Nous nous séparâmes. Je dis alors : « Voilà un homme dont le père et le frère ont été tués à Badr. » Je rencontrai ensuite ‘Ikrima ibn Abî Jahl, à qui je répétai ce que j’avais dit à Safwân ibn Umayya. Il me répondit de la même manière que Safwân. Je lui dis : « Garde cela pour toi. » Il me répondit : « Je n’en parlerai pas. »
Je rentrai chez moi, ordonnai que l’on prépare ma monture et partis. En chemin, je rencontrai ‘Uthmân ibn Talha. Je pensai : « C’est un ami, peut-être me confierai-je à lui pour l’espoir que je nourris. » Puis je me souvins des siens qui avaient été tués, et je détestai raviver ce souvenir. Je me dis alors : « Qu’importe, puisque je pars à l’instant. » Je lui fis part de l’issue des événements et lui dis : « Nous sommes comme un renard dans son terrier : si quelqu’un y verse un seau d’eau, il finira par sortir. » Je lui dis aussi quelque chose de semblable à ce que j’avais dit à mes deux compagnons. Sans tarder, il me répondit : « Je suis justement sorti ce matin, décidé à partir ; ma chamelle est déjà agenouillée à Fakh. » Nous nous mîmes donc d’accord pour nous retrouver à Ya’jaj : s’il arrivait avant moi, il m’y attendrait, et si j’arrivais avant lui, je l’y attendrais.
Nous prîmes la route avant l’aube, et l’aurore ne s’était pas encore levée lorsque nous nous retrouvâmes à Ya’jaj. Nous poursuivîmes notre marche jusqu’à atteindre al-Hudda, où nous trouvâmes ‘Amr ibn al-‘Âs. Il nous salua : « Soyez les bienvenus ! » Nous lui rendîmes le salut, puis il nous demanda : « Vers où vous dirigez-vous ? » Nous lui répondîmes : « Qu’est-ce qui t’a fait sortir, toi ? » Il dit : « Et vous, qu’est-ce qui vous fait sortir ? » Nous dîmes : « Nous venons pour entrer en Islam et suivre Muhammad (ﷺ). » Il répliqua : « C’est aussi la raison de ma venue. » Nous cheminâmes donc tous ensemble jusqu’à ce que nous arrivions à Médine. Nous fîmes agenouiller nos montures derrière la Harra. Le Messager de Dieu (ﷺ) fut informé de notre arrivée et s’en réjouit.
Je mis mes plus beaux habits, puis me dirigeai vers le Messager de Dieu (ﷺ). Mon frère me croisa et me dit : « Hâte-toi, car le Messager de Dieu (ﷺ) a été mis au courant de ta venue, il s’en réjouit et vous attend. » Nous accélérâmes donc le pas, et lorsque je l’aperçus, il ne cessa de me sourire jusqu’à ce que je me tienne devant lui. Je le saluai avec la salutation propre à la prophétie, et il me rendit le salut avec un visage rayonnant. Je déclarai : « Je témoigne qu’il n’est de dieu que Dieu, et que tu es le Messager de Dieu. » Il me dit : « Approche. » Puis le Messager de Dieu (ﷺ) poursuivit : « Louange à Dieu qui t’a guidé. Je voyais bien que tu avais de la raison, et j’espérais qu’elle ne te conduirait qu’au bien. » Je repris : « Ô Messager de Dieu, tu as vu ce que je faisais autrefois, lorsque je persistais à m’opposer à la vérité ; invoque donc Dieu afin qu’Il m’en pardonne. » Le Messager de Dieu (ﷺ) dit : « L’Islam efface ce qui l’a précédé. » Je demandai : « Ô Messager de Dieu, est-ce vraiment le cas ? » Il répondit : « Ô Dieu, pardonne à Khâlid ibn al-Walîd tout ce qu’il a commis pour détourner de Ton chemin. »
Khâlid ajoute : « ‘Uthmân et ‘Amr s’avancèrent alors pour prêter serment d’allégeance au Messager de Dieu (ﷺ). Notre arrivée eut lieu en Ṣafar de la huitième année. Par Dieu, le Messager de Dieu (ﷺ) ne préférait personne à moi parmi ses Compagnons lorsque quelque chose le préoccupait. »
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Expédition de Shujâ‘ ibn Wahb al-Asadî contre un groupe de Hawâzin. Al-Wâqidî (1) a dit : [Il me fut rapporté] par Ibn Abî Sabrah, d’après Isḥâq ibn ‘Abd Allâh ibn Abî Farwah, d’après ‘Umar ibn