Ibn Ishaq (1) rapporta : « Lorsque les compagnons furent touchés, le Messager de Dieu (paix et bénédictions de Dieu sur lui) dit, selon ce qui m’est parvenu : “Zayd ibn Hâritha prit l’étendard et combattit jusqu’à être tué en martyr ; puis Jaʿfar le prit à son tour, et combattit jusqu’à être tué en martyr.” »
Il poursuivit : « Le Messager de Dieu (paix et bénédictions de Dieu sur lui) garda alors le silence jusqu’à ce que les visages des Anṣâr changent, car ils pensaient qu’il y avait quelque chose qu’ils détesteraient chez ʿAbd Allâh ibn Rawâḥa. Puis il ajouta : “Ensuite, ʿAbd Allâh ibn Rawâḥa prit l’étendard et combattit jusqu’à être tué en martyr.” »
Puis il dit : « Ils m’ont été montrés (en songe), élevés au Paradis, sur des lits d’or. Or j’ai vu le lit de ʿAbd Allâh ibn Rawâḥa dévié par rapport à ceux de ses deux compagnons. J’ai demandé : “Pourquoi cela ?” Et on m’informa : “Tous deux ont avancé sans hésiter, tandis qu’ʿAbd Allâh ibn Rawâḥa a marqué un temps d’hésitation avant de partir.” » C’est ainsi qu’Ibn Ishaq rapporta ce récit sous forme incomplète.
Al-Bukhârî (2) a dit : « Nous a rapporté Aḥmad ibn Wâqid, qui tenait de Ḥammâd ibn Zayd, d’après Ayyûb, d’après Ḥumayd ibn Hilâl, d’après Anas ibn Mâlik, que le Messager de Dieu (paix et bénédictions de Dieu sur lui) annonça au peuple la mort de Zayd, de Jaʿfar et d’Ibn Rawâḥa avant même que la nouvelle ne leur parvînt. Il dit : “Zayd prit l’étendard et fut touché, puis Jaʿfar le prit et fut touché, ensuite Ibn Rawâḥa le prit et fut touché.” » — tandis que ses yeux (du Prophète) étaient en larmes — « “jusqu’à ce qu’une épée parmi les épées de Dieu prît l’étendard, et Dieu leur accorda la victoire.” » Al-Bukhârî en est l’unique rapporteur. Il l’a évoqué dans un autre endroit (3), où, se tenant sur la chaire, il déclara aussi : « Ils ne souhaiteraient pas échanger leur place (dans l’au-delà) pour être avec nous (ici). »
Al-Bukhârî (4) ajouta : « Nous a rapporté Aḥmad ibn Abî Bakr, qui tenait de Mughîra ibn ʿAbd ar-Raḥmân — al-Makhzûmî, non al-Khuzâmî —, d’après ʿAbd Allâh ibn Saʿîd, d’après Nâfiʿ, d’après ʿAbd Allâh ibn ʿUmar, lequel raconta : “Le Messager de Dieu (paix et bénédictions de Dieu sur lui) désigna Zayd ibn Hâritha comme commandant lors de la bataille de Mu’ta. Puis il déclara : ‘Si Zayd est tué, alors (le commandement ira à) Jaʿfar, et s’il est tué, alors (ce sera) ʿAbd Allâh ibn Rawâḥa.’” ʿAbd Allâh, fils de ʿUmar, poursuivit : “J’étais parmi eux dans cette bataille. Nous cherchâmes Jaʿfar ibn Abî Ṭâlib et le trouvâmes parmi les tués. Nous avons dénombré sur son corps près de quatre-vingt-dix blessures, faites de coups de lance et de projectiles.” » Al-Bukhârî en est le seul rapporteur.
Al-Bukhârî nota également (5) : « Nous a rapporté Aḥmad, qui tenait de Ibn Wahb, d’après ʿAmr, d’après Ibn Abî Hilâl — il s’agit de Saʿîd ibn Abî Hilâl al-Laythî —, qui raconta : Nâfiʿ m’informa que Ibn ʿUmar lui dit qu’il s’était arrêté près de Jaʿfar ibn Abî Ṭâlib ce jour-là alors qu’il gisait tué, et il compta sur lui une cinquantaine de blessures par coups ou par traits, dont aucune n’était infligée dans le dos. » Al-Bukhârî est également seul à transmettre ce récit. Pour concilier cette version avec la précédente, on peut dire que Ibn ʿUmar (qu’Allâh l’agrée) releva ce nombre de blessures, tandis que d’autres en relevèrent davantage ; ou que ces cinquante blessures concernaient sa face avant, reçues alors qu’il était encore debout face à l’ennemi, avant d’être tué. Après sa chute, il se peut que d’autres coups lui aient été portés au dos, de sorte que Ibn ʿUmar n’a compté que celles qu’il avait reçues de face (qu’Allâh l’agrée).
Parmi les éléments qui confirment le récit d’Ibn Hishâm selon lequel sa main droite, qui tenait l’étendard, fut d’abord coupée, puis sa main gauche, on trouve ce que rapporta