Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Abu Sufyân dit : « Par Dieu, mes compagnons et moi nous trouvions à Gaza lorsqu’il tomba sur nous par surprise. Il nous demanda : “Qui êtes-vous ?” Nous lui fîmes connaître notre identité. Il nous emmena alors tous vers lui. Lorsque nous arrivâmes devant lui, je jure par Dieu que je n’ai jamais vu d’homme que je considère plus habile que cet “incirconcis” — faisant allusion à Héraclius.

Quand nous fûmes en sa présence, il demanda : “Lequel d’entre vous est son plus proche parent ?” Je répondis : “C’est moi.” Il ordonna : “Faites-le approcher de moi.” Il me fit donc asseoir face à lui et ordonna à mes compagnons de s’asseoir derrière moi, puis il déclara : “S’il ment, contredisez-le.” »

Abu Sufyân poursuivit : « Je savais que, même si je mentais, mes compagnons ne me contrediraient pas. Mais j’étais un homme noble, qui éprouvait de la honte à recourir au mensonge. Je savais aussi que si je mentais, ils le rapporteraient à mon sujet, puis on le raconterait sur moi à la Mecque. C’est pourquoi je ne le fis pas. »

Il me dit alors : « Parle-moi de cet homme qui est apparu parmi vous. » Je tentai de minimiser son importance et de réduire sa valeur, mais par Dieu, il ne prêta aucune attention à mes propos et déclara : « Renseigne-moi sur ce dont je t’interroge au sujet de son affaire. » Je lui dis : « Demande-moi ce que tu voudras. »

Il demanda : « Comment est sa noblesse parmi vous ? » Je répondis : « Pure (1), il est issu des meilleures lignées parmi nous. » Il poursuivit : « Dis-moi, y a-t-il quelqu’un de sa famille qui ait déjà tenu un discours semblable, dont il chercherait simplement à l’imiter ? » Je dis : « Non. » Il demanda encore : « A-t-il régné auparavant et lui auriez-vous arraché son pouvoir, si bien qu’il se serait servi de ces propos pour le recouvrer ? » Je répondis : « Non. »

Il me demanda : « Qui le suit ? » Je répondis : « Des gens jeunes, faibles et modestes, mais pas les notables ou les anciens (2). » Il me dit : « Informes-moi de ceux qui le rejoignent : l’aiment-ils et demeurent-ils à ses côtés, ou bien le détestent-ils et se séparent-ils de lui ? » Je dis : « Il est très rare qu’un homme qui se soit attaché à lui le quitte. » Il demanda ensuite : « Parle-moi de votre conflit, quel en est l’issue ? » Je dis : « C’est tantôt l’un, tantôt l’autre qui prend le dessus : parfois il triomphe sur nous, parfois c’est nous qui l’emportons sur lui. »

Il me demanda encore : « Se rend-il coupable de trahison ? » Je n’avais rien à lui reprocher, sinon de dire : « Non, mais nous sommes liés à un pacte avec lui et nous craignons qu’il ne nous trahisse durant cette trêve. » Par Dieu, il ne prêta à cela aucune attention. »

Abu Sufyân reprit : « Il me répéta alors son questionnement : “Tu as prétendu qu’il est de votre plus pure noblesse, ainsi Dieu n’envoie le Prophète qu’au sein des meilleurs de son peuple. Je t’ai demandé si, parmi les siens, quelqu’un avait tenu le même discours, et tu as répondu : non. Je t’ai demandé s’il avait exercé un pouvoir dont vous l’auriez dépossédé, si bien qu’il aurait recours à ce propos pour recouvrer son autorité, et tu as répondu : non. Je t’ai interrogé sur ses partisans : tu as dit que ce sont les jeunes, les faibles et les modestes. Ainsi en a-t-il toujours été des adeptes des prophètes à chaque époque. Puis je t’ai demandé si ceux qui le suivent l’aiment et s’attachent à lui ou le quittent, et tu as prétendu qu’il est rare qu’on le quitte. Voilà la douceur de la foi : elle n’entre jamais dans un cœur pour le quitter ensuite. Je t’ai interrogé sur votre conflit, tu as répondu qu’il est tantôt à votre avantage, tantôt au sien ; c’est ainsi que se déroulent les combats des prophètes, mais la fin leur est toujours favorable. Je t’ai finalement demandé s’il était traître, et tu as déclaré qu’il ne l’était point. Si tu m’as dit vrai, alors il dominera certainement ce qui se trouve sous mes deux pieds, et j’aimerais me trouver auprès de lui pour laver ses pieds. Maintenant retourne à tes affaires.” »

Abu Sufyân conclut : « Je me levai alors en frappant l’une de mes mains contre l’autre, et je dis : “Ô serviteurs de Dieu, l’affaire du fils d’Abû Kabsha (3) prend de l’ampleur : les rois des Banû… sont désormais informés.” »

(1) C’est-à-dire : pure origine. Voir "Lisân al-ʿArab" (muḥaḍḍ). (2) C’est-à-dire : les personnes âgées. (3) C’est-à-dire : sa grandeur s’est accrue, il est devenu important et étendu, et les polythéistes attribuaient le Prophète ﷺ à Abû Kubashah, car Abû Kubashah al-Khuzaʿī, dont le nom était Wajz, s’était opposé à Quraysh dans le culte des idoles, et adorait Ach-Chiʿrā al-ʿUbbūr, l’étoile connue parmi les étoiles du ciel, alors que…
قال أبو سفيان: فوالله إني وأصحابي لَبِغزّة، إذ هجم علينا، فسألنا: ممّن أنتم؟ فأخبرناه، فساقنا إليه جميعًا، فلمّا انتهينا إليه، قال أبو سفيان: فوالله ما رأيت من رجل قط أزعم أنه كان أدهى من ذلك الأغلف - يريد هرقل - قال: فلمّا انتهينا إليه قال: أيكم أمسّ به رحمًا؟ فقلت: أنا. قال: أدنوه مني. قال: فأجلسني بين يديه ثم أمر بأصحابي، فأجلسهم خلفي، وقال: إن كذب فردوا عليه. قال أبو سفيان: فلقد عرفت أني لو كذبت ما ردوا عليّ، ولكنّي كنت امرءًا سَيّدًا، أتكرم وأستحي من الكذب، وعرفت أنّ أدنى ما يكون في ذلك أن يرووه عنّي، ثم يتحدثوا به عنّي بمكّة، فلم أكذبه. فقال: أخبرني عن هذا الرجل الذي خرج فيكم. فزهَّدْتُ له شأنه، وصَغّرت له أَمْرَهُ، فوالله ما التفت إلى ذلك منّي، وقال لي: أخبرني عما أسألك عنه من أمره. فقلت: سلني عما بدا لك؟ فقال: كيف نسبه فيكم؟ فقلت: محضًا (١) ، من أوسطنا نسبًا. قال: فأخبرني هل كان من أهل بيته أحد يقول مثل قوله، فهو يتشبّه به؟ فقلت: لا. قال: فأخبرني هل كان له مُلك فاستلبتموه إيَّاه، فجاء بهذا الحديث لتردّوه عليه؟ قلت: لا. قال: فأخبرني عن أتباعه، من هم؟ فقلت: الأحداثُ والضّعفاء والمساكين، فأمّا أشرافهم وذوو الأسنان (٢) فلا. قال: فأخبرني عمّن يصحبه، أيحبه ويلزمه، أم يقليه ويفارقه؟ قلت: قلّ ما صحبه رجل ففارقه. قال: فأخبرني عن الحرب بينكم وبينه؟ فقلت: سِجَال، يُدال علينا ونُدال عليه. قال: فأخبرني هل يغدر؟ فلم أجد شيئًا أغرّه به إلا هي، قلت: لا، ونحن منه في مدّة، ولا نأمن غدره فيها، فوالله ما التفت إليها مني. قال: فأعاد عليّ الحديث، فقال: زعمتَ أنه [من] أمحضكم نسبًا، وكذلك يأخذ الله النبيّ إذا أخذه، لا يأخذه إلا من أوسط قومه، وسألتك هل كان من أهل بيته أحد يقول مثل قوله فهو يتشبّه به، فقلت: لا. وسألتك هل كان له مُلك فاستلبتموه إيَّاه، فجاء بهذا الحديث لتردّوا عليه ملكه، فقلتَ: لا. وسألتك عن أتباعه، فزعمت أنهم الأحداث والمساكين والضعفاء، وكذلك أتباع الأنبياء في كلّ زمان، وسألتك عمّن يتبعه، أيحبه ويلزمه، أم يَقليه ويفارقه، فزعمت أنه قلّ من يصحبه فيفارقه، وكذلك حلاوة الإيمان، لا تدخل قلبًا فثخرج منه، وسألتك كيف الحرب بينكم وبينه، فزعمت أنها سِجَال؛ يُدال عليكم وتدالون عليه، وكذلك تكون حرب الأنبياء، ولهم تكون العاقبة، وسألتك هل يغدر، فزعمت أنه لا يغدر، فلئن كنت صدقتني، ليغلبنّ على ما تحت قدميّ هاتين، ولوددت أني عنده فأغسل عن قدميه. ثم قال: الحَق بشأنك. قال: فقمت وأنا أضرب بإحدى يديّ على الأخرى، وأقول: يا عباد الله، لقد أَمِر أمْرُ ابن أبي كبشة (٣) أصبح ملوك بني
(١) أي: خالص النسب. انظر "لسان العرب" (محض). (٢) أى: كبار السنّ. (٣) أي: كبر شأنه وعظم واتسع، وكان المشركون ينسبون النبي ﷺ إلى أبي كبشة، لأن أبا كبشة الخزاعي، واسمه وجز، كان قد خالف قريشًا في عبادة الأوثان، وعبد الشِّعرى العبور، وهو النجم المعروف في نجوم السماء، فلما =

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies