Les auteurs des Sounan (1) ont rapporté une partie de ce hadith. Pour ce qui concerne la mention selon laquelle il aurait été permis à la tribu de Khuzaʿa de prendre sa revanche sur Banû Bakr jusqu’à l’heure de la prière de lʿAsr le jour de la conquête, je ne l’ai trouvée que dans ce hadith (2). Il semble – s’il est authentique – qu’il s’agisse d’une permission particulière qui leur a été accordée en raison de ce qu’ils avaient subi de la part de Banû Bakr lors de la nuit d’al-Watîr. Et Dieu est plus savant.
L’imam Aḥmad (3) rapporta, d’après Yaḥyâ ibn Saʿîd, Sufyân ibn ʿUyayna, Yazîd ibn Hârûn et Muḥammad ibn ʿUbayd, tous ayant reçu de Zakarîyâ ibn Abî Zâʾida, lui-même transmettant de ʿÂmir al-Shaʿbî, d’après al-Ḥârith ibn Mâlik ibn al-Barṣâʾ al-Khuzâʿî : « J’ai entendu le Messager de Dieu (ﷺ) dire le jour de la conquête de La Mecque : “Cette cité ne sera plus jamais attaquée à partir d’aujourd’hui jusqu’au Jour de la Résurrection.” »
Al-Tirmidhî (4) le rapporte également, par l’intermédiaire de Bundâr, de Yaḥyâ ibn Saʿîd al-Qaṭṭân, et il ajoute : « [Ce hadith est] bon et authentique (ḥasan ṣaḥîḥ). »
J’ajoute : s’il s’agit d’une interdiction formelle, il n’y a aucune difficulté. Mais si l’on comprend qu’il s’agit d’une simple négation, alors al-Bayhaqî (5) dit : « Cela signifie que la cité ne sera pas attaquée alors qu’elle est demeurée mécréante. »
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim (6), selon une chaîne de transmission remontant à Zakarîyâ ibn Abî Zâʾida, d’après ʿÂmir al-Shaʿbî, d’après ʿAbd Allâh ibn Muṭîʿ, d’après son père Muṭîʿ ibn al-Aswad al-ʿAdawî, il est rapporté que le Messager de Dieu (ﷺ) déclara le jour de la conquête de La Mecque : « Plus aucun Qurayshite ne sera exécuté avec préméditation (ṣabr) à partir d’aujourd’hui jusqu’au Jour de la Résurrection. » L’explication de ce passage est identique à celle du premier.
Ibn Hishâm (7) raconte : « On m’a rapporté qu’après la conquête de La Mecque et l’entrée du Messager de Dieu (ﷺ) dans la ville, il se tint debout sur le mont Ṣafâ pour invoquer Dieu, tandis que les Anṣâr l’entouraient. Ceux-ci se dirent entre eux : “Pensez-vous que maintenant que Dieu lui a accordé la victoire sur son pays et sa patrie, il y réside pour de bon ?” Lorsqu’il eut terminé son invocation, il (ﷺ) leur demanda : “Qu’avez-vous dit ?” Ils répondirent : “Rien, ô Messager de Dieu.” Il insista jusqu’à ce qu’ils finissent par lui rapporter leurs propos. Le Messager de Dieu (ﷺ) déclara alors : “À Dieu ne plaise ! Ma vie est la vôtre, et ma mort est la vôtre.” »
Le récit qu’Ibn Hishâm a ainsi rapporté est documenté par l’imam Aḥmad ibn Ḥanbal dans son Musnad (8), où il dit : « Behz et Hâshim nous ont rapporté, ils dirent : Sulaymân ibn al-Mughîra nous a transmis, d’après Thâbit – et selon Hâshim : “Thâbit al-Bannânî me rapporta” –, d’après ʿAbd Allâh ibn Rabâḥ. » Celui-ci dit : « Des délégations se rendirent auprès de Muʿâwiya, parmi lesquelles je me trouvais, ainsi qu’Abû Hurayra. Nous étions alors en Ramadan, et certains d’entre nous préparaient des repas pour les autres. » Il poursuit : « Abû Hurayra nous invitait très souvent – Hâshim précise : “Il nous invitait fréquemment” – chez lui. Je dis donc : … »