Il dit : « Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) envoya Khalid ibn al-Walid après la conquête de La Mecque en tant qu’appelant (à l’islam) et non comme combattant, accompagné de tribus arabes – Sulaym ibn Mansur et Mudlij ibn Murra. Ils se dirigèrent alors vers les Banû Jadhlima ibn ‘Âmir ibn ‘Abd Manât ibn Kinâna. Quand ces derniers virent Khalid, ils prirent leurs armes. »
Khalid leur dit : « Déposez vos armes, car les gens se sont convertis à l’islam. » Ibn Ishaq (1) rapporte : « Certains de nos compagnons, gens de savoir parmi les Banû Jadhlima, m’ont informé de ceci : lorsque Khalid nous ordonna de poser les armes, un homme d’entre nous, nommé Jahdam, déclara : “Malheur à vous, ô Banû Jadhlima ! C’est Khalid. Par Dieu, après avoir déposé les armes, il n’y aura que la captivité, et après la captivité, le tranchant des épées. Par Dieu, jamais je ne poserai mon arme !” »
L’un de ses compagnons le saisit alors en lui rétorquant : « Ô Jahdam, veux-tu nous faire verser notre propre sang ? Les gens se sont convertis à l’islam, la guerre est finie, et tout le monde est en sécurité. » Ils ne cessèrent de l’exhorter jusqu’à ce qu’il dépose finalement ses armes. Le groupe fit de même à la demande de Khalid.
Ibn Ishaq (2) poursuit : « Ḥakîm ibn Ḥakîm, d’après Abû Ja‘far, m’a raconté : lorsqu’ils eurent tous déposé leurs armes, Khalid ordonna alors leur capture et qu’on les attache. Puis il les soumit au tranchant de l’épée, et tua ceux qu’il put tuer parmi eux. Lorsque la nouvelle parvint au Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), il leva les mains vers le ciel et déclara : “Ô mon Dieu, je Te désavoue ce qu’a fait Khalid ibn al-Walid.” (3) »
Ibn Hishâm rapporte : « D’après certains hommes de savoir, un survivant de ce groupe parvint à s’échapper jusqu’auprès du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) et l’informa de la situation. Le Prophète lui demanda : “Quelqu’un s’est-il opposé à ce qu’a fait Khalid ?” Il répondit : “Oui, un homme de taille moyenne et au teint clair le lui a reproché ; Khalid le tança (4), et il se tut. Puis un autre, un homme grand et imposant, s’y est également opposé et le contredit avec insistance, si bien que leur échange fut vif.” Alors ‘Umar ibn al-Khaṭṭâb dit : “Quant au premier, ô Messager de Dieu, c’est mon fils ‘Abd Allâh ; quant à l’autre, c’est Sâlim, l’affranchi d’Abû Ḥudhayfa.” »
Ibn Ishaq (5) ajoute : « Ḥakîm ibn Ḥakîm, d’après Abû Ja‘far, m’a relaté : le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) appela ensuite ‘Alî ibn Abî Tâlib et lui dit : “Ô ‘Alî, rends-toi auprès de ces gens ; examine leur affaire et mets sous tes pieds toute pratique de la Jâhiliyya.” Partant aussitôt, ‘Alî arriva jusqu’à eux, muni de biens que lui avait confiés le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui). Il les indemnisa pour les morts et les pertes matérielles subies, au point de payer même pour la mîlagha du chien (6). Lorsqu’il ne resta plus aucune dette de sang ni aucun bien à compenser, il lui restait encore une partie des biens. Alors ‘Alî, après avoir achevé de les dédommager, leur demanda : “Reste-t-il quelque perte de vie ou de biens qui ne vous ait pas été compensée ?” Ils répondirent : “Non.” Il dit : “Alors je…” »