Al-Bukhârî rapporte (1), d’après Ibn ‘Umar, que lorsqu’il saluait son fils ‘Abdallah ibn Ja‘far, il disait : « Que la paix soit sur toi, ô fils de celui qui possède deux ailes. » Certains attribuent cette parole à ‘Umar ibn al-Khattâb lui-même, mais la version la plus sûre est celle figurant dans le « Ṣaḥîḥ » d’après Ibn ‘Umar. On explique cela par le fait que Dieu, Exalté soit-Il, l’aurait dédommagé de ses deux mains par deux ailes au Paradis, comme certains récits à ce sujet l’ont déjà mentionné.
L’érudit Abû ‘Îsâ at-Tirmidhî (2) a rapporté : « ‘Alî ibn Ḥujr nous a transmis, ‘Abdallah ibn Ja‘far nous a transmis, d’après al-‘Alâ’ ibn ‘Abd ar-Raḥmân, d’après son père, d’après Abû Hurayra, qui a dit : “Le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) a déclaré : ‘J’ai vu Ja‘far voler au Paradis avec les anges.’” »
Il a également été mentionné précédemment qu’il (qu’Allah l’agrée) fut tué à l’âge de trente-trois ans. Ibn al-Athîr a pour sa part affirmé dans « al-Ghâba » (3) qu’il avait quarante et un ans au moment de sa mort. Et il de préciser : « D’autres dires existent. » J’ajoute : D’après ce qui a été supposé, il était plus âgé que ‘Alî de dix ans, ce qui impliquerait qu’il avait trente-neuf ans le jour de sa mort, étant donné qu’il est largement admis qu’‘Alî embrassa l’islam à l’âge de huit ans, séjourna treize ans à la Mecque, puis émigra à vingt-et-un ans, et que la bataille de Mu’ta eut lieu la huitième année après l’Hégire. Dieu sait mieux.
Après sa mort, on appelait ainsi Ja‘far « aṭ-Ṭayyâr » (celui qui vole), pour la raison évoquée. Il était généreux, prodigue et loué. On le surnommait « Abû al-Masâkîn » (le père des pauvres) pour les bienfaits qu’il leur accordait.
L’imam Aḥmad (4) dit : « ‘Affân nous a rapporté, Wahîb nous a rapporté, Khâlid nous a rapporté, d’après ‘Ikrima, d’après Abû Hurayra, qui a dit : “Après le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), nul n’a chaussé de sandales, enfourché une monture ou porté un vêtement meilleur que Ja‘far ibn Abî Ṭâlib.” » La chaîne de transmission jusqu’à Abû Hurayra est bonne. On peut penser qu’il entendait par là le distinguer spécifiquement pour sa générosité. Quant à la vertu religieuse, il est établi qu’Abû Bakr aṣ-Ṣiddîq, ‘Umar al-Fârûq, et même ‘Uthmân ibn ‘Affân, lui sont supérieurs. Pour ce qui est de son frère ‘Alî (qu’Allah l’agrée), il semble qu’ils soient à égalité, ou qu’‘Alî lui soit supérieur. Abû Hurayra voulait donc le privilégier dans le registre de la générosité, comme l’indique le récit rapporté par al-Bukhârî (5) : « Aḥmad ibn Abî Bakr nous a transmis, Muḥammad ibn Ibrâhîm ibn Dînâr Abû ‘Abdallâh al-Juhanî nous a transmis, d’après Ibn Abî Dhi’b, d’après Sa‘îd al-Maqburî, d’après Abû Hurayra, que… »