Hishām, l’épouse d’Ikrima ibn Abī Jahl, embrassèrent toutes deux l’islam. Elle était partie à sa poursuite jusqu’au Yémen, puis le fit revenir et il se convertit. Quand tous deux se furent soumis à l’islam, le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) confirma leur union sur la base de leur premier contrat de mariage.
Ibn Isḥāq(1) rapporta : « Saʿīd ibn ʿAbd al-Raḥmān ibn Ḥassān ibn Thābit m’a raconté que Ḥassān avait visé Ibn al-Zibʿarā, alors qu’il se trouvait à Najrān, avec un seul vers, sans rien ajouter :
[Du mètre al-kāmil] :
لا تَعْدَ مَنْ رجلًا أحلَّك بُغْضُه … نجران في عيش أحذَّ لئيمِ
(Que l’on ne s’éloigne pas de l’homme dont la haine t’a poussé à t’établir à Najrān,
dans une vie vile et amère.)
Lorsque ce vers parvint à Ibn al-Zibʿarā(2), il se rendit auprès du Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) et se convertit. Après sa conversion, il dit alors :
[Du mètre al-khafīf] :
يا رسولَ المَلِيكِ إنَّ لساني … راتِقٌ ما فتقتُ إذ أنا بُورُ
إذ أُباري الشيطانَ في سَنَنِ الغـ … ـيِّ ومَن مالَ ميلَهُ مَثبورُ
آمَنَ اللحمُ والعظامُ لربِّي … ثم قلبي الشَّهيدُ أنت النَّذيرُ
إنني عنك زاجرٌ ثَمَّ حيًّا … من لؤيٍّ وكلُّهم مغرورُ
(Ô Messager du Roi suprême, certes ma langue se referme sur le tort que j’ai causé quand j’étais perdu.
Je rivalisais alors avec le démon sur les voies de l’égarement : quiconque penche vers lui est voué à la ruine.
Ma chair et mes os ont cru en mon Seigneur, et mon cœur en est témoin ; c’est toi l’avertisseur.
Je me fais censeur de mes semblables vivants, de la tribu de Luʾayy : tous suivent un leurre.)
Ibn Isḥāq(3) ajouta : « ʿAbd Allāh ibn al-Zibʿarā(4) composa également, après sa conversion, ces vers :
[Du mètre al-kāmil] :
مَنَعَ الرُّقَادَ بَلابلٌ وهمومُ … والليلُ معتلجُ الرِّواقِ بهيمُ
مِمّا أتاني أنَّ أحمَدَ لامني … فيه فبتُّ كأنني محمومُ
يا خيرَ مَن حَمَلَت على أوصالِها … عيرانةٌ سُرُحُ اليدينِ غَشومُ
إني لمعتذرٌ إليكَ من الذي … أَسْدَيْتَ إذ أنا في الضَّلالِ أهيمُ
أيامَ تأمرني بأغوَى خُطَّةٍ … سَهْمٌ وتأمرني بها مَخزومُ
وأَمُدُّ أسبابَ الرَّدى ويَقودُني … أمرُ الغُواةِ وأمرُهم مَشؤومُ
فاليومَ آمنَ بالنبيِّ محمّدٍ … قلبي ومخطئُ هذِه مَحرومُ
مَضتِ العَداوَةُ وانقَضت أسبابُها … ودَعَتْ أواصِرُ بيننا وحُلومُ
فاغفِر فِدىً لك والدَايَ كلَاهما … زَلَلي فإنكَ راحمٌ مَرحومُ
وعليكَ مِن عِلمِ المليكِ عَلامةٌ … نورٌ أغرُّ وخاتمٌ مختومُ
أعطاكَ بعدَ مَحَبَّةٍ بُرهانَهُ … شَرَفًا وبُرهانُ الإلهِ عَظيمُ
(Les angoisses et les soucis m’ont empêché de trouver le sommeil,
Et la nuit, au pavillon sombre, semblait s’entremêler.
C’est ce que j’ai appris : Aḥmad me reprochait tel acte,
Si bien que j’en ai passé la nuit comme sous l’emprise de la fièvre.
Ô le meilleur que jamais chamelle large d’épaules ait porté,
La démarche légère, pleine de fermeté.
Je viens m’excuser auprès de toi pour tout ce dont tu m’as comblé,
À l’époque où je me perdais dans l’égarement.
Quand la lignée de Sahm ainsi que celle de Makhzūm
M’ordonnaient la plus dévoyée des démarches,
Je m’engageais alors sur les voies de la perdition, guidé par les égarés,
Un commandement funeste qu’ils exerçaient.
Mais voilà qu’en ce jour, mon cœur a foi en Muḥammad, le Prophète,
Et celui qui s’y refuse s’en retrouvera privé.
L’inimitié est révolue, ses causes ont disparu,
Désormais nos liens et notre raison reviennent au grand jour.
Pardonne, toi pour qui je paierais rançon de mes deux parents,
Mon égarement mérite ta miséricorde, et tu es miséricordieux.
Sur toi repose un signe de la science divine :
Une clarté éclatante et un sceau scellé.
Après qu’Il t’eut déjà accordé Son affection, Il t’a offert Sa preuve,
T’élevant en noblesse, et la Preuve de Dieu est immense.)