Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Umm Hânî. Il (le Prophète) dit : « Bienvenue à toi, Umm Hânî. »

Elle raconta : « Ô Messager de Dieu, le fils de ma mère, ‘Alî ibn Abî Tâlib, prétend vouloir tuer deux hommes que j’ai placés sous ma protection. » Il lui répondit : « Nous avons accordé asile à ceux que tu as pris sous ta protection, ô Umm Hânî. »

Elle poursuivit : ensuite, il pria huit rak‘as, et c’était le matin. Nombre de savants ont supposé qu’il s’agissait de la prière de adh-Duhâ (la prière surérogatoire du matin). D’autres ont affirmé plutôt qu’il s’agissait de la prière de la Conquête. On rapporte formellement qu’il prononçait le salut (taslîm) après chaque deux rak‘as, ce qui réfute as-Suhaylî(1) et d’autres, qui soutiennent que la prière de la Conquête comprend huit rak‘as conclues par un seul salut.

Ce jour-là, Sa‘d ibn Abî Waqqâs pria, lors de la conquête d’al-Madâ’in, huit rak‘as dans le palais de Chosroès, en saluant après chaque deux rak‘as — qu’Allah en soit loué.

Ibn Ishâq(2) a dit : « Muhammad ibn Ja‘far ibn az-Zubayr m’a rapporté d’après ‘Ubayd Allâh ibn ‘Abd Allâh ibn Abî Thawr, d’après Safiyyah bint Shaybah, que lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) arriva à La Mecque et que les gens furent en sécurité, il sortit et se rendit à la Maison (Ka‘ba). Il en fit le tawâf (circumambulation) sept fois sur sa monture, touchant l’angle (la Pierre Noire) avec un bâton recourbé qu’il tenait à la main. Lorsqu’il eut terminé son tawâf, il appela ‘Uthmân ibn Talha et prit de lui la clé de la Ka‘ba, qui fut alors ouverte. Il y pénétra et y trouva une colombe en bois qu’il brisa de sa main avant de la jeter. Puis il se tint debout sur le seuil de la Ka‘ba, tandis que les gens s’étaient attroupés dans la Mosquée. »

Mûsâ ibn ‘Uqbah(3) rapporte : « Puis il accomplit deux prosternations, après quoi il se dirigea vers Zamzam, y plongea un regard et demanda qu’on lui apportât de son eau. Il en but, fit ses ablutions, et les gens s’empressaient de recueillir l’eau de ses ablutions. Quant aux polythéistes, ils en furent stupéfaits et disaient : “Nous n’avons jamais vu ni entendu parler d’un roi qui agit ainsi”, en référence à son attitude. Ensuite, il recula la station d’Ibrâhîm (Maqâm Ibrâhîm) à l’endroit où elle se trouve aujourd’hui, alors qu’elle était auparavant collée à la Ka‘ba. »

Muhammad ibn Ishâq(4) a dit : « Certains gens de savoir m’ont rapporté que le Messager de Dieu (ﷺ) se tint debout sur le seuil de la Ka‘ba et déclara : “Il n’est de dieu que Dieu, Seul, sans associé. Il a tenu Sa promesse, secouru Son serviteur et défait à Lui Seul les coalisés. Sachez que toute prétention antérieure à obtenir vengeance (ma’thura), tout sang et tout bien revendiqués sont désormais abolis sous mes deux pieds, à l’exception de la garde de la Maison (as-Sidâna) et de l’abreuvement des pèlerins. Sachez aussi que pour le meurtre commis par erreur proche du volontaire, au moyen d’un fouet ou d’un bâton, la compensation (diya) est alourdie : cent chameaux dont quarante sont pleines. Ô gens de Quraysh, Dieu a supprimé en vous l’orgueil de l’époque antéislamique et son exaltation fondée sur les ancêtres. Les hommes sont d’Adam, et Adam est tiré de la poussière.” » Il récita ensuite : « Ô hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle… » [Al-Hujurât : 13].

Puis il dit : « Ô gens de Quraysh, que pensez-vous que je vais faire de vous ? » Ils répondirent : « Rien que du bien ; tu es un frère noble et fils d’un frère noble. » Il répondit : « Partez : vous êtes affranchis (at-tulaqâ’). » Ensuite, le Messager de Dieu (ﷺ) s’assit dans la Mosquée, et ‘Alî ibn Abî Tâlib vint à lui, tenant la clé de la Ka‘ba en main.

(1) Voir Al-Rawḍ al-Anf (7/108) ; ce que Tabari entend par « et autres » est expliqué par Al-Suhaili. (2) Voir Sīrah al-Nabawiyyah d'Ibn Hishām (2/411). (3) Voir Dalāʾil al-Nubuwwah (5/45). (4) Voir Sīrah al-Nabawiyyah d'Ibn Hishām (2/412), dont la chaîne de transmission est problématique. L'imam al-Ḥāfiẓ al-ʿIrāqī, dans son critique des chaînes, rapporte qu'Ibn al-Jawzī le cite dans al-Wafāʾ via Ibn Abī al-Dunyā, et que cette chaîne présente une faiblesse.
أمُّ هانئ. قال: "مرحبًا بأمِّ هانئ" . قالت: يا رسول الله، زعم ابن أمِّي عليُّ بن أبي طالب أنه قاتلٌ رجلين قد أجرتهما. فقال: "قَدْ أَجَرْنَا من أجرت يا أمَّ هانئ" . قالت: ثم صلى ثماني ركعات، وذلك ضحى. فظَّن كثير من العلماء أن هذه كانت صلاة الضحى. وقال آخرون: بل كانت هذه صلاة الفتح. وجاء التصريح بأنه كان يسلِّم مِنْ كلِّ ركعتين. وهو يردُّ على السهيليِّ (١) وغيره ممن يزعم أن صلاة الفتح تكون ثمانيًا بتسليمة واحدة. وقد صلى سعد بن أبي وقاص يوم فتح المدائن في إيوان كسرى، ثماني ركعات، يُسَلّم من كل ركعتين، ولله الحمد. قال ابن إسحاق (٢) : وحدَّثني محمد بن جعفر بن الزُّبير، عن عبيد الله بن عبد الله بن أبي ثور، عن صَفية بنت شَيبة أن رسول الله ﷺ لما نزل بمكَّة واطمأن الناس، خرج حتى جاء البيت فطاف به سبعًا على راحلته، يستلم الرُّكن بمحجن في يده، فلما قضى طوافه دعا عثمان بن طلحة فأخذ منه مفتاح الكعبة، ففتحت له فدخلها فوجد فيها حَمَامَةً من عيدان، فكسرها بيده ثم طرحها، ثم وقف على باب الكعبة وقد استكفَّ له الناس في المسجد. وقال موسى بن عقبة (٣) : ثم سَجَدَ سَجْدَتين، ثم انصرف إلى زمزم فاطَّلع فيها ودعا بماءً فشرب منها وتوضأ، والناس يبتدرون وضوءه، والمشركون يتعجَّبون من ذلك، ويقولون: ما رأينا ملكًا قط ولا سمعنا به - يعني مثل هذا - وأخَّر المقام إلى مقامه اليوم وكان ملصقًا بالبيت. قال محمد بن إسحاق (٤) : فحدَّثني بعض أهل العلم أن رسول الله ﷺ قام على باب الكعبة فقال: "لا إله إلا الله وحده لا شريك له، صدق وعده، ونصر عبده، وهزم الأحزاب وحده، ألا كلُّ مأثُرة أو دم أو مال يُدَّعى فهو موضوع تحت قدميَّ هاتين، إلا سِدانة البيت وسقاية الحاجِّ، ألا وقتيل الخطأ شبه العمد بالسَّوط والعصا ففيه الدية مغلَّظة؛ مئة من الإبل؛ أربعون منها في بطونها أولادها، يا معشر قريش، إن الله قد أذهب عنكم نخوة الجاهلية وتعظُّمها بالآباء، الناس من آدم، وآدم من تراب" ثم تلا هذه الآية: ﴿يَاأَيُّهَا النَّاسُ إِنَّا خَلَقْنَاكُمْ مِنْ ذَكَرٍ وَأُنْثَى﴾ الآية كلها [الحجرات: ١٣] . ثم قال: "يا معشر قريش، ما ترون أنى فاعل فيكم؟ " قالوا: خيرًا؛ أخ كريم وابن أخ كريم. قال: "اذهبوا فأنتم الطُلقاء" . ثم جلس رسول الله ﷺ في المسجد، فقام إليه عليُّ بن أبي طالب ومفتاح الكعبة في يده،
(١) انظر "الروض الأنف" (٧/ ١٠٨) والمقصود بقوله: "وغيره" الطبري كما جاء مبينًا عند السُّهيلي. (٢) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٤١١). (٣) انظر "دلائل النبوة" (٥/ ٤٥). (٤) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٤١٢)، وإسناده معضل. قال الحافظ العراقي في تخريجه: رواه ابن الجوزي في "الوفا" من طريق ابن أبي الدنيا، وفيه ضعف.

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