Ô Seigneur, facilite [ce qui doit l’être] et assiste-moi par Ta force et Ta puissance.
[L’an huit de l’Hégire]
Chapitre sur la conversion à l’Islam de ‘Amr ibn al-‘Āṣ, Khālid ibn al-Walīd et ‘Uthmān ibn Ṭalḥa.
Ils arrivèrent au début de l’an huit, comme il sera expliqué. Une partie de cet épisode a déjà été abordée dans le récit d’Ibn Isḥāq, après le meurtre d’Abū Rāfi‘ le Juif, en l’an cinq de l’Hégire. Toutefois, l’imām al-Bayhaqī(1) l’a mentionné ici après la ‘Umrat al-Qaḍā’. Il rapporte par la voie d’al-Wāqidī(2) : « ‘Abd al-Ḥamīd ibn Ja‘far nous informa, d’après son père, qui déclara : »
‘Amr ibn al-‘Āṣ a dit : « J’étais un ennemi obstiné de l’Islam. J’ai assisté à la bataille de Badr avec les polythéistes et j’en suis ressorti sain et sauf. J’étais aussi présent à Uḥud et j’en suis également sorti indemne. Puis, j’ai pris part à la bataille de la Tranchée et j’ai encore une fois échappé au danger. » Il poursuivit : « Je me suis alors demandé : “Combien de fois vais-je me mettre en pareille posture ? Par Dieu, Muḥammad vaincra certainement Qurayš !” Je me suis donc rendu à al-Waḥṭ(4) pour m’occuper de mes biens, tout en m’isolant des gens – c’est-à-dire en évitant leurs rencontres. Puis vint la Hudaybiya : le Messager de Dieu (ﷺ) rentra après la conclusion de la trêve, et Qurayš regagna La Mecque.
Je me disais : “L’année prochaine, Muḥammad va entrer à La Mecque avec ses compagnons. Ni La Mecque, ni Ṭā’if, ni aucune autre ville ne représentent une issue préférable au départ.” J’étais encore éloigné de l’Islam et je me disais que, même si tout Qurayš se convertissait, moi je ne le ferais pas. J’arrivai donc à La Mecque, où je rassemblai quelques hommes de ma tribu, qui suivaient mes vues, m’écoutaient et me plaçaient en position de décision lorsqu’un événement survenait.
Je leur dis : “Quelle place ai-je parmi vous ?” Ils répondirent : “Tu es l’homme de notre opinion et notre principal conseiller(5), doté d’un heureux instinct et d’une bénédiction dans tes entreprises.” Alors je leur déclarai : “Sachez que, par Dieu, je vois l’affaire de Muḥammad s’élever d’une manière singulière au-dessus de toutes les autres. J’ai conçu un projet.” Ils demandèrent : “De quoi s’agit-il ?” Je répondis : “Nous allons rejoindre le Négus d’Abyssinie pour demeurer auprès de lui. Si Muḥammad triomphe…” »