Section sur le mérite de ces trois émirs : Zayd, Jaʿfar et ʿAbd Allâh [– qu'Allah soit satisfait d'elle –].
Quant à Zayd ibn Hâritha (1) ibn Sharâḥîl ibn Kaʿb ibn ʿAbd al-ʿUzzâ ibn Imri’ al-Qays ibn ʿÂmir ibn an-Nuʿmân ibn ʿÂmir ibn ʿAbd Wudd ibn ʿAwf ibn Kinâna ibn Bakr ibn ʿAwf ibn ʿUdhra ibn Zayd al-Lât ibn Rufayda ibn Thawr ibn Kalb ibn Wabara ibn Taghlib ibn Ḥulwân ibn ʿImrân ibn al-Ḥâf ibn Quḍâʿa, il était de la tribu Kalb (Quḍâʿi) et l’affranchi du Messager de Dieu (ﷺ). En effet, sa mère s’était rendue en visite chez sa famille, quand la cavalerie de Banû Laqm fit une razzia contre eux et le captura. Ḥakîm ibn Ḥizâm l’acheta ensuite pour sa tante paternelle Khadîja bint Khuwaylid.
On a également dit que c’est le Messager de Dieu (ﷺ) qui l’avait acheté pour elle, puis elle le lui offrit avant la prophétie. Son père le retrouva par la suite, mais Zayd choisit de rester auprès du Messager de Dieu (ﷺ). Le Prophète (ﷺ) l’affranchit et l’adopta, si bien qu’on l’appelait alors « Zayd ibn Muḥammad ». Le Messager de Dieu (ﷺ) l’aimait d’un amour profond ; il fut le premier des affranchis à se convertir à l’islam, et plusieurs versets du Coran furent révélés à son sujet, parmi lesquels la Parole du Très-Haut : « Et Il n’a pas fait de vos ‘adʿiyâ’ (ceux qui étaient appelés ainsi par adoption) vos propres fils » (Les Coalisés, 4). Également : « Appelez-les d’après leurs vrais pères : c’est plus équitable devant Dieu » (Les Coalisés, 5), et : « Muḥammad n’a jamais été le père de l’un de vos hommes » (Les Coalisés, 40). De même, Sa parole : « Quand tu disais à celui que Dieu avait comblé de bienfaits – et toi aussi l’avais comblé de bienfaits – : “Garde auprès de toi ton épouse, et crains Dieu”, et tu cachais en toi ce que Dieu allait révéler, et tu redoutais les gens, alors que c’est Dieu qui est plus digne d’être craint. Puis lorsque Zayd eut cessé toute relation avec elle, Nous te l’avons donnée en mariage » (Les Coalisés, 37). Tous s’accordent à dire que ces versets furent révélés à son sujet. « Celui que Dieu avait comblé de bienfaits » signifie qu’il avait reçu l’islam, et « celui que toi aussi avais comblé de bienfaits » signifie que tu l’avais affranchi. Nous en avons déjà parlé dans le « Tafsîr » (2).
Ce qu’il importe de retenir, c’est que Dieu – Exalté soit-Il – n’a nommé aucun autre Compagnon dans le Coran en dehors de lui, qu’Il l’a guidé vers l’islam, que le Messager de Dieu (ﷺ) l’avait affranchi, et qu’il lui donna pour épouse sa « maîtresse » Umm Ayman – dont le nom est Baraka – qui lui donna un fils : Usâma ibn Zayd. On l’appelait alors « l’aimé (al-ḥibb) fils de l’aimé ». Ensuite, le Prophète (ﷺ) lui donna pour épouse une cousine maternelle à lui, Zaynab bint Jaḥsh, et il l’avait uni par un lien de fraternité (al-mu’âkhât) à son oncle Ḥamza ibn ʿAbd al-Muṭṭalib ; il le désigna également comme émir avant son cousin Jaʿfar ibn Abî Ṭâlib lors de la bataille de Mu’ta, comme nous l’avons mentionné.
L’imam Aḥmad (3) – tout comme l’imam et grand traditionniste Abû Bakr ibn Abî Shayba – a rapporté, et voici la formulation de ce dernier : « Nous a raconté Muḥammad ibn ʿUbayd… »