Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Khuzaʿa se trouve sur ce littoral et au creux de cette vallée. Il dit : Alors Abou Sufyân se rendit au lieu où sa monture s’était arrêtée, prit de son crottin et l’émietta, puis il y trouva des noyaux (de dattes). Il déclara : « Je jure par Dieu que Budayl est allé chez Muhammad. »

Puis Abou Sufyân se mit en route jusqu’à arriver auprès du Messager de Dieu (ﷺ) à Médine. Il entra chez sa fille, Umm Habiba, et lorsqu’il voulut s’asseoir sur la couche du Messager de Dieu (ﷺ), elle la replia. Il lui dit : « Ô ma fille, je ne sais pas si tu m’estimes indigne de ce lit ou si tu estimes ce lit indigne de moi. » Elle répondit : « C’est la couche du Messager de Dieu (ﷺ), et toi, tu es un idolâtre impur ; je n’ai pas aimé que tu t’installes sur la couche du Messager de Dieu (ﷺ). » Il reprit : « Ô ma fille, par Dieu, un malheur t’a frappée après mon départ ! » Puis il sortit et se rendit auprès du Messager de Dieu (ﷺ) pour lui parler, mais celui-ci ne lui répondit pas. Abou Sufyân s’adressa alors à Abou Bakr pour qu’il intercède en sa faveur, mais il répondit : « Je ne le ferai pas. » Il se rendit ensuite chez ʿOmar ibn al-Khattâb et lui demanda : « Intercéderas-tu en notre faveur ? » Mais ʿOmar répliqua : « Est-ce moi qui vais intercéder pour vous auprès du Messager de Dieu (ﷺ) ? Par Dieu, si je ne trouvais pas d’autre arme que des fourmis pour vous combattre, je le ferais ! » Il sortit alors et alla trouver ʿAlî ibn Abî Tâlib, qui se trouvait auprès de Fâtima, la fille du Messager de Dieu (ﷺ), avec al-Ḥasan, un jeune garçon qui jouait devant elle.

Abou Sufyân dit : « Ô ʿAlî, tu es celui de tous qui a le plus de liens de parenté avec moi et tu es le plus proche de moi. Je suis venu pour une affaire, alors ne me renvoie pas déçu, intercède en ma faveur auprès du Messager de Dieu (ﷺ). » ʿAlî répondit : « Malheur à toi, Abou Sufyân ! Par Dieu, le Messager de Dieu (ﷺ) a pris une résolution sur laquelle nous ne pouvons rien dire. » Abou Sufyân se tourna alors vers Fâtima : « Ô fille de Muḥammad, ne voudrais-tu pas ordonner à ton fils, ici présent, d’accorder la protection aux gens, afin qu’il soit le seigneur des Arabes à jamais ? » Elle répondit : « Par Dieu, mon fils n’en est pas encore capable, et nul ne peut accorder la protection contre le Prophète (ﷺ). » Abou Sufyân demanda : « Ô Abou l-Ḥasan, je vois bien que la situation m’est difficile, conseille-moi donc. » ʿAlî répliqua : « Par Dieu, je ne connais rien qui puisse te servir : mais tu es le chef des Banou Kinâna. Lève-toi donc, accorde la protection aux gens, puis retourne sur tes terres. » Il reprit : « Penses-tu que cela me sera d’un quelconque secours ? » ʿAlî lui dit : « Non, par Dieu, je ne le pense pas, mais je n’ai pas d’autre conseil à te donner. » Abou Sufyân alla alors à la mosquée et déclara : « Ô vous les gens, je vous accorde la protection. » Puis il remonta sur sa monture et s’en alla.

Lorsqu’il rentra chez les Quraychites, ils lui demandèrent : « Quelles nouvelles rapportes-tu ? » Il répondit : « Je suis allé voir Muḥammad, je lui ai parlé, mais par Dieu, il ne m’a rien répondu. Je suis ensuite allé voir le fils d’Abou Quḥâfa, mais par Dieu, je n’ai rien trouvé de bon chez lui. Puis je suis allé auprès de ʿOmar, mais je l’ai trouvé plus hostile que jamais. Enfin j’ai rencontré ʿAlî, et c’est celui qui s’est montré le plus concilient. Il m’a conseillé quelque chose que j’ai fait, sans savoir si cela nous sera utile ou non. » Ils dirent : « Que t’a-t-il donc ordonné ? » Il répondit : « Il m’a ordonné d’accorder la protection aux gens, et je l’ai fait. » Ils demandèrent : « Muḥammad a-t-il ratifié cela ? » Il répondit : « Non. » Ils s’exclamèrent : « Malheur à toi ! Voilà que cet homme s’est moqué de toi ; à quoi nous avance ce que tu as fait ? » Il répliqua : « Par Dieu, je n’ai rien trouvé d’autre. »

Une remarque utile rapportée par as-Suhaylî (1) : il commenta la parole de Fâtima dans ce hadith : « Nul ne peut accorder la protection contre le Messager de Dieu (ﷺ). » au regard de ce qui est également parvenu dans le hadith : « Et c’est le plus humble parmi les musulmans qui peut accorder la protection au nom des musulmans. » Il expliqua que la conciliation entre ces deux affirmations provient du fait que le ḥadith se rapporte à la possibilité d’accorder protection à une personne unique ou à un petit groupe, tandis que, selon la parole de Fâtima, il s’agit d’accorder protection à un ennemi pour l’empêcher d’être combattu par l’imam, ce qui ne relève de la compétence de personne. Il dit également que Sahnoun et Ibn al-Mâjishoun affirmaient : « Le sauf-conduit accordé par une femme doit être validé par l’imam, conformément à la parole du Prophète (ﷺ) … »

(1) Voir « Al-Rawḍ al-Anf » (7/85).
خزاعة في هذا الساحل وفي بطن هذا الوادي. قال: فعمَد أبو سفيان إلى مبرك راحلته فأخذ من بعرها ففتَّه، فرأى فيه النوى، فقال: أحلف بالله لقد جاء بديل محمدًا. ثم خرج أبو سفيان حتى قدم على رسول الله ﷺ المدينة، فدخل على ابنته أم حبيبة، فلمَّا ذهب ليجلس على فراش رسول الله ﷺ طوته، فقال: يا بنية، ما أدري أرغبت بي عن هذا الفراش أو رغبت به عنِّي؟ فقالت: هو فراش رسول الله ﷺ ، وأنت مشرك نجس، فلم أحبَّ أن تجلس على فراشه. فقال: يا بنية، والله لقد أصابك بعدي شرٌّ. ثم خرج فأتى رسول الله ﷺ فكلَّمه، فلم يردَّ عليه شيئًا، ثم ذهب إلى أبي بكر فكلَّمه أن يكلِّم له رسول الله ﷺ ، فقال: ما أنا بفاعل. ثم أتى عمر بن الخطاب فكلَّمه، فقال عمر: أنا أشفع لكم إلى رسول الله ﷺ ؟! فوالله لو لم أجد لكم إلا الذَّرَّ لجاهدتكم به. ثم خرج فدخل على علي بن أبي طالب، وعنده فاطمة بنت رسول الله ﷺ ، وعندها حسن، غلام يدب بين يديها، فقال: يا عليُّ، إنك أمسُّ القوم بي رحمًا، وأقربهم مني قرابةً، وقد جئت في حاجةٍ، فلا أرجعنَّ كما جئت بن خائبًا، فاشفع لي إلى رسول الله ﷺ . فقال: ويحك أبا سفيان! والله لقد عزم رسول الله ﷺ على أمر ما نستطيع أن نكلمه فيه. فالتفت إلى فاطمة فقال: يا بنت محمد، هل لك أن تأمري بُنيَّك هذا فيجير بين الناس، فيكون سيد العرب إلى آخر الدهر؟ فقالت: والله ما بلغ بُنيَّ ذلك أن يجير بين الناس، وما يجير أحدٌ على النبيِّ ﷺ . فقال: يا أبا الحسن، إنِّي أرى الأمور قد اشتدت عليَّ، فانصحني؟ قال: والله ما أعلم شيئًا يغني عنك، ولكنَّك سيد بني كنانة، فقم فأجر بين الناس، ثم الحق بأرضك. فقال: أوَترى ذلك مغنيًا عنِّي شيئًا؟ قال: لا والله ما أظنُّ، ولكن لا أجد لك غير ذلك. فقام أبو سفيان في المسجد، فقال: أيُّها الناس، إنِّي قد أجرت بين الناس. ثم ركب بعيره فانطلق، فلمَّا قدم على قريش قالوا: ما وراءك؟ قال: جئت محمدًا فكلمته، فوالله ما ردَّ عليَّ شيئًا، ثم جئت ابن أبي قحافة، فوالله ما وجدت فيه خيرًا، ثم جئت عمر فوجدته أعدى العدوِّ، ثم جئت عليًا فوجدته ألين القوم، وقد أشار عليَّ بأمر صنعته، فوالله ما أدري هل يغني عنَّا شيئًا أم لا؟ قالوا: بماذا أمرك؟ قال: أمرني أن أجير بين الناس، ففعلت. قالوا: هل أجاز ذلك محمدٌ؟ قال: لا. قالوا: ويحك! ما زادك الرجل على أن لعب بك، فما يغني عنَّا ما قلت. فقال: لا والله ما وجدت غير ذلك. فائدةٌ ذكرها السُّهيليُّ (١) ، تكلَّم على قول فاطمة في هذا الحديث: وما يُجِيرُ أحدٌ على رسول الله ﷺ . على ما جاء في الحديث: "ويجير على المسلمين أدناهم" . قال: وجه الجمع بينهما، بأن المراد بالحديث من يجير واحدًا أو نفرًا يسيرًا، وقول فاطمة فيمن يجير عدوًّا من غزو الإمام إيَّاهم فليس له ذلك. قال: كان سحنون وابن الماجشون يقولان: إن أمان المرأة موقوفٌ على إجازة الإمام، لقوله ﷺ
(١) انظر "الروض الأنف" (٧/ ٨٥).

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