«Ô gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous : que nous n’adorions qu’Allah, sans rien Lui associer, et que nul parmi nous ne prenne l’autre pour seigneur en dehors d’Allah. Mais s’ils s’en détournent, dites : “Soyez témoins que nous sommes bel et bien musulmans.”» [Sourate Âl ‘Imrân, verset 64]
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Abou Soufyân a dit : «Lorsqu’il (Héraclius) prononça ce qu’il prononça et eut achevé la lecture de la lettre, le tumulte grandit autour de lui, les voix s’élevèrent, et on nous fit sortir. Alors je dis à mes compagnons en sortant : “L’affaire du fils d’Abî Kabsha a véritablement pris de l’ampleur ! Le roi des Banî al-Asfar (Byzantins) le craint !” Depuis ce jour, je n’ai cessé d’être convaincu qu’il finirait par triompher, jusqu’à ce qu’Allah m’ait fait entrer en Islam.»
Il raconta également : «Ibn Nâtoûr, qui détenait la charge d’Iliyâ’ pour Héraclius, était le patriarche (ou évêque) des chrétiens du Shâm. Il rapporte qu’après l’arrivée d’Héraclius à Iliyâ’, celui-ci se réveilla un matin le cœur abattu. Certains de ses officiers lui dirent : “Nous ne comprenons pas votre humeur.”» Ibn Nâtoûr expliqua : «Héraclius était devin, il observait la position des étoiles et leur influence. Il leur répondit quand ils l’interrogèrent : “J’ai observé dans mes calculs que le pouvoir de celui qui pratique la circoncision est apparu. Qui, parmi ces peuples, pratique la circoncision ?” Ils dirent : “Seuls les Juifs la pratiquent ; ne vous en souciez pas, mais écrivez dans toutes les provinces de votre royaume de tuer ceux de leur communauté qui s’y trouvent.”»
Tandis qu’ils discutaient ainsi, un homme envoyé par le roi de Ghassân se présenta à Héraclius pour l’informer de la nouvelle concernant le Messager d’Allah (ﷺ). Après s’être renseigné à son sujet, Héraclius déclara : «Allez vérifier s’il est circoncis ou non.» Ils allèrent le regarder et revinrent annoncer qu’il était circoncis. Héraclius l’interrogea également sur les Arabes, et on lui répondit qu’ils pratiquaient la circoncision. Alors Héraclius s’écria : «Voilà donc la domination de cette communauté qui est apparue.»
Ensuite, Héraclius écrivit à un correspondant à Rome, son égal en savoir. Puis il se rendit à Himṣ, et ne quitta pas la ville avant de recevoir la réponse de son correspondant, lequel s’accordait avec l’opinion d’Héraclius sur l’apparition du Prophète (ﷺ) et reconnaissait qu’il était un prophète. Héraclius convoqua alors les notables romains dans une de ses résidences à Himṣ, ordonna qu’on en ferme les portes, puis il apparut et leur dit : «Ô peuple romain, n’y a-t-il pas pour vous un moyen de salut et de réussite, et pour que votre royaume reste intact, à condition que vous prêtiez allégeance à ce Prophète ?» Alors, ils s’enfuirent vers les portes comme les onagres sauvages, mais les trouvèrent fermées. Voyant leur aversion et ayant perdu tout espoir de les voir embrasser la foi, Héraclius ordonna qu’on les ramène et dit : «Je viens de vous tenir ces propos pour mettre votre fidélité à l’épreuve ; je l’ai désormais constatée.» Ils se prosternèrent devant lui et furent satisfaits de lui ; ce fut le dernier acte d’Héraclius à ce sujet.
Al-Boukhârî déclare : «Sâlih ibn Kaysân, Younous et Ma‘mar l’ont rapporté selon Az-Zouhrî.»
Al-Boukhârî a rapporté ce récit en divers endroits de son “Ṣaḥîḥ”, avec des formulations trop nombreuses à relever dans leur intégralité (2). Tous les autres compilateurs, à l’exception d’Ibn Mâjah, l’ont également rapporté via différentes chaînes de transmission issues d’Az-Zouhrî (3).
Nous avons développé ce hadith de manière approfondie au début de notre commentaire du “Ṣaḥîḥ” d’Al-Boukhârî, en y exposant suffisamment de points bénéfiques et de subtilités tant sur le fond que sur la forme. Louange à Allah et que Sa grâce soit sur nous.