Lorsque ‘Amr dut affronter son ennemi, il envoya un message au Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa grâce et Sa paix) pour demander du renfort. Le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa grâce et Sa paix) mobilisa alors les premiers Émigrés, dont Abou Bakr et ‘Oumar, accompagnés d’un groupe de notables parmi l’ensemble des émigrés. Il désigna Abou ‘Oubaïda ibn al-Jarrâh à leur tête.
Moussa ibn ‘Oqba rapporta : « Lorsque tous arrivèrent auprès de ‘Amr, celui-ci déclara : “Je suis votre émir, puisqu’à l’origine, c’est moi qui avais envoyé un message au Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa grâce et Sa paix) pour obtenir votre renfort.” Les Émigrés dirent : “Toi, tu es l’émir de tes compagnons, tandis qu’Abou ‘Oubaïda est celui des Émigrés.” ‘Amr insista : “Vous n’êtes qu’un renfort qui m’a été envoyé.” Devant cette situation, Abou ‘Oubaïda — homme de bon caractère et de nature conciliante — déclara : “Sache, ô ‘Amr, que la dernière recommandation que m’a faite le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa grâce et Sa paix) est la suivante : ‘Lorsque tu rejoindras ton compagnon, mettez-vous d’accord.’ Si tu me désobéis, je t’obéirai.” Abou ‘Oubaïda remit donc l’émirat à ‘Amr ibn al-‘As.”
De son côté, Mohammed ibn Ishaq (1) rapporta, par l’intermédiaire de Mohammed ibn ‘Abd al-Rahmân ibn ‘Abd Allâh ibn al-Husayn at-Tamîmî, que le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa grâce et Sa paix) avait envoyé ‘Amr ibn al-‘As pour appeler les Arabes à l’islam. En effet, la mère de ‘Amr — épouse de al-‘Âs ibn Wâ’il — était issue de la tribu de Baliy. Par conséquent, le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa grâce et Sa paix) l’envoya (vers eux) afin de les rallier, jusqu’à ce qu’il atteigne un point d’eau sur le territoire de la tribu de Judhâm, connu sous le nom de “as-Salâsil”, et c’est de là que provient la dénomination de cette expédition : la bataille de Dhât as-Salâsil.
Lorsque ‘Amr parvint à ce lieu et prit peur, il envoya un message au Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa grâce et Sa paix) pour demander du renfort. Celui-ci dépêcha alors Abou ‘Oubaïda ibn al-Jarrâh avec les premiers Émigrés, parmi lesquels Abou Bakr et ‘Oumar, en disant à Abou ‘Oubaïda avant son départ : “Ne vous querellez pas.” Abou ‘Oubaïda partit donc et, à son arrivée, ‘Amr lui dit : “Vous n’êtes que le renfort venu à mon appui.” Abou ‘Oubaïda répondit : “Non, moi je reste comme je suis, et toi comme tu es.” Abou ‘Oubaïda était en effet un homme doux et facile à vivre, peu soucieux des affaires de ce monde. ‘Amr insista : “Tu es mon renfort.” Abou ‘Oubaïda lui répliqua : “Ô ‘Amr, le Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa grâce et Sa paix) m’a dit : ‘Ne vous querellez pas.’ Ainsi, si tu me désobéis, je t’obéirai.” ‘Amr affirma alors : “Dans ce cas, je suis ton émir, et toi, tu es mon renfort.” Abou ‘Oubaïda accepta : “À toi donc le commandement.” Et ‘Amr ibn al-‘As dirigea la prière des fidèles.
Al-Wâqidî (2) dit : « Rabi‘a ibn ‘Othmân m’a rapporté, de la part de Yazîd ibn Rumân, qu’après le retour d’Abou ‘Oubaïda vers ‘Amr ibn al-‘As, ils se retrouvèrent au nombre de cinq cents hommes. Ils voyagèrent jour et nuit jusqu’à fouler le territoire de Baliy, qu’ils soumirent. Chaque fois qu’ils arrivaient dans un endroit où, selon les informations reçues, des troupes s’étaient rassemblées, ces dernières se dispersaient sitôt alertées de leur présence. Ainsi, ils atteignirent les confins de Baliy, d’‘Udhra et de Balqayn, où, finalement, ils rencontrèrent un petit groupe. Le combat s’engagea pendant un moment, et il y eut un échange de flèches. C’est ce jour-là que ‘Âmir ibn Rabî‘a fut blessé au bras. Les musulmans chargèrent alors l’ennemi, qui s’enfuit et se dispersa à travers le pays. ‘Amr soumit la région et y resta quelques jours, sans plus entendre parler d’aucun rassemblement ni d’un endroit où l’ennemi se serait regroupé. Il envoyait des cavaliers qui revenaient avec des moutons et des chamelles, qu’ils sacrifiaient et dont ils se nourrissaient. Il n’y eut rien de plus ; il n’y avait pas de butin à partager.”