D’après al-Layth et Muslim (1), d’après Abû al-Tâhir, d’après Ibn Wahb – tous deux le rapportant d’après Yûnus, d’après az-Zuhrî, d’après Abû Salama, d’après Jâbir –, celui-ci a dit :
« Nous étions avec le Messager d’Allah (que la paix et le salut soient sur lui) à Marr az-Zahrân, en train de cueillir du kibâth (2). Le Messager d’Allah (que la paix et le salut soient sur lui) dit : “Prenez-le de couleur noire, car c’est meilleur.” Ils demandèrent : “Ô Messager d’Allah, gardais-tu (autrefois) des moutons ?” Il répondit : “Oui. Y a-t-il jamais eu un Prophète qui ne les ait pas gardés ?” »
Al-Bayhaqî (3) rapporte (d’après al-Hâkim, d’après al-Aṣamm, d’après Aḥmad ibn ʿAbd al-Jabbâr, d’après Yûnus ibn Bukayr, d’après Sinân ibn Ismâʿîl, d’après Abû al-Walîd Saʿîd ibn Minâ) : « Lorsque les gens revenus de la bataille de Muʾta furent de retour, le Messager d’Allah (que la paix et le salut soient sur lui) leur ordonna de se mettre en route vers la Mecque. Parvenu à Marr az-Zahrân, il s’arrêta près de la passe (al-ʿAqaba) et envoya des cueilleurs pour qu’ils ramassent du kibâth. Je demandai alors à Saʿîd : “Qu’est-ce donc ?” Il me répondit : “C’est le fruit de l’arak.” »
Il poursuivit : « Ibn Masʿûd partit donc faire la cueillette avec eux. Chaque fois que l’un trouvait un fruit agréable, il le portait à sa bouche. Comme ils voyaient la finesse des jambes d’Ibn Masʿûd tandis qu’il grimpait à l’arbre, ils se mirent à rire. Le Messager d’Allah (que la paix et le salut soient sur lui) déclara : “Vous vous étonnez de la minceur de ses jambes ? Par Celui qui détient mon âme dans Sa main, elles pèseront plus lourd (le Jour du Jugement) que la montagne d’Uḥud.” »
Ibn Masʿûd, pour sa part, rapportait tout ce qu’il avait cueilli au Messager d’Allah (que la paix et le salut soient sur lui), en lui offrant toujours ce qu’il y avait de meilleur. À ce sujet, il récita (4) :
« Voici mon fruit, et je lui en réserve le meilleur ⋯ Alors que tout autre cueilleur met la main à sa propre bouche. »
Dans les deux Ṣaḥîḥ (5), selon Anas, celui-ci dit : « Nous avons débusqué (6) un lièvre alors que nous étions à Marr [az-Zahrân]. Les gens se mirent à lui courir après et s’épuisèrent. Quant à moi, je l’ai rejoint et je l’ai attrapé. Je l’ai apporté à Abû Ṭalḥa, qui l’a égorgé. Puis il en envoya l’épaule ou les cuisses au Messager d’Allah (que la paix et le salut soient sur lui), et il les accepta. »
Ibn Isḥâq (7) rapporte : « Le Messager d’Allah (que la paix et le salut soient sur lui) établit son camp à Marr az-Zahrân, alors que les nouvelles étaient tenues secrètes vis-à-vis de Quraysh. Rien ne leur parvenait à propos du Messager d’Allah (que la paix et le salut soient sur lui), et ils ne savaient pas ce qu’il allait faire. C’est ainsi qu’Abû Sufyân ibn Ḥarb, Ḥakîm ibn Ḥizâm et Budayl ibn Warqâ’ sortirent durant ces nuits-là, pour se renseigner et voir s’ils apprendraient quelque chose ou entendraient la moindre information. »
Ibn Lahîʿa rapporte, d’après Abû al-Aswad, d’après ʿUrubah (8), que le Messager d’Allah (que la paix et le salut soient sur lui) avait envoyé devant lui une troupe de cavaliers (pour reconnaître la situation).