Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ibn Isḥāq (1) a rapporté : « Yazīd ibn Abī Ḥabīb m’a raconté, d’après ʿAwf ibn Mālik al-Ashjaʿī, qui dit : “J’ai participé à l’expédition que l’Envoyé de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a confiée à ʿAmr ibn al-ʿĀṣ, celle de Dhāt as-Salāsil. J’étais alors en compagnie d’Abū Bakr et ʿUmar. Je suis passé devant un groupe de gens qui venaient d’abattre un chameau, sans parvenir à le débiter (2). Or, j’avais l’habitude de pratiquer l’abattage, alors je leur dis : ‘M’accordez-vous un dixième (3) de cette bête si je vous la partage ?’ Ils acquiescèrent. Je pris alors mon couteau, je la débitai sur place, puis j’en prélevai une partie que je remis à mes compagnons. Nous la fîmes cuire et nous la mangeâmes. Abū Bakr et ʿUmar me dirent : ‘D’où te vient cette viande, ʿAwf ?’ Je leur racontai l’histoire, et ils répondirent : ‘Non, par Dieu, tu n’as pas bien agi en nous la faisant manger.’ Tous deux se levèrent alors pour vomir ce qu’ils avaient ingéré. Quand les gens rentrèrent de cette campagne, je fus le premier à revenir auprès du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui). Je me rendis chez lui alors qu’il priait dans sa demeure et je lui dis : ‘Que la paix soit sur toi, ô Messager de Dieu, ainsi que la miséricorde et la bénédiction de Dieu.’ Il répondit : ‘ʿAwf ibn Mālik ?’ Je dis : ‘Oui, que mon père et ma mère te soient sacrifiés !’ Il poursuivit : ‘Celui du chameau ?’ Et il n’ajouta rien de plus.” »

C’est ainsi que l’a rapporté Muḥammad ibn Isḥāq, d’après Yazīd ibn Abī Ḥabīb, d’après ʿAwf ibn Mālik. Toutefois, la chaîne de transmission est interrompue, voire incomplète. Al-Ḥāfiẓ al-Bayhaqī (4) a déclaré : « Ibn Lahīʿa et Saʿīd ibn Abī Ayyūb l’ont également rapporté selon Yazīd ibn Abī Ḥabīb, d’après Rabīʿa ibn Laqīṭ, d’après Mālik ibn Hidm—je pense qu’il lui venait de ʿAwf ibn Mālik—en termes semblables, sauf qu’on y lit : ‘Je l’ai soumis à ʿUmar, lequel m’a interrogé à ce sujet. Quand je l’en ai informé, il m’a dit : “Tu t’es hâté de prendre ta récompense.” Et il ne l’a pas mangé.’ Puis il mentionne de même Abū ʿUbayda, sans évoquer Abū Bakr, et le reste du récit est semblable à ce qui précède.” »

Al-Ḥāfiẓ al-Bayhaqī (5) a rapporté : « Nous a informés Abū ʿAbd Allāh al-Ḥāfiẓ et Abū Saʿīd ibn Abī ʿAmr, qui ont dit : “Abū l-ʿAbbās Muḥammad ibn Yaʿqūb al-Aṣamm nous a transmis, Yḥāyā ibn Abī Ṭālib nous a transmis, ʿAlī ibn ʿĀṣim nous a transmis, Khālid al-Ḥadhdhāʾ nous a transmis, d’après Abū l-ʿUthmān an-Nahdī, qui a dit : ‘J’ai entendu ʿAmr ibn al-ʿĀṣ déclarer : “Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) m’a envoyé à la tête de l’armée de Dhāt as-Salāsil, dans laquelle se trouvaient Abū Bakr et ʿUmar. Je me suis dit alors qu’il ne m’avait placé au-dessus d’Abū Bakr et ʿUmar qu’en raison d’un haut rang qu’il me reconnaissait. Je suis allé vers lui et me suis assis devant lui. Je lui ai dit : ‘Ô Messager de Dieu, qui est la personne que tu aimes le plus ?’ Il a répondu : ‘ʿĀʾisha.’ J’ai dit : ‘Je ne te parle pas de ta famille.’ Il a dit : ‘Son père.’ J’ai demandé : ‘Puis qui ?’ Il a dit : ‘ʿUmar.’ Et j’ai continué ainsi, et il a cité plusieurs personnes. Alors je me suis dit : ‘Je ne reposerai plus cette question.’ ”’” »

(1) Voir « La Sira du Prophète » d’Ibn Hichâm (t. 2, p. 625). (2) C’est-à-dire : ils la divisent en parties. (3) C’est-à-dire : une part. (4) Voir « Dalāʾil an-Nubuwwa » (t. 4, p. 405). (5) Voir « Dalāʾil an-Nubuwwa » d’al-Bayhaqî (t. 4, p. 400).
وقال ابن إسحاق (١) : حدثني يزيد بن أبي حبيب، عن عوف بن مالك الأشجعي قال: كنت في الغزوة التي بعث فيها رسول الله ﷺ عمرو بن العاص، وهي غزوة ذات السلاسل، فصحبت أبا بكر وعمر، فمررت بقوم وهم على جزور قد نحروها، وهم لا يقدرون على أن يُعضُّوها (٢) ، وكنت امرأً جازرًا، فقلت لهم: تعطوني منها عَشيرًا (٣) على أن أقسمها بينكم؟ قالوا: نعم. فأخذت الشفرة، فجزَّأتها مكاني، وأخذت منها جزءًا فحملته إلى أصحابي، فاطَّبخناه وأكلناه، فقال أبو بكر وعمر: أنَّى لك هذا اللحم يا عوف؟ فأخبرتهما، فقالا: لا والله ما أحسنت حين أطعمتنا هذا. ثم قاما يتقيَّآن ما في بطونهما منه، فلمَّا أن قفل الناس من ذلك السفر، كنت أول قادم على رسول الله ﷺ ، فجئته وهو يصلي في بيته فقلت: السلام عليك يا رسول الله ورحمة الله وبركاته. فقال: "أعوف بن مالك؟ " فقلت: نعم، بأبي أنت وأمي. فقال: "صاحبُ الجزور؟ " ولم يزدني على ذلك شيئًا. هكذا رواه محمد بن إسحاق، عن يزيد بن أبى حَبيب، عن عوف بن مالك، وهو منقطع، بل معضل. قال الحافظ البيهقي (٤) : وقد رواه ابن لهيعة وسعيد بن أبي أيوب، عن يزيد بن أبي حَبيب، عن ربيعة بن لقيط، عن مالك بن هِدم، أظنُّه عن عوف بن مالك، فذكر نحوه، إلا أنَّه قال: فعرضته على عمر فسألني عنه، فأخبرته فقال: قد تعجلت أجرك. ولم يأكله. ثم حكى عن أبي عُبَيْدَة مثله، ولم يذكر فيه أبا بكر، وتمامه كنحو ما تقدَّم. وقال الحافظ البيهقي (٥) : أنبأنا أبو عبد الله الحافظ وأبو سعيد بن أبي عمرو قالا: ثنا أبو العباس محمد بن يعقوب الأصم، ثنا يحيى بن أبي طالب، ثنا عليُّ بن عاصم، ثنا خالد الحَذَّاء، عن أبي العثمان النَّهْديِّ، سمعت عمرو بن العاص يقول: بعثني رسول الله ﷺ على جيش ذات السَّلاسل، وفي القوم أبو بكر وعمر، فحدَّثت نفسي أنَّه لم يبعثني على أبي بكر وعمر إلا لمنزلة لي عنده. قال: فأتيته حتى قعدت بين يديه، فقلت: يا رسول الله، من أحبُّ الناس إليك؟ قال: "عائشة" . قلت: إنِّي لست أسألك عن أهلك. قال: "فأبوها" . قلت: ثم من؟ قال: "عمر" . قلت: ثم من؟ حتى عدَّد رهطًا، قال: قلت في نفسي: لا أعود أسأل عن هذا.
(١) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٦٢٥). (٢) أي: يقسموها أعضاءً. (٣) أي: نصيبًا. (٤) انظر "دلائل النبوة" (٤/ ٤٠٥). (٥) انظر "دلائل النبوة" للبيهقي (٤/ ٤٠٠).

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