Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Dans un autre hadith, il leur a attesté le martyre, si bien qu’ils font partie de ceux dont on affirme avec certitude qu’ils entreront au Paradis (1).

Hassân ibn Thâbit (2) a composé ces vers pour pleurer Zayd ibn Hâritha et Ibn Rawâha :
[du mètre al-khafîf]

« Ô mon œil, verse tes larmes, aussi maigres soient-elles… et souviens-toi, en période de bien-être, de ceux qui gisent dans les tombes.
Souviens-toi de Mu’ta et de ce qui s’y produisit… le jour où ils partirent pour l’affrontement décisif.
Quand ils s’en allèrent en laissant Zayd sur place… quel excellent refuge pour l’indigent (3) et le captif !
Bien-aimé du Meilleur des êtres en toute chose… du Maître des hommes dont l’amour habite les cœurs.
C’est Ahmad, sans égal… voilà ma tristesse pour lui, et ma joie aussi.
En vérité, Zayd avait parmi nous une position… différente de celle du menteur présomptueux.
Puis laisse couler tes larmes pour le Khazrajite… un grand seigneur qui ne fut jamais avare.
La nouvelle de leur mort nous est parvenue, et cela nous suffit… nous passons nos nuits dans la tristesse, sans aucune joie.
»

Quant à Jaʿfar ibn Abî Tâlib (4) ibn ʿAbd al-Muttalib ibn Hâshim, il était le fils de l’oncle paternel du Messager de Dieu (ﷺ). Il avait dix ans de plus que son frère ʿAlî, tandis que ʿAqîl avait dix ans de plus que Jaʿfar, et Tâlib était plus âgé que ʿAqîl de dix ans également. Jaʿfar embrassa l’islam très tôt et émigra en Abyssinie, où il vécut des épisodes illustres, occupa des positions louables, donna des réponses justes et eut une conduite exemplaire. Nous avons déjà donné ces détails lors du récit de l’émigration en Abyssinie – louange à Dieu.

Il arriva auprès du Messager de Dieu (ﷺ) le jour de Khaybar. Le Prophète (ﷺ) déclara alors : « Je ne sais lequel des deux m’enchante le plus : la venue de Jaʿfar ou la conquête de Khaybar ? » Puis il se leva vers lui, l’enlaça et l’embrassa entre les yeux. Le jour où ils partirent pour la ʿUmra al-Qaḍâʾ, il lui dit : « Tu me ressembles dans ma physionomie et mon caractère. » Il est rapporté qu’il manifesta alors sa joie en bondissant, ainsi que cela a été mentionné plus haut – à Dieu la louange et la grâce. Lorsque le Prophète (ﷺ) l’envoya à Mu’ta, il le désigna comme second après Zayd ibn Hâritha. Quand Jaʿfar fut tué, on retrouva sur son corps plus de quatre-vingt-dix blessures – de coups d’épée, de lances ou de flèches –, et durant tout cela, il avança sans jamais reculer. Sa main droite fut d’abord tranchée, puis la gauche, alors même qu’il tenait l’étendard. Lorsqu’il les eut perdues, il le pressa contre lui jusqu’à être tué de la sorte. Il est dit qu’un soldat romain le frappa d’un coup d’épée et le coupa en deux. Que Dieu soit satisfait de Jaʿfar et maudisse son assassin. Le Messager de Dieu (ﷺ) informa qu’il était martyr ; ainsi, il fait partie de ceux dont on affirme qu’ils entreront au Paradis. Les hadiths rapportent également qu’on le surnommait « Celui aux deux ailes ».

(1) Le compilateur l’a rapporté du livre « Dalāʾil al-Nubuwwa » d’al-Bayhaqī. (2) Les vers figurent dans son « Dīwān » (1/295) avec quelques différences minimes. (3) Al-Ḍarīk : le pauvre en mauvaise condition. (4) Sa biographie se trouve dans « al-Istiʿāb » (2/149), « Tahdhib al-Asmāʾ wa al-Lughāt » (1/148), « Jāmiʿ al-Uṣūl » (13/246, édition critique), ainsi que dans « Asad al-Ghāba » (1/341), « al-Iṣāba » (1/85), « Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ » (1/206) et « Shadharāt al-Dhahab » (1/126, édition critique).
في الحديث الآخر أنه شهد لهم بالشهادة، فهم ممن يقطع لهم بالجنَّة (١) . وقد قال حَسَّان بن ثابت (٢) يرثي زيد بن حارثة وابن رَوَاحَة: [من الخفيف] عَينُ جُودي بدمعِكِ المنزُورِ … واذكُري في الرَّخاءِ أَهْلَ القُبُورِ واذكري مُؤْتَةَ وما كان فيها … يوم راحوا في وقعة التَّغويرِ حينَ راحوا وغادروا ثَمَّ زَيدًا … نعم مَأوى الضَّريك (٣) والمأسورِ حِبَّ خير الأنام طُرًّا جميعًا … سَيّدِ الناس حُبُّهُ في الصُّدورِ ذاكُمُ أحمدُ الذي لا سِوَاهُ … ذاك حُزْني له معًا وَسُرُوري إنَّ زيدًا قد كَان مِنَّا بأمرٍ … ليس أَمْرَ المُكَذَّب المَغْرورِ ثم جُودي للخَزْرجيِّ بدمعٍ … سَيِّدًا كان ثَمَّ غير نَزُورِ قد أَتَانَا من قتلهم ما كَفَانَا … فَبحُزنٍ نَبيتُ غيرِ سرورِ وأما جعفر بن أبي طالب (٤) بن عبد المطلب بن هاشم، فهو ابن عُمِّ رسول الله ﷺ ، وكان أكبر من أخيه عليٍّ بعشر سنين، وكان عَقيلٌ أَسَنَّ من جعفر بعشر سنين، وكان طَالب أَسَنَّ من عَقيلٍ بعشر سنين، أسلم جعفرٌ قديمًا، وهاجر إلى الحبشة، وكانت له هنالك مواقف مشهورة، ومقامات محمودة، وأجوبة سديدة، وأحوال رشيدة، وقد قدَّمنا ذلك في هجرة الحبشة، ولله الحمد. وقد قَدِم على رسول الله ﷺ يوم خيبر فقال (رحمهم الله) : "ما أدري بأيهما أنا أسر؛ أبقدوم جعفرٍ، أم بفتح خيبر؟ " وقام إليه واعتنقه وقبَّل بين عينيه، وقال له يوم خرجوا من عمرة القضية: "أشبهت خَلقي وخُلقي" . فيقال: إنَّه حجل عند ذلك فرحًا. كما تقدَّم ذلك في موضعه. ولله الحمد والمنة. ولمَّا بعثه إلى مؤتة جعله في الإمرة مصلِّيًا - أي: ثانيًا - لزيد بن حارثة، ولمَّا قتل وجدوا فيه بضعًا وتسعين ما بين ضربة بسيف، وطعنة برمح، ورمية بسهم، وهو في ذلك كلِّه مقبل غيرُ مدبر، وكانت قد قطعت يده اليمنى ثم اليسرى وهو ممسك اللواء، فلمَّا فقدهما احتضنه حتى قتل وهو كذلك. فيقال: إنَّ رجلًا من الرُّوم ضربه بسيف فقطعه باثنتين، رضي الله عن جعفر ولعن قاتله. وقد أَخبر عنه رسول الله ﷺ بأنه شهيد، فهو ممن يُقطع له بالجنَّة، وجاء في الأحاديث تسميته بذي الجَنَاحين.
(١) وقد خرجه المصنف من كتاب "دلائل النبوة" للبيهقي. (٢) الأبيات في "ديوانه" (١/ ٢٩٥) مع بعض الخلاف اليسير. (٣) الضريك: الفقير السَّيئ الحال. (٤) ترجمته في "الاستيعاب" (٢/ ١٤٩) و"تهذيب الأسماء واللغات" (١/ ١٤٨) و"جامع الأصول" (١٣/ ٢٤٦) بتحقيقي و"أسد الغابة" (١/ ٣٤١) و"الإصابة" (١/ ٨٥) و "سير أعلام النبلاء" (١/ ٢٠٦) و "شذرات الذهب" (١/ ١٢٦) بتحقيقي.

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