Un homme marchait en tenant un bâton dans sa main. Il dit : « Ô Kisrâ, accepterais-tu l’islam avant que je ne brise ce bâton ? » Kisrâ répondit : « Oui, ne le brise pas. » Puis l’homme s’en alla. Quand il fut parti, Kisrâ appela ses gardes et leur demanda : « Qui a permis à cet homme d’entrer chez moi ? » Ils répondirent : « Personne n’est entré devant toi. » Il dit : « Vous mentez. » Alors, il se mit en colère contre eux, les menaça, puis les laissa.
Au bout d’une année, le même homme revint avec son bâton et dit : « Ô Kisrâ, accepterais-tu l’islam avant que je ne brise ce bâton ? » Kisrâ répondit : « Oui, ne le brise pas. » Quand l’homme fut parti de nouveau, Kisrâ convoqua ses gardes et leur posa la même question que la première fois. L’année suivante, l’homme revint encore avec son bâton et déclara : « Ô Kisrâ, veux-tu embrasser l’islam avant que je ne brise ce bâton ? » Kisrâ répondit : « Ne le brise pas. » Alors il le brisa, et Dieu fit périr Kisrâ à ce moment-là.
L’imam ach-Châfi‘î dit : « Ibn ‘Uyaynah nous a rapporté, d’après az-Zouhrî, d’après Sa‘îd ibn al-Musayyab, d’après Abou Hourayrah, que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a dit : “Lorsque Kisrâ sera anéanti, il n’y aura plus de Kisrâ après lui. Lorsque César sera anéanti, il n’y aura plus de César après lui. Par Celui qui tient mon âme dans Sa Main, leurs trésors seront bel et bien dépensés dans la voie de Dieu.”” Muslim l’a rapporté (1) d’après la version d’Ibn ‘Uyaynah, et ils l’ont rapporté (2) également d’après az-Zouhrî, avec la même chaîne de transmission.
Ach-Châfi‘î a ajouté : « Lorsque le message du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) parvint à Kisrâ, il le déchira ; alors le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) dit : “Son royaume sera déchiré.” Nous savons aussi que César honora le message du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) et le plaça dans une sacoche de cuir (3). Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) dit alors : “Son royaume se maintiendra.” »
Ach-Châfi‘î et d’autres parmi les savants (4) ont déclaré que, lorsque les Arabes se rendaient en Syrie (ach-Châm) et en Irak pour y commercer, certains embrassèrent l’islam et craignirent alors les souverains d’Irak et de Syrie. Ils en firent part au Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), qui leur dit : « Lorsque Kisrâ périra, il n’y aura plus de Kisrâ après lui ; et quand César périra, il n’y aura plus de César. » Ainsi, la royauté des rois perses s’éteignit complètement, et celle de César disparut totalement de la Syrie, même s’ils purent, dans l’ensemble, conserver un certain pouvoir par la bénédiction de l’invocation du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) en leur faveur, du fait qu’ils honorèrent sa lettre. Dieu est plus savant.
J’ai dit : « Voilà un grand signe qui annonce que le pouvoir des Romains ne reviendra jamais en terre de Syrie. Les Arabes appelaient “César” celui qui régnait sur la Syrie et la Jazîrah au nom des Romains, “Kisrâ” celui qui régnait sur la Perse, “Négus” celui qui régnait sur l’Abyssinie, “Muqawqis” le souverain d’Alexandrie, et “Pharaon” le roi d’Égypte qui était mécréant. Pour le souverain de l’Inde, ils disaient “Ptolémée” (Batlimous). Ils avaient aussi d’autres noms pour les souverains d’autres peuples, que nous avons déjà mentionnés ailleurs. Dieu est plus savant. »