Et l’imam Ahmad (1) a rapporté : « ‘Abd Allâh ibn Muhammad nous a rapporté — Abû Khâlid al-Ahmar, d’après al-Ḥajjâj, d’après al-Ḥakam, d’après Miqsam, d’après Ibn ‘Abbâs — que le Messager de Dieu (ﷺ) envoya une expédition vers Mu’ta. Il désigna Zayd comme commandant, puis, si Zayd venait à être tué, c’est Ja‘far qui prendrait la relève, et si Ja‘far était tué, alors Ibn Rawâḥa. Or, Ibn Rawâḥa resta en arrière et accomplit la prière du vendredi (jum‘a) avec le Prophète (ﷺ). Le Prophète (ﷺ) le remarqua et lui dit : « Qu’est-ce qui t’a retardé ? » Il répondit : « Je voulais prier le vendredi avec toi. » Alors le Prophète (ﷺ) dit : « Faire une sortie le matin ou le soir pour la cause de Dieu vaut mieux que ce monde et tout ce qu’il contient. »
L’imam Ahmad (2) a également rapporté : « Mu‘âwiya nous a rapporté — al-Ḥajjâj, d’après al-Ḥakam, d’après Miqsam, d’après Ibn ‘Abbâs — que le Messager de Dieu (ﷺ) avait envoyé ‘Abd Allâh ibn Rawâḥa à la tête d’une expédition. Celui-ci constata que le départ coïncidait avec le jour du vendredi. Il avança donc ses compagnons et dit : “Je resterai pour prier avec le Messager de Dieu (ﷺ) la prière du vendredi, puis je les rejoindrai.” » Ibn ‘Abbâs poursuit : « Lorsque le Prophète (ﷺ) eut accompli la prière du vendredi, il vit Ibn Rawâḥa et dit : “Pourquoi n’es-tu pas parti avec tes compagnons dès le matin ?” Il répondit : “J’ai voulu prier avec toi le vendredi, puis les rejoindre.” Le Prophète (ﷺ) lui répondit : “Même si tu dépensais tout ce qui est sur terre, tu ne rattraperais pas le mérite de leur départ matinal.” »
De ce ḥadith, At-Tirmidhî (3) a également transmis le récit selon le rapport d’Abû Mu‘âwiya, d’après al-Ḥajjâj — qui est Ḥajjâj ibn Arṭâh — puis il note la remarque de Shu‘ba disant qu’al-Ḥakam n’a entendu que cinq ḥadiths de Miqsam, et que celui-ci n’en fait pas partie. Quant à Ḥajjâj ibn Arṭâh, il y a un examen à faire sur ses transmissions — Dieu est plus savant. L’intention en citant ce récit est de montrer que la sortie des chefs vers Mu’ta a probablement eu lieu un vendredi, Dieu sait mieux.
Ibn Isḥâq (4) déclare : « Ils partirent ensuite jusqu’à ce qu’ils fassent halte à Ma‘ân, en terre de Shâm (5). Les gens apprirent alors qu’Héraclius (Herqil) était descendu à Ma’âb (6), dans la région du Balqâ’, avec cent mille soldats romains, auxquels s’étaient joints des contingents de Lakhm, Judhâm, al-Qayn, Bahra’ et Buliyy, eux aussi au nombre de cent mille, sous la direction d’un homme de la tribu de Buliyy, puis affilié à Irâsha, nommé Mâlik ibn Zâfila. » Dans une autre version transmise par Yûnus, d’après Ibn Isḥâq : « Ils apprirent qu’Héraclius était descendu à Ma’âb avec cent mille Romains et cent mille Arabes “musta‘ribah” [certains disent : les Romains étaient deux cent mille, et les autres cinquante mille. Et, selon le plus petit chiffre rapporté, les Romains étaient cent mille et les Arabes cinquante mille, comme le mentionne As-Suhaylî (7)]. Quand les musulmans surent cela, ils séjournèrent à Ma‘ân deux nuits, réfléchissant à leur situation et disant : “Nous allons écrire au Messager de Dieu (ﷺ) pour l’informer du grand nombre de nos ennemis : ou bien il nous envoie du renfort, ou bien il nous ordonne ce qu’il juge bon, et nous poursuivrons alors notre chemin.” »