Laissez passer, ô fils des impies, laissez la voie libre devant lui… Laissez donc, car tout le bien réside en son Messager.
Ô Seigneur, je suis un croyant en ses paroles, je reconnais le droit de Dieu à ce qu’on les accepte.
Nous vous avons tués pour son interprétation, tout comme nous vous avons tués pour sa Révélation,
d’un coup qui sépare la tête de sa place et égare l’ami de son ami.
Ibn Hishâm (1) a déclaré : « Nous vous avons tués pour son interprétation… », et ainsi de suite, à propos de la suite des vers attribués à ‘Ammâr ibn Yâsir, mais dans un autre contexte que ce jour-là, faisant allusion au jour de Siffîn, d’après ce qu’affirme as-Suhaylî (2).
Ibn Hishâm ajoute : « La preuve en est que Ibn Rawâha ne visait que les polythéistes, lesquels ne reconnaissaient pas la Révélation. Or, on ne tue pour l’interprétation que celui qui reconnaît la Révélation. »
Ce qu’avance Ibn Hishâm mérite cependant un examen. En effet, l’hafiz al-Bayhaqî a rapporté, par plusieurs chaînes de transmission (3), d’après ‘Abd ar-Razzâq, d’après Ma‘mar, d’après az-Zuhrî, d’après Anas, que lorsque le Prophète (ﷺ) entra à La Mecque lors de la ‘Umra al-Qadâ’, ‘Abd Allâh ibn Rawâha marchait devant lui. Dans une autre version, il tenait le pommeau de sa selle (4), tout en récitant :
[vers en rajaz]
« Laissez, ô fils des impies, la voie libre à son passage…
Car le Tout-Miséricordieux l’a fait descendre dans Sa Révélation :
En vérité, la meilleure des morts est sur Son chemin…
[Nous vous avons tués pour son interprétation…] »
Dans une autre version, avec la même chaîne de transmission, on trouve :
[vers en rajaz]
« Laissez, ô fils des impies, la voie libre à son passage…
Aujourd’hui nous vous frapperons pour sa Révélation,
d’un coup qui détache la tête de sa place et fait oublier l’ami à son ami.
Ô Seigneur, je suis un croyant en ses paroles. »
Selon le récit de Yûnus ibn Bukayr (5), d’après Hishâm ibn Sa‘d, d’après Zayd ibn Aslam, lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) entra à La Mecque l’année de la ‘Umra al-Qadâ’, il fit le tour de la Ka‘ba sur sa chamelle et toucha l’angle (de la Ka‘ba) avec son bâton — Hishâm précisant qu’il n’y avait là aucune contrainte à le faire — tandis que les musulmans couraient autour de lui. ‘Abd Allâh ibn Rawâha récitait alors (6) :
[vers en rajaz]
« Au nom de Celui dont la religion est la seule vraie,
Au nom de Celui dont Muhammad est le Messager,
Laissez, ô fils des impies, la voie libre devant lui. »