Il dit : « Tue quiconque tu pourras. » Il en tua donc soixante-dix, puis il se rendit auprès du Prophète (ﷺ) et lui rapporta ce qui s’était passé. Le Prophète (ﷺ) envoya chercher Khâlid et lui dit : « Ne t’avais-je pas interdit de tuer ? » Khâlid répondit : « Un tel est venu me dire de tuer quiconque je pouvais. » Le Prophète (ﷺ) le fit appeler et lui demanda : « Ne t’ai-je pas donné mes instructions ? » Il répondit : « Je voulais agir d’une certaine manière, tandis que Dieu en a voulu autrement. Le décret de Dieu a prévalu sur le tien, et je n’ai pu faire autrement que ce qui s’est produit. » Le Prophète (ﷺ) garda alors le silence, sans rien lui répondre.
Ibn Isḥâq (1) a dit : « Le Messager de Dieu (ﷺ) avait recommandé à ses commandants de ne combattre que ceux qui leur résisteraient, mais il avait prononcé la mise à mort de quelques personnes qu’il avait nommément désignées, même si on les trouvait sous les tentures de la Kaʿba. Parmi elles se trouvait ʿAbd Allâh ibn Saʿd ibn Abî Sarḥ, qui s’était converti à l’islam et avait consigné la Révélation, avant d’apostasier. Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) entra à la Mecque après avoir déclaré son sang licite, il se réfugia auprès de ʿUthmân, son frère de lait. Lorsque ʿUthmân le présenta afin de solliciter sa grâce, le Messager de Dieu (ﷺ) resta silencieux longtemps, puis il dit : “Oui.” Après qu’il se fut retiré avec ʿUthmân, le Messager de Dieu (ﷺ) dit à ceux qui l’entouraient : “N’y avait-il donc pas parmi vous un homme lucide qui se serait levé pour le tuer, voyant que je me taisais ?” Ils répondirent : “Ô Messager de Dieu, pourquoi ne nous as-tu pas fait un signe ?” Il dit : “Le Prophète ne tue pas par un simple signe.” »
Dans une autre transmission, il est rapporté : « Il ne sied pas à un Prophète d’user de la traîtrise du regard. » Ibn Hishâm (2) a commenté : « Par la suite, il embrassa profondément la foi ; ʿUmar le chargea de certaines de ses fonctions, puis ʿUthmân lui en confia d’autres. » Et je dis : « Il mourut en se prosternant, durant la prière de l’aube ou juste après l’avoir achevée chez lui, comme il sera expliqué. »
Ibn Isḥâq (3) a dit encore : « Quant à ʿAbd Allâh ibn Khaṭl, c’était un homme issu des Banû Taym ibn Ghâlib. » Et je précise : « Certains disent qu’il se nommait ʿAbd al-ʿUzzâ ibn Khaṭl ; il se peut qu’il ait porté ce nom avant sa conversion, puis qu’il se soit renommé ʿAbd Allâh après son islam. » Après s’être converti, le Messager de Dieu (ﷺ) l’envoya comme collecteur (mushaddiq), accompagné d’un homme des Anṣâr et de son affranchi. Pris de colère contre ce dernier, il le tua, puis il abjura sa foi et redevint polythéiste (4). Il possédait deux chanteuses, Fartanâ et sa compagne, qui diffusaient des poèmes satiriques contre le Messager de Dieu (ﷺ) et les musulmans. C’est pourquoi son sang, ainsi que celui de ses deux chanteuses, fut déclaré licite. Il fut tué alors qu’il se cramponnait aux tentures de la Kaʿba, et Abû Barza al-Aslamî ainsi que Saʿîd ibn Ḥurayth al-Makhzûmî prirent part à son exécution. L’une des deux chanteuses fut tuée, tandis que l’autre obtint la grâce.
Ibn Isḥâq poursuit : « Quant à al-Ḥuwayrith ibn Nuqaydh ibn Wahb ibn ʿAbd ibn Quṣayy, il faisait partie de ceux qui nuisaient au Messager de Dieu (ﷺ) à la Mecque. Lorsque al-ʿAbbâs conduisit Fâṭima et Umm Kulthûm vers Médine pour rejoindre le Messager de Dieu (ﷺ) au début de l’Hégire, al-Ḥuwayrith piqua le chameau sur lequel elles se trouvaient, de sorte qu’elles tombèrent à terre. Après que son sang eut été déclaré licite, ʿAlî ibn Abî Ṭâlib le tua. De même, Miqyâs ibn Ṣubâba fut exécuté pour avoir, après avoir accepté le prix du sang relatif à la mort accidentelle de son frère, assassiné celui qui l’avait tué, puis être revenu au polythéisme ; il fut tué par un homme de son clan, qu’on nomme Numayla ibn ʿAbd Allâh. » Il ajouta : « Et Sâra… »