات. وقد قال الإمام أحمد: حدَّثنا عبد الرَّزَّاق، ثنا مَعْمَر، عن الزُّهريِّ، عن سالم بن عبد الله بن عمر، عن ابن عمر قال: بعث رسول الله ﷺ خالد بن الوليد إلى بني - أحسبه قال: - جَذيمة. فدعاهم إلى الإسلام، فلم يُحسنوا أن يقولوا: أسلمنا؛ فجعلوا يقولون: صبأنا صبأنا. وجعل خالد بهم أسرًا وقتلًا (٤) . قال: ودفع إلى كلِّ رجل منا أسيرًا، حتى إذا أصبح يومًا أمر خالد أن يقتل كلُّ رجل منَّا أسيره. قال ابن عمر: فقلت: والله لا أقتل أسيري، ولا يقتل أحد من أصحابي أسيره. قال: فقدموا على النبيِّ ﷺ فذكروا له صنيع خالد، فقال النبيُّ ﷺ ورفع يديه: "اللهم إني أبرأ إليك ممَّا صنع خالد" مرتين (٥) . ورواه البخاريُّ والنسائيُّ (٦) من حديث عبد الرزاق به نحوه. قال ابن إسحاق (٧) : وقد قال لهم جَحْدَم لمَّا رأى ما يَصنع بهم خالد: يا بني جَذيمة، ضاع الضَّرب، قد كنت حذَّرتكم ما وقعتم فيه. قال ابن إسحاق (٨) : وقد كان بين خالد وبين عبد الرحمن بن عوف - فيما بلغني - كلام في ذلك، فقال له عبد الرحمن: عملت بأمر الجاهلية في الإسلام؟ فقال: إنما ثأَرتُ بأبيك. فقال عبد الرحمن:
(١) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٤٣٠). (٢) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٤٣١). (٣) قال ابن الأثير في "جامع الأصول" (٨/ ٤١٥): "صبأ: إذا خرج من دين إلى دينٍ غيره". (٤) أسرًا وقتلًا، بالنصب، على أنه مفعول مطلق، أي جعل يأسرهم أسرًا ويقتلهم قتلا. (٥) رواه أحمد في "المسند" (٢/ ١٥٠ - ١٥١). (٦) رواه البخاري رقم (٤٣٣٩) والنسائي في "المجتبى" (٨/ ٢٣٧) وانظر التعليق المتقدم ص (٨٣٦). (٧) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٤٣١). (٨) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٤٣١).

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