« Ne devrais-je pas préparer un repas et les inviter chez moi ? »
Il dit : « Alors j’ordonnai de préparer un repas, puis je rencontrai Abû Hurayra dans la soirée. » Il poursuivit : « Je lui dis : “Ô Abû Hurayra, c’est moi qui invite ce soir.” Il répondit : “Tu m’as devancé ?!” »
Hâshim dit : « Je repris : “Oui.” Puis il déclara : “Je les ai donc invités, et ils sont chez moi.” » Abû Hurayra dit alors : « Ô vous, les Anṣâr, ne devrais-je pas vous rapporter l’un de vos propres récits ? » Et il mentionna la Conquête de La Mecque. Il raconta : « Le Messager de Dieu (ﷺ) s’avança et entra dans La Mecque. Il envoya Az-Zubayr à la tête de l’une des deux ailes de l’armée, Khalid à la tête de l’autre aile, et Abû ‘Ubayda avec les fantassins qui occupèrent le fond de la vallée, tandis que le Messager de Dieu (ﷺ) se tenait au centre avec sa troupe. »
Abû Hurayra poursuivit : « Les Quraysh avaient rassemblé leurs hommes de peu d’importance en disant : “Plaçons-les devant ; s’ils obtiennent un succès, nous serons avec eux ; s’ils sont battus, nous leur accorderons l’appui qui nous est demandé.” » Abû Hurayra poursuivit : « Le Prophète me vit et m’appela : “Ô Abû Hurayra !” Je lui répondis : “À ton service, ô Messager de Dieu.” Il dit alors : “Hèle les Anṣâr pour moi, et qu’aucun autre qu’un Anṣâr ne vienne !” Je les hélai donc, et ils vinrent entourer le Messager de Dieu (ﷺ). »
Abû Hurayra raconta : « Le Messager de Dieu (ﷺ) dit : “Voyez ces hommes sans valeur de Quraysh et leurs partisans ?” Puis il posa une main sur l’autre et déclara : “Fauchez-les comme on fauche une récolte, jusqu’à ce que vous me retrouviez à As-Ṣafâ !” Nous partîmes donc, et celui d’entre nous qui le souhaitait pouvait les tuer sans qu’aucun d’eux ne nous oppose de résistance. »
Abû Hurayra dit encore : « Abû Sufyân s’écria : “Ô Messager de Dieu, c’est la ruine du sanctuaire de Quraysh ! Il n’y aura plus de Quraysh après aujourd’hui !” » Le Messager de Dieu (ﷺ) répondit alors : « “Celui qui ferme sa porte est en sûreté, et quiconque entre dans la demeure d’Abû Sufyân est en sûreté.” » Les gens fermèrent donc leurs portes. Le Messager de Dieu (ﷺ) s’approcha ensuite de la Pierre Noire, la toucha, puis effectua la circumambulation autour de la Ka‘ba. Dans sa main se trouvait un arc qu’il tenait par sa corde. En faisant le tour de la Ka‘ba, il passa près d’une idole vénérée à côté de la Maison sacrée ; il se mit à la frapper de la pointe de son arc au niveau de l’œil en disant : « “La vérité est venue et l’erreur s’est dissipée.” »
Puis il grimpa sur As-Ṣafâ, d’où il pouvait voir la Maison. Il leva alors les mains et se mit à invoquer Dieu et à Le mentionner comme Il le mérite. Les Anṣâr se tenaient en contrebas ; certains se dirent : « Voyez ! L’homme est sans doute ému par l’affection pour son pays et la bienveillance envers sa tribu. » Abû Hurayra raconta : « C’est alors que la Révélation descendit. Lorsque cette dernière parvenait au Prophète (ﷺ), personne n’osait lever les yeux vers lui tant qu’il n’avait pas terminé. »
Hâshim poursuivit : « Lorsque la Révélation fut achevée, le Prophète (ﷺ) leva la tête et dit : “Ô vous, les Anṣâr ! Avez-vous dit : ‘Voyez ! L’homme est sans doute ému par l’affection pour son pays et la bienveillance envers sa tribu’ ?” Ils répondirent : “Oui, ô Messager de Dieu, c’est bien ce que nous avons dit.” » Le Prophète (ﷺ) dit alors : « “Quel serait donc mon nom ? Non, je ne suis qu’un serviteur de Dieu et Son Messager. J’ai émigré vers Dieu et vers vous. Vivre, c’est vivre avec vous, et mourir, c’est mourir avec vous.” » Ils s’avancèrent alors vers lui en pleurant et dirent : « Par Dieu, si nous avons prononcé ces paroles, c’était uniquement par égard pour Dieu et Son Messager. » Le Prophète (ﷺ) conclut : « “Dieu et Son Messager vous croient et vous pardonnent.” »
Cette narration figure également dans le recueil de Muslim et de An-Nasâ’î (1) d’après Sulaymân ibn Al-Mughîra. An-Nasâ’î ajoute : « ainsi que Salâm ibn Miskîn. »