Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

«Que je sois privé de ma fille si vous ne la voyez pas soulever la poussière depuis les flancs de Kadda(1) ! Elles rivalisent sur les rênes, déjà sellées, tandis que les femmes les frappent de leurs voiles.»

Alors le Messager de Dieu (ﷺ) dit : « Entrez par l’endroit qu’a désigné Ḥassân. »

• Muhammad ibn Isḥāq(2) rapporte : « Yaḥyā ibn ʿAbbād ibn ʿAbd Allāh ibn al-Zubayr m’a transmis, d’après son père, d’après sa grand-mère Asmāʾ bint Abī Bakr, qu’elle raconta : “Quand le Messager de Dieu (ﷺ) fit halte à Dhū Ṭuwā, Abū Quḥāfa s’adressa à l’une de ses filles – la plus jeune – en disant : ‘Ô ma fille, fais-moi monter au sommet d’Abū Qubays.’ Il avait alors perdu la vue. Elle poursuivit : ‘Je l’y ai fait monter, puis il m’a demandé : ‘Ô ma fille, que vois-tu ?’ Je lui répondis : ‘Je vois une masse noire rassemblée.’ Il me dit : ‘Ce sont les cavaliers.’ Elle continua : ‘Je vois un homme qui court d’avant en arrière, au milieu de cette foule.’ Il répondit : ‘Ô ma fille, c’est l’ordonnateur (al-wāziʿ), celui qui commande aux chevaux et s’avance devant eux.’ Puis elle ajouta : ‘Par Dieu, la foule s’est dispersée !’ Il répliqua : ‘Par Dieu, les cavaliers viennent de démarrer ! Conduis-moi vite à ma maison.’ Elle redescendit avec lui, mais les cavaliers passèrent devant lui avant qu’il n’arrive chez lui.

“La servante qui nous accompagnait portait un collier en argent. Un homme la croisa et coupa le collier de son cou. Quand le Messager de Dieu (ﷺ) entra dans La Mecque et gagna la Mosquée, Abū Bakr amena son père (Abū Quḥāfa) en le tenant par la main. En le voyant, le Prophète (ﷺ) lui dit : ‘Pourquoi n’as-tu pas laissé ce vieillard chez lui ? C’eût été à moi de me déplacer vers lui.’ Abū Bakr répondit : ‘Ô Messager de Dieu, il est plus en droit de marcher vers toi que toi vers lui.’

“Asmāʾ reprit : ‘Le Prophète (ﷺ) le fit asseoir devant lui, lui caressa la poitrine et lui dit : ‘Embrasse l’islam.’ Alors il se convertit. Abū Bakr rentra avec son père, dont les cheveux étaient blancs comme la fleur du thuya (thaghāma). Le Messager de Dieu (ﷺ) dit alors : ‘Changez donc ceci dans sa chevelure.’ Abū Bakr se leva, prit la main de sa sœur et déclara : ‘Au nom de Dieu et de l’islam, rendez à ma sœur son collier !’ Nul ne lui répondit. Il dit alors : ‘Ô ma sœur, considère-le comme une perte en sacrifice. Par Dieu, la loyauté s’est faite rare aujourd’hui.’” Abū Bakr désignait ce jour précis, car l’armée était nombreuse et chacun se souciait fort peu d’autrui dans la foule. Il se peut aussi que celui qui l’ait pris ait pensé que ce collier provenait d’un ennemi en guerre. Dieu est plus Savant.

• L’hafiz al-Bayhaqī(3) rapporte : « Abū ʿAbd Allāh al-Ḥāfiẓ nous a transmis, d’après Abū al-ʿAbbās al-Aṣamm, lui-même rapportant de Baḥr ibn Naṣr, d’après Ibn Wahb, qui dit : ‘Ibn Jurayj m’a informé, d’après Abū al-Zubayr, d’après Jābir, quʿUmar ibn al-Khaṭṭāb prit la main d’Abū Quḥāfa et l’emmena au Prophète (ﷺ). Lorsqu’il l’amena devant lui, le Prophète (ﷺ) dit : ‘Changez-le, mais ne lui appliquez pas de coloration noire.’ [Ibn Wahb ajoute] : ‘ʿUmar ibn Muḥammad m’a informé, d’après Zayd ibn Aslam, que le Messager de Dieu (ﷺ) félicita Abū Bakr de la conversion de son père.’ »

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(1) Kadda : Nom d’un lieu ou d’une passe à l’entrée de la Mecque.
(2) Muḥammad ibn Isḥāq : l’un des principaux rapporteurs de la Sīra (biographie prophétique).
(3) Al-Bayhaqī : grand spécialiste du ḥadīth et juriste, auteur de nombreuses compilations.

(1) Dans la transmission de ce vers, il y a une correction (taqwiyah). (2) Voir "La Sira" d’Ibn Hichâm (t. 2, p. 405). (3) Voir "Dalâʾil an-Nubuwwah" (t. 5, p. 96).
عدِمت بنيَّتي إن لم تروها … تثير النَّقع من كتفي كَدا (١) ينازعن الأعنَّة مسرَجات … يلطِّمهن بالخُمُر النساء فقال رسول الله ﷺ : "ادخُلُوها مِنْ حَيْثُ قال حَسَّان" . وقال محمد بن إسحاق (٢) : حدَّثني يحيى بن عَبَّاد بن عبد الله بن الزُّبير، عن أبيه، عن جدتَّه أسماء بنت أبي بكر، قالت: لمَّا وقف رسول الله ﷺ بذي طوى، قال أبو قُحَافة لابنة له من أصغر ولده: أي بنيَّة، اظهري بي على أبي قُبيس. قالت: وقد كُفَّ بصره. قالت: فأشرفت به عليه، فقال: أي بنيَّة، ماذا تَرين؟ قالت: أرى سوادًا مجتمعًا. قال: تلك الخيل. قالت: وأرى رجلًا يسعى بين يدي ذلك السَّواد مقبلًا ومُدْبرًا. قال: أي بنيّة، ذلك الوازع. يعني الذي يأمر الخيل ويتقدَّم إليها. ثم قالت: قد والله انتشر السَّواد. فقال: قد والله إذًا دفعت الخيل، فأسرعي بي إلى بيتي. فانحطَّت به، وتلقَّاه الخيل قبل أن يصل إلى بيته. قالت: وفي عنق الجارية طوق من ورِق، فتلقاها رجل فيقتطعه من عنقها. قالت: فلمَّا دخل رسول الله ﷺ مكة ودخل المسجد، أتى أبو بكر بأبيه يقوده، فلمَّا رآه رسول الله ﷺ قال: "هلَّا تركت الشَّيخ في بيته حتى أكون أنا آتيه فيه؟ " قال أبو بكر: يا رسول الله، هو أحقُّ أن يمشي إليك من أن تمشيَ أنت إليه. قال: فقالت: فأجلسه بين يديه، ثم مسح صدره، ثم قال: "أسلم" . فأسلم. قالت: ودخل به أبو بكر، وكان رأسه كالثَّغامة بياضًا، فقال رسول الله ﷺ : "غيِّروا هذا من شعره" . ثم قام أبو بكر، فأخذ بيد أخته، وقال: أنشُد الله والإسلام طوق أختي. فلم يجبه أحد، قالت: فقال: أي أُخيَّة، احتسبي طوقك، فوالله إن الأمانة في الناس اليوم لقليل. يعني الصِّدِّيق ذلك اليوم على التَّعيين؛ لأن الجيش فيه كثرة، ولا يكاد أحد يلوي على أحد مع انتشار الناس، ولعل الذي أخذه تأوَّل أنَّه من حربيٍّ، والله أعلم. وقال الحافظ البيهقيُّ (٣) : ثنا أبو عبد الله الحافظ، ثنا أبو العبَّاس الأصمُّ، ثنا بحر بن نصر، ثنا ابن وهب، أخبرني ابن جريج، عن أبي الزُّبير، عن جابر أن عمر بن الخطاب أخذ بيد أبي قحافة، فأتى به النبيَّ ﷺ ، فلمَّا وقف به على رسول الله ﷺ قال: "غيِّروه ولا تقرِّبوه سوادًا" . قال [ابن وهب] : وأخبرني عمر بن محمد، عن زيد بن أسلم، أن رسول الله ﷺ هنَّا أبا بكر بإسلام أبيه.
(١) في رواية هذا البيت إقواء. (٢) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٤٠٥). (٣) انظر "دلائل النبوة" (٥/ ٩٦).

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