Alors, untel… Il suffisait qu’ils en nomment cent pour qu’ils soient tous atteints.
Puis le Juif se mit à dire à Zayd : « Prépare ton testament, car tu ne reviendras jamais, si vraiment Muhammad est un Prophète. » Zayd répondit : « Je témoigne qu’il est un Prophète sincère et juste. » Rapporté par al-Bayhaqî (1).
Ibn Isḥâq a dit (2) : « Lorsque l’heure de leur départ fut venue, les gens prirent congé des chefs désignés par le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) et leur adressèrent leurs salutations. Quand ce fut au tour d’Abd Allâh ibn Rawâḥa de faire ses adieux parmi les autres, il se mit à pleurer. »
On lui demanda : « Qu’est-ce qui te fait pleurer, ô fils de Rawâḥa ? » Il répondit : « Par Dieu, je ne pleure ni par amour de ce monde ni par nostalgie pour vous, mais parce que j’ai entendu le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) réciter un verset du Livre de Dieu faisant mention du Feu : « Et il n’y a personne parmi vous qui ne doive y passer : c’est auprès de ton Seigneur une sentence déjà décrétée » [Maryam (19), v. 71]. Je ne sais donc pas comment je m’en sortirai, après y être arrivé. » Les musulmans lui dirent alors : « Que Dieu vous accompagne, vous protège et vous ramène à nous en bonne santé ! »
Abd Allâh ibn Rawâḥa (3) déclama : (mètre al-basîṭ)
« Mais moi, je demande au Tout-Miséricordieux Sa rémission,
Et un coup long et puissant, projetant son écume,
Ou bien une estocade par la main d’un farouche combattant,
Avec une lance qui transperce les entrailles et le foie,
Jusqu’à ce que, quand les gens passent près de mon tombeau, ils disent :
“Que Dieu guide cet homme parti en expédition, car il fut bel et bien guidé.” »
Ibn Isḥâq rapporte (4) : « Ensuite, les hommes se préparèrent à partir. Abd Allâh ibn Rawâḥa vint trouver le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), lui fit ses adieux, puis déclama (5) : (mètre al-basîṭ)
« Que Dieu consolide donc toute bonne chose qu’Il t’a accordée,
Comme Il affermit Moïse, et qu’Il te donne un secours semblable à celui qu’ils reçurent.
En toi j’ai perçu un bien par surcroît (6),
Dieu sait que mon regard est sûr (7).
Toi, tu es le Messager ; quiconque est privé de tes bienfaits
Et de l’illumination de ton visage sera vaincu par le sort. »
Ibn Isḥâq ajoute (8) : « Puis ils partirent et le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) sortit pour les accompagner. Lorsqu’il les avait quittés et s’en retournait, Abd Allâh ibn Rawâḥa déclara (9) : (mètre al-kâmil)
« La paix demeure sur l’homme à qui j’ai fait mes adieux, parmi les palmiers,
Le meilleur de ceux qui raccompagnent et le plus fidèle des compagnons. »