Il s’agissait de l’affranchie des Banû ‘Abd al-Muttalib et d’Ikrima ibn Abî Jahl, car elle avait offensé le Messager de Dieu (ﷺ) alors qu’elle se trouvait à La Mecque. J’ai dit : D’après certains, c’est elle qui apporta la lettre de Hâtib ibn Abî Balta‘a ; il semblerait qu’on l’eût graciée ou qu’elle se fût enfuie, puis son sang fut déclaré licite—Dieu sait mieux. Elle s’enfuit alors, jusqu’à ce que l’on demandât pour elle l’amân (sûreté) au Messager de Dieu (ﷺ), qui le lui accorda. Elle vécut jusqu’à l’époque de ‘Umar et, un jour, un homme la heurta avec un cheval, ce qui entraîna sa mort. Al-Suhaylî (1) mentionna également que Fartanâ s’était convertie à l’islam.
Ibn Ishâq (2) rapporte : « Quant à ‘Ikrima ibn Abî Jahl, il s’enfuit au Yémen. Sa femme, Umm Hakîm bint al-Hârith ibn Hishâm, embrassa l’islam et sollicita un sauf-conduit pour lui auprès du Messager de Dieu (ﷺ), qui le lui accorda. Elle se mit alors à sa recherche, puis le ramena au Messager de Dieu (ﷺ), et il se convertit. »
Al-Bayhaqî (3) a dit : « Nous a informés Abû Tâhir Muhammad ibn Muhammad ibn Mahmish l’érudit, qui tenait d’Abû Bakr Muhammad ibn al-Husayn al-Qattân, lui-même d’Ahmad ibn Yûsuf al-Sulamî, qui reçut d’Ahmad ibn al-Mufaddal, lequel transmit d’Asbât ibn Nasr al-Hamdânî. Celui-ci dit : “Al-Suddî prétend, de la part de Mus‘ab ibn Sa‘d, qui le tenait de son père : ‘Au jour de la conquête de La Mecque, le Messager de Dieu (ﷺ) fit grâce à tous, sauf à quatre hommes et deux femmes, en disant :
« Tuez-les, même si vous les trouvez accrochés aux tentures de la Ka‘ba. »
Il s’agissait de ‘Ikrima ibn Abî Jahl, ‘Abd Allâh ibn Khatal, Miqyas ibn Subâba et ‘Abd Allâh ibn Sa‘d ibn Abî Sarh.
‘Abd Allâh ibn Khatal fut rattrapé alors qu’il se tenait aux tentures de la Ka‘ba ; Sa‘îd ibn Hurayth et ‘Ammâr ibn Yâsir se précipitèrent vers lui. Sa‘îd, plus vigoureux, devança ‘Ammâr et le tua. Quant à Miqyas, les gens l’atteignirent dans le marché et le mirent à mort. De son côté, ‘Ikrima prit la mer, mais il fut confronté à une violente tempête. Les passagers du bateau dirent alors : “Sincérité (envers Dieu) ! Car vos divinités ne vous servent à rien ici !”
‘Ikrima répondit : “Par Dieu ! Si seul l’acte sincère sauve au milieu de la mer, alors il ne sauvera pas moins sur la terre ferme. Ô Dieu ! J’ai envers Toi un engagement : si Tu me délivres de ce dans quoi je me trouve, je me rendrai auprès de Muhammad, je placerai ma main dans la sienne et je le trouverai assurément clément et généreux.” Il revint donc à lui et se convertit.
Quant à ‘Abd Allâh ibn Sa‘d ibn Abî Sarh, il se cacha chez ‘Uthmân ibn ‘Affân. Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) appela les gens à prêter serment d’allégeance, ‘Uthmân l’amena devant le Prophète (ﷺ) en disant : “Ô Messager de Dieu, reçois le serment d’‘Abd Allâh.” Le Prophète (ﷺ) leva la tête et l’observa par trois fois, refusant à chaque fois, puis finalement lui prêta allégeance. Il se tourna alors vers ses compagnons et leur dit :
“Pourquoi aucun d’entre vous n’a-t-il su se montrer lucide et tuer cet homme, alors que vous voyiez que j’avais suspendu ma main, refusant de le faire prêter serment ?”
Ils répondirent : “Nous ignorions, ô Messager de Dieu, ce que tu avais dans ton cœur ; pourquoi ne nous as-tu pas fait un signe de l’œil ?”
Le Prophète (ﷺ) répondit :
“Il ne sied pas à un Prophète de faire des clins d’œil traîtres.””»
Abû Dâwud et an-Nassâ’î (4) ont également rapporté cette tradition, selon la chaîne de transmission d’Ahmad ibn al-Mufaddal, avec un contenu semblable.