Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ibn Isḥāq (1) rapporta : « ʿAbd al-Raḥmān ibn Ḥarmala al-Aslamī m’a raconté, d’après Saʿīd ibn al-Musayyib, qui dit : “Lorsque parvint au Messager de Dieu ﷺ la nouvelle de ce qu’avait fait Kharrāsh ibn Umayya, il déclara : ‘Vraiment, Kharrāsh est un tueur.’” »

Ibn Isḥāq (2) rapporta également : « Saʿīd ibn Abī Saʿīd al-Maqburī m’a raconté, d’après Abū Shurayḥ al-Khuzāʿī al-ʿAdawī, qui dit : “Lorsque ʿAmr ibn al-Zubayr arriva à La Mecque pour combattre son frère, ʿAbd Allāh ibn al-Zubayr, j’allai le trouver et lui dis : ‘Ô toi, nous étions avec le Messager de Dieu ﷺ lorsque La Mecque fut conquise. Or, le lendemain de la conquête, la tribu de Khuzāʿa attaqua un homme de Hudhayl et le tua alors qu’il était polythéiste. Le Messager de Dieu ﷺ se leva alors parmi nous pour prononcer un sermon : “Ô gens, Dieu a décrété l’inviolabilité de La Mecque depuis le jour où Il créa les cieux et la terre ; elle reste sacrée par la volonté de Dieu jusqu’au Jour de la Résurrection. Il n’est permis à personne qui croit en Dieu et au Jour dernier d’y verser le sang ou d’y abattre un arbre. Elle ne fut permise à personne avant moi, ne sera permise à personne après moi, et elle ne m’a été permise qu’en cet instant, sous l’effet de la colère contre ses habitants. Maintenant encore, elle retrouve son inviolabilité comme la veille. Que ceux d’entre vous qui sont présents le transmettent à ceux qui sont absents. Quant à celui qui vous dira : ‘Le Messager de Dieu ﷺ y a pourtant combattu’, répondez-lui : ‘Oui, Dieu l’a autorisée à Son Messager, mais Il ne vous l’a pas autorisée.’ Ô gens de Khuzāʿa, cessez de tuer : les meurtres ont déjà été suffisamment nombreux. Vous avez tué un homme et je vengerai sa mort (ou j’en paierai le prix du sang). Quiconque tuera après mon présent discours, sa famille aura deux choix : s’ils le souhaitent, ils demanderont le sang du meurtrier, et s’ils le souhaitent, ils exigeront une compensation (le prix du sang).” Le Messager de Dieu ﷺ indemnisa alors cet homme que Khuzāʿa avait tué.’” »

« ʿAmr dit alors à Abū Shurayḥ : “Retourne, ô vieil homme, car nous connaissons mieux que toi la sacralité de ce lieu. Celle-ci ne protège pas un meurtrier, ni celui qui rompt l’obéissance, ni celui qui refuse l’impôt (la jizya).” Abū Shurayḥ répondit : “Moi, j’étais présent, tandis que tu étais absent, et le Messager de Dieu ﷺ nous a ordonné, à nous qui étions présents, de transmettre à ceux qui étaient absents. Je t’ai donc informé ; à toi d’en décider.” »

Ibn Hishām (3) déclara : « Il m’est parvenu que le premier mort dont le Messager de Dieu ﷺ paya la compensation (diyah) le jour de la conquête fut Junaidib ibn al-Akwʿ, tué par les Banū Kaʿb. Le Messager de Dieu ﷺ l’indemnisa de cent chamelles. »

L’imam Aḥmad (4) rapporta : « Yahyā nous raconta, d’après Ḥusayn, d’après ʿAmr ibn Shuʿayb, d’après son père, d’après son grand-père, qui dit : “Quand La Mecque fut conquise par le Messager de Dieu ﷺ, il dit : ‘Déposez les armes, à l’exception de Khuzāʿa contre Banū Bakr.’ Il leur permit d’agir ainsi jusqu’à ce qu’il eût accompli la prière de la ʿAṣr, puis il dit : ‘Déposez les armes.’ Le lendemain, un homme de Khuzāʿa rencontra un homme de Banū Bakr à Muzdalifah et le tua. Quand le Messager de Dieu ﷺ en fut informé, il se leva pour prononcer un sermon — je le vis alors qu’il s’appuyait le dos contre la Kaʿba — et il dit : ‘Les individus les plus hostiles vis-à-vis de Dieu sont ceux qui tuent dans l’enceinte sacrée, ou qui tuent quelqu’un qui ne les a pas tués, ou qui tuent par vengeance pour des hostilités de l’époque préislamique.’” » Il rapporta le reste du ḥadīth, et c’est là un récit fort singulier.

(1) Voir « La Sīra du Prophète » d'Ibn Hichâm (tome 2, p. 415). (2) Voir « La Sīra du Prophète » d'Ibn Hichâm (tome 2, p. 415). (3) Voir « La Sīra du Prophète » d'Ibn Hichâm (tome 2, p. 179). (4) Rapporté par Ahmad dans « al-Musnad » (tome 2, p. 179), son isnād est bon, et certains de ses récits sont corroborés par des témoins qui en assurent la validité.
قال ابن إسحاق (١) : وحدَّثني عبد الرحمن بن حرملة الأسلميُّ، عن سعيد بن المسيَّب قال: لمَّا بلغ رسولَ الله ﷺ ما صنع خراش بن أمية قال: "إنَّ خراشًا لقتَّال" . وقال ابن إسحاق (٢) : وحدَّثني سعيد بن أبي سعيد المقبريُّ، عن أبي شريح الخزاعيِّ العدويِّ قال: لمَّا قدم عمرو بن الزّبير مكة لقتال أخيه عبد الله بن الزبير، جئته فقلت له: يا هذا، إنا كنا مع رسول الله ﷺ حين افتتح مكة، فلمَّا كان الغد من يوم الفتح، عدت خزاعة على رجل من هذيل فقتلوه وهو مشرك، فقام رسول الله ﷺ فينا خطيبًا فقال: "يا أيُّها الناس، إن الله قد حرَّم مكة يوم خلق السماوات والأرض، فهي حرام من حرام الله إلى يوم القيامة، فلا يحلُّ لامرئ يؤمن بالله واليوم الآخر أن يسفك فيها دمًا، ولا يعضد فيها شجرًا، لم تحلل لأحد كان قبلي، ولا تحلُّ لأحد يكون بعدي، ولم تحلل لي إلا هذه الساعة؛ غضبًا على أهلها، ألا ثُمَّ قد رجعت كحرمتها بالأمس، فليبلِّغ الشاهد منكم الغائب، فمن قال لكم: إنَّ رسول الله ﷺ قد قاتل فيها. فقولوا: إن الله قد أحلَّها لرسوله، ولم يحلَّها لكم. يا معشر خزاعة، ارفعوا أيديكم عن القتل فلقد كثر إن نفع، لقد قتلتم قتيلًا لأدينَّه، فمن قتل بعد مقامي هذا فأهله بخير النَّظرين؛ إن شاؤوا فدم قاتله، وإنْ شاؤوا فعقله" . ثم ودى رسول الله ﷺ ذلك الرجل الذي قتلته خزاعة، فقال عمرو لأبي شريح: انصرف أيُّها الشيخ، فنحن أعلم بحرمتها منك، إنها لا تمنع سافك دم، ولا خالع طاعة، ولا مانع جزية. فقال أبو شريح: إني كنتُ شاهدًا، وكنتَ غائبًا، وقد أمرنا رسول الله ﷺ أن يبلِّغ شاهدنا غائبًا، وقد أبلغتك، فأنت وشأنك. قال ابن هشام (٣) : وبلغني أنَّ أوَّل قتيل وداه رسول الله ﷺ يوم الفتح جُنَيْدب بن الأكوع، قتلتْه بنو كعب، فوداه رسول الله ﷺ بمئة ناقة. وقال الإمام أحمد (٤) : ثنا يحيى، عن حسين، عن عمرو بن شعيب، عن أبيه، عن جدِّه قال: لمَّا فتحت مكَّة على رسول الله ﷺ قال: "كُفُّوا السّلاح، إلا خُزَاعَة عن بني بكر" . فأذن لهم حتى صلَّى العصر، ثم قال: "كفُّوا السلاح" . فلقي رجل من خُزَاعَة رجلًا من بني بكر من غد بالمزدلفة فقتله، فبلغ ذلك رسول الله ﷺ فقام خطيبًا فقال - فرأيته وهو مسند ظهره إلى الكعبة قال -: "إنَّ أعدى الناس على الله من قتل في الحرم، أو قتل غير قاتله، أو قتل بذحول الجاهلية" . وذكر تمام الحديث، وهذا غريب جدًّا.
(١) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٤١٥). (٢) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٤١٥). (٣) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ١٧٩). (٤) رواه أحمد في "المسند" (٢/ ١٧٩)، وإسناده حسن، ولبعضه شواهد يصح بها.

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