Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les sentinelles et la tribu de Khuzaʿa ne laissaient personne passer derrière elles. Lorsque Abou Sufyân et ses compagnons arrivèrent, la cavalerie musulmane les captura. ʿOmar s’élança contre lui en le prenant au cou, jusqu’à ce qu’al-ʿAbbâs ibn ʿAbd al-Muttalib, qui était un proche d’Abou Sufyân, lui accordât sa protection.

Ibn Isḥâq a dit (1) : Al-ʿAbbâs raconta qu’au moment où le Messager de Dieu (ﷺ) fit halte à Marr al-Ẓahrân, il déclara : « J’ai dit : “Quel malheur pour Quraych ! Par Dieu, s’il entre à La Mecque par la force avant qu’ils ne viennent à lui pour demander la protection, ce sera la destruction de Quraych jusqu’à la fin des temps.” »

Il poursuivit : « Je suis alors monté sur la mule blanche du Messager de Dieu (ﷺ) et je suis parti jusqu’à parvenir à la zone de al-Arâk. Je me disais : ‘Peut-être trouverai-je quelques bûcherons, ou un vendeur de lait, ou bien quelqu’un ayant une affaire à régler, qui accepterait de se rendre à La Mecque pour informer ses habitants de la présence du Messager de Dieu (ﷺ), afin qu’ils sortent à sa rencontre et demandent la sécurité avant qu’il n’entre chez eux par la force.’

Par Dieu, alors que j’avançais, cherchant ce pour quoi j’étais sorti, j’entendis la voix d’Abou Sufyân et de Budayl ibn Warqâ’ qui discutaient. Abou Sufyân disait : “Je n’ai jamais vu autant de feux ni une armée aussi nombreuse que cette nuit !” Budayl répliquait : “C’est, par Dieu, la tribu de Khuzaʿa, échauffée par la guerre.” Abou Sufyân protesta : “Khuzaʿa est bien trop faible et peu nombreuse pour avoir allumé de tels feux et mobilisé une telle armée.” »

Al-ʿAbbâs reprit : « Reconnaissant la voix d’Abou Sufyân, je l’interpellai : ‘Ô Abou Ḥanẓala !’ Il reconnut alors la mienne : ‘Est-ce toi, Abou l-Faḍl ?’ Je répondis : ‘Oui.’ Il s’exclama : ‘Que t’arrive-t-il ? Que mon père et ma mère te soient sacrifiés !’ Je rétorquai : ‘Malheur à toi, Abou Sufyân ! Voici le Messager de Dieu (ﷺ) avec son peuple, et c’est le matin funeste pour Quraych, par Dieu.’ Il demanda : ‘Quelle issue y a-t-il, que mon père et ma mère te soient sacrifiés ?’ Je lui répondis : ‘Par Dieu, s’il te prend, il te fera trancher la tête. Monte donc derrière moi, sur la croupe de cette mule, et je t’emmènerai auprès du Messager de Dieu (ﷺ) afin de solliciter ta protection.’ Il monta donc derrière moi, tandis que ses deux compagnons firent demi-tour. »

(ʿUrwa a cependant affirmé qu’ils se rendirent plutôt auprès du Prophète (ﷺ) et se convertirent, et que le Prophète (ﷺ) s’enquit auprès d’eux au sujet des habitants de La Mecque. Al-Zuhrî et Mûsâ ibn ʿUqba rapportent, quant à eux, qu’ils entrèrent avec al-ʿAbbâs auprès du Messager de Dieu (ﷺ).)

[Ibn Isḥâq poursuit :] « J’avançais donc, Abou Sufyân derrière moi. Et chaque fois que nous passions près d’un feu du campement des musulmans, on demandait : ‘Qui est-ce ?’ Mais dès qu’on apercevait la mule du Messager de Dieu (ﷺ) et que l’on me reconnaissait dessus, on déclarait : ‘C’est l’oncle du Messager de Dieu (ﷺ) sur la mule du Messager de Dieu (ﷺ).’ Ainsi nous sommes arrivés à la tente dʿOmar ibn al-Khaṭṭâb. Il demanda : ‘Qui est-ce ?’ puis s’avança. Lorsqu’il vit Abou Sufyân à l’arrière de la monture, il s’exclama : ‘Abou Sufyân, l’ennemi de Dieu ! Louange à Dieu qui nous a permis de te mettre la main dessus sans aucun pacte ni traité !’ »

(ʿUrwa ibn al-Zubayr rapporta qu’ʿOmar saisit le cou d’Abou Sufyân et voulut le tuer, mais al-ʿAbbâs l’en empêcha. C’est également ce que mentionne Mûsâ ibn ʿUqba, d’après al-Zuhrî, précisant que les éclaireurs du Messager de Dieu (ﷺ) les avaient arrêtés en tenant leurs chameaux par la bride. Ils leur demandèrent : ‘Qui êtes-vous ?’ Ils répondirent : ‘La délégation du Messager de Dieu (ﷺ).’ Al-ʿAbbâs les rejoignit ensuite et les fit entrer auprès du Prophète (ﷺ). Ils discutèrent avec lui durant une bonne partie de la nuit, avant qu’il ne les invite à proclamer qu’il n’y a de dieu que Dieu et que Muḥammad est le Messager de Dieu, ce que Ḥakîm et Budayl firent aussitôt. Quant à Abou Sufyân, il déclara : ‘Je n’en suis pas convaincu.’ Mais il se convertit après l’aube. Ils demandèrent ensuite au Prophète (ﷺ) de garantir la sécurité de Quraych. Le Prophète (ﷺ) répondit : « Que celui qui entre dans la demeure d’Abou Sufyân soit en sécurité » – elle se trouvait dans la partie haute de La Mecque – « Que celui qui entre dans la demeure de Ḥakîm ibn Ḥizâm soit en sécurité » – elle se trouvait dans la partie basse de La Mecque – « Et que celui qui ferme sa porte soit en sécurité. »

(1) Voir « La Sira du Prophète » d'Ibn Hichâm (2/402). (2) L'exprimer par la main et le couteau : le frapper. Voir « Al-Qâmûs Al-Muḥîṭ » (s.v. Wajāʼ).
العيون، وخُزَاعَة لا تدع أحدًا يمضي وراءها، فلمَّا جاء أبو سفيان وأصحابه أخذتهم خيل المسلمين، وقام إليه عمر يجأ في عنقه، حتى أجاره العبَّاس بن عبد المطَّلب، وكان صاحبًا لأبي سفيان. قال ابن إسحاق (١) : وقال العبَّاس حين نزل رسول الله ﷺ مرَّ الظَّهران: قلت: واصباح قريش، والله لئن دخل رسول الله ﷺ مكة عنوة قبل أن يأتوه فيستأمنوه، إنه لهلاك قريش إلى آخر الدهر. قال: فجلستُ على بغلة رسول الله ﷺ البيضاء، فخرجت عليها حتى جئت الأراك، فقلت: لعلّي أجد بعض الحطَّابة، أو صاحب لبن، أو ذا حاجة يأتي مكة فيخبرهم بمكان رسول الله ﷺ ؛ ليخرجوا إليه فيستأمنوه قبل أن يدخل عليهم عنوة. قال: فوالله إني لأسير عليها وألتمس ما خرجت له، إذ سمعت كلام أبي سفيان وبديل بن ورقاء وهما يتراجعان، وأبو سفيان يقول: ما رأيت كالليلة نيرانًا قطُّ ولا عسكرًا! قال: يقول بُديل: هذه والله خُزَاعَة حمشتها الحرب. قال: يقول أبو سفيان: خُزَاعَة أذلُّ وأقلُّ من أن تكون هذه نيرانها وعسكرها. قال: فعرفت صوته فقلت: يا أبا حنظلة. فعرف صوتي، فقال: أبو الفضل؟ قال: قلت: نعم. قال: مالك، فدى لك أبي وأُمي؟ قال: قلت: ويحك يا أبا سفيان! هذا رسول الله ﷺ في الناس، واصباح قريش والله. قال: فما الحيلة، فداك أبي وأمي؟ قال: قلت: والله لئن ظفر بك ليضربنَّ عنقك، فاركب في عجز هذه البغلة حتى آتي بك رسول الله ﷺ فأستأمنه لك. قال: فركب خلفي ورجع صاحباه - وقال عُرْوَة: بل ذهبا إلى النبي ﷺ فأسلما، وجعل يستخبرهما عن أهل مكّة. وقال الزهريُّ وموسى بن عقبة: بل دخلوا مع العباس على رسول الله ﷺ [قال ابن إسحاق:] قال: فجئت به كلما مررت بنار من نيران المسلمين قالوا: من هذا؟ فإذا رأوا بغلة رسول الله ﷺ وأنا عليها قالوا: عمُّ رسول الله ﷺ على بغلة رسول الله ﷺ . حتى مررت بنار عمر بن الخطاب فقال: من هذا؟ وقام إليَّ، فلما رأى أبا سفيان على عجز الدابة قال: أبو سفيان عدوُّ الله الحمد لله الذي أمكن منك بغير عقد ولا عهد [وزعم عُرْوَة بن الزّبير أن عمر وجأ (٢) في رقبة أبي سفيان، وأراد قتله فمنعه منه العباس. وهكذا ذكر موسى بن عقبة، عن الزُّهريِّ أن عيون رسول الله ﷺ أخذوهم بأزمَّة جِمالهم، فقالوا: من أنتم؟ قالوا: وفد رسول الله ﷺ . فلقيهم العباس، فدخل بهم على رسول الله، فحادثهم عامَّة الليل، ثم دعاهم إلى شهادة أن لا إله إلا الله، فشهدوا، وأن محمدًا رسول الله، فشهد حكيم وبديل، وقال أبو سفيان: ما أعلم ذلك. ثم أسلم بعد الصبح، ثم سألوه أن يؤمِّن قريشًا، فقال: "من دخل دار أبي سفيان فهو آمن - وكانت بأعلى مكة - ومن دخل دار حكيم بن حزام فهو آمن - وكانت بأسفل مكة - ومن أغلق بابه فهو آمن" .
(١) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٤٠٢). (٢) وجأه باليد والسكين: ضربه. انظر "القاموس المحيط" (وجأ).

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