Et Jaʿfar… Alors, ʿAlî dit : « Je l’ai prise alors qu’elle est la fille de mon oncle paternel. » Et Jaʿfar dit : « Elle est la fille de mon oncle paternel, et sa tante maternelle est sous ma responsabilité. » Et Zayd dit : « C’est la fille de mon frère. » Le Prophète (ﷺ) la confia donc à sa tante maternelle (1) et déclara : « La tante maternelle tient lieu de mère. » Puis il dit à ʿAlî : « Tu es de moi et je suis de toi. » Il dit à Jaʿfar : « Tu ressembles à ma constitution et à mon caractère. » Et il dit à Zayd : « Tu es notre frère et notre allié. » ʿAlî demanda : « Ne te marieras-tu pas avec la fille de Ḥamza ? » Il répondit : « Elle est la fille de mon frère par l’allaitement. » Al-Bukhârî est le seul à rapporter ce récit selon cette chaîne de transmission.
Al-Wâqidî (2) a également rapporté l’histoire de la fille de Ḥamza. Il a dit : « ʿAbd Allâh ibn Abî Ḥabîba m’a raconté, d’après Dâwud ibn al-Ḥuṣayn, d’après ʿIkrima, d’après Ibn ʿAbbâs, que ʿUmâra, fille de Ḥamza ibn ʿAbd al-Muṭṭalib, dont la mère est Salmâ bint ʿUmays, se trouvait à La Mecque. Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) arriva, ʿAlî ibn Abî Tâlib l’interpella en disant : “Pourquoi laissons-nous la fille de notre oncle, orpheline, au milieu des polythéistes ?” Le Prophète (ﷺ) ne l’empêcha pas de l’emmener, si bien qu’on la fit sortir de La Mecque. »
Zayd ibn Ḥâritha, exécuteur testamentaire de Ḥamza – car le Prophète (ﷺ) les avait unis par un pacte de fraternité au moment où il avait uni les émigrés entre eux – intervint alors en disant : « J’ai plus de droits sur elle, car elle est la fille de mon frère. » Lorsque Jaʿfar l’apprit, il déclara : « Sa tante maternelle est comme sa mère, et j’ai plus de droits sur elle, car sa tante est chez moi, c’est-à-dire Asmâ’ bint ʿUmays. » De son côté, ʿAlî s’exclama : « N’est-ce pas étonnant que vous vous disputiez à mon sujet ? Elle est la fille de mon oncle paternel, je l’ai arrachée aux polythéistes, et vous n’avez sur elle aucune prééminence face à moi. Je suis donc le plus à même de la prendre en charge. »
Le Prophète (ﷺ) trancha en disant : « Je vais juger entre vous. Quant à toi, Zayd, tu es l’allié de Dieu et de Son Messager. [Quant à toi, ʿAlî, tu es mon frère et mon compagnon.] Et quant à toi, Jaʿfar, tu ressembles à ma constitution et à mon caractère. Toi, Jaʿfar, tu es prioritaire pour la prendre en charge, car sa tante maternelle est sous ta protection. En effet, on ne marie pas une femme en même temps que sa tante maternelle ou sa tante paternelle. » Il attribua donc la garde de la fillette à Jaʿfar.
Al-Wâqidî raconte encore : « Lorsque le Prophète (ﷺ) prononça ce jugement, Jaʿfar se mit à tourner en gambadant autour de lui. Le Messager de Dieu (ﷺ) demanda alors : “Qu’est-ce que cela, ô Jaʿfar ?” Il répondit : “Ô Messager de Dieu, le Negus, quand il voulait honorer quelqu’un, se levait et gambadait autour de lui pour manifester sa satisfaction.” On suggéra ensuite au Prophète (ﷺ) : “Épouse-la.” Il rétorqua : “Elle est la fille de mon frère par l’allaitement.” Puis il maria la fille de Ḥamza à Salama ibn Abî Salama. »
Le Prophète (ﷺ) disait alors : « Ai-je récompensé Salama ? » – allusion au fait qu’al-Wâqidî et d’autres ont rapporté que c’est Salama qui aurait marié le Messager de Dieu (ﷺ) à sa mère, Umm Salama, car il était plus âgé que son frère ʿUmar ibn Abî Salama, et Dieu est plus savant.
Ibn Isḥâq (3) a rapporté que le Messager de Dieu (ﷺ) revint à Médine au mois de Dhû al-Ḥijja, et que cette année-là, les polythéistes accomplirent eux-mêmes le pèlerinage. Ibn Hishâm (4) ajoute que, d’après ce qu’Abû ʿUbayda lui a transmis, Dieu a fait descendre, au sujet de cette ʿumra, Sa parole : « Certes, Dieu a tenu Sa promesse… » (Coran, Al-Fatḥ).