Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le Messager d’Allah (ﷺ), le jour de la Conquête, fut saisi de frissons. Il dit alors : « Apaise-toi, je ne suis que le fils d’une femme de Quraysh qui mangeait de la viande séchée (al-qadīd). »

Il fut rapporté de même par Muḥammad b. Sulaymān b. Fāris et Aḥmad b. Yaḥyā b. Zuhayr, d’après Ismāʿīl b. Abī l-Ḥārith, avec une chaîne de transmission ininterrompue (mawṣūlan). Puis il le rapporta (1) d’après Abū Zakariyyā al-Muzakkī, d’après Abū ʿAbd Allāh Muḥammad b. Yaʿqūb, d’après Muḥammad b. ʿAbd al-Wahhāb, d’après Jaʿfar b. ʿAwn, d’après Ismāʿīl, d’après Qays, sous forme de mursal, et il dit : « C’est ainsi que le hadith est préservé. »

Cette humilité, à ce moment précis, lorsque le Prophète (ﷺ) entra à La Mecque avec une armée si nombreuse et imposante, tranche avec le comportement des sots parmi les Enfants d’Israël, à qui il fut ordonné d’entrer par la porte de Bayt al-Maqdis en état de prosternation — c’est-à-dire en s’inclinant — en disant : « Ḥiṭṭa » (Pardon). Au lieu de cela, ils entrèrent en se traînant sur leurs fessiers tout en disant : « Ḥinṭa fī shaʿrah » (Du blé dans un cheveu).

Al-Bukhārī (2) a rapporté : « Al-Haytham b. Khārijah nous a transmis, disant : Ḥafṣ b. Maysarah nous a transmis, d’après Hishām b. ʿUrwah, d’après son père, qu’ʿĀʾishah l’informa que le Messager d’Allah (ﷺ) entra, l’année de la Conquête, par Kadhāʾ, située dans la partie haute de La Mecque. » Abū Usāmah et Wahīb confirment également : « Par Kadhāʾ. »

Puis, (3) ʿUbayd b. Ismāʿīl nous a transmis, disant : « Abū Usāmah nous a transmis, d’après Hishām, d’après son père, que le Messager d’Allah (ﷺ) entra l’année de la Conquête par la partie supérieure de La Mecque, depuis Kadhāʾ, et c’est la version la plus sûre. »

S’il voulait indiquer que la version mursal est plus solide que la version musnad mentionnée plus haut, le propos s’enchaînerait. Sinon, Kadhāʾ — avec allongement — est citée dans ces deux récits et se situe vers la partie haute de La Mecque, tandis que Kudā, sans allongement, se trouve dans la partie basse de la ville ; c’est la distinction la plus connue et la plus avérée.

Il a déjà été mentionné qu’il (– paix sur lui –) envoya Khālid b. al-Walīd par la partie supérieure de La Mecque, tandis que lui-même (– paix sur lui –) y entra par la partie inférieure, appelée Kudā, comme cela est rapporté dans le Ṣaḥīḥ d’al-Bukhārī. Et Allah est plus savant.

Al-Bayhaqī (4) a dit : « Abū al-Ḥasan b. ʿAbdān nous a informés, Aḥmad b. ʿUbayd al-Ṣaffār nous a informés, puis ʿAbd Allāh b. [al-Ṣaqr, d’après] (5) Ibrāhīm b. al-Mundhir al-Ḥizāmī, qui nous a dit : Maʿn nous a transmis, ʿAbd Allāh b. ʿUmar b. Ḥafṣ nous a transmis, d’après Nāfiʿ, d’après Ibn ʿUmar : “Lorsque le Messager d’Allah (ﷺ) entra l’année de la Conquête, il vit des femmes qui frappaient le visage des chevaux. Il sourit alors à Abū Bakr et dit : ‘Ô Abū Bakr, comment Ḥassān a-t-il formulé cela ?’ Puis Abū Bakr (– qu'Allah soit satisfait de lui –) le lui récita…” (6). »

(1) L'auteur al-Bayhaqî dans "Dalâʾil an-Nubuwwa" (t. 5, p. 69). (2) Rapporté par al-Bukhârî, n° 4290. (3) Rapporté par al-Bukhârî dans son "Ṣaḥîḥ", n° 4291. (4) Dans "Dalâʾil an-Nubuwwa" (t. 5, p. 66). (5) Le passage entre parenthèses est une addition tirée de "Dalâʾil an-Nubuwwa". (6) Les deux vers dans le "Dîwân de Ḥassân ibn Thâbit" (t. 1, p. 17), avec quelques différences dans leur formulation ; ils constituent respectivement le onzième et le douzième vers d'un poème composé de trente et un vers.
رسول الله ﷺ يوم الفتح، فأخذته الرِّعدة، فقال: "هوِّن عليك، فإنَّما أنا ابن امرأة من قريش كانت تأكل القديد" . قال: وهكذا رواه محمد بن سليمان بن فارس، وأحمد بن يحيى بن زهير، عن إسماعيل بن أبي الحارث، موصولًا. ثم رواه (١) عن أبي زكريا المزكِّي، عن أبي عبد الله محمد بن يعقوب، عن محمد بن عبد الوهاب، عن جعفر بن عون، عن إسماعيل عن قيس، مرسلًا، قال: وهو المحفوظ. وهذا التواضع في هذا الموطن عند دخوله ﷺ مكَّة، في مثل هذا الجيش الكثيف العَرَمْرَم، بخلاف ما اعتمده سُفَهَاء بني إسرائيل، حين أُمروا أن يدخلوا باب بيت المقدس وهم سجود، أي رُكَّعٌ، يقولون: حِطَّة. فدخلوا يزحفون على أستاههم وهم يقولون: حنطة في شعرة. وقال البخاريُّ (٢) : ثنا الهيثم بن خارجة، ثنا حفص بن ميسرة، عن هشام بن عُرْوَة، عن أبيه، أن عائشة أخبرته أن رسول الله ﷺ دخل عام الفتح من كَداءٍ التي بأعلى مَكّة، وتابعه أبو أسامة ووهيب: في كَداء. ثنا (٣) عُبيد بن إسماعيل، ثنا أبو أُسامة، عن هشام، عن أبيه: دخل رسول الله ﷺ عام الفتح من أعلى مكة من كداء، وهو أصحُّ. إن أراد أن المرسل أصحُّ من المسند المتقدم انتظم الكلام، إلا فكداء بالمدِّ هي المذكورة في الروايتين، وهي في أعلى مكَّة، وكُدى مقصورًا في أسفل مكة، وهذا هو المشهور والأنسب. وقد تقدَّم أنَّه، (عليه السلام) ، بعث خالد بن الوليد من أعلى مكّة، ودخل هو، (عليه السلام) ، من أسفلها من كُدى، وهو في "صحيح البخاريِّ" ، فالله أعلم. وقد قال البيهقيُّ (٤) : أنبأنا أبو الحسن بن عَبْدَان، أنبأنا أحمد بن عبيد الصَّفَّارُّ، ثنا عبد الله بن [الصَّقر، عن] (٥) إبراهيم بن المنذر الحزاميِّ، ثنا معن، ثنا عبد الله بن عمر بن حفص، عن نافع، عن ابن عمر قال: لمَّا دخل رسول الله ﷺ عام الفتح رأى النساء يلطمن وجوه الخيل، فتبسَّم إلى أبي بكر وقال: "يا أبا بكر، كيف قال حَسَّان؟ " فأنشده أبو بكر، (رضي الله عنه) (٦) :
(١) يعني البيهقي في "دلائل النبوة" (٥/ ٦٩). (٢) رواه البخاري رقم (٤٢٩٠). (٣) القائل البخاري في "صحيحه" رقم (٤٢٩١). (٤) في "دلائل النبوة" (٥/ ٦٦). (٥) ما بين الحاصرتين مستدرك من "دلائل النبوة". (٦) البيتان في "ديوان حسَّان بن ثابت" (١/ ١٧) مع بعض الخلاف في ألفاظهما وهما الحادي عشر والثاني عشر من قصيدة مؤلَّفة من واحد وثلاثين بيتًا.

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