La ‘Umra de la réparation (appelée aussi ‘Umrat al-Qaḍā’) est parfois nommée « ‘Umra du talion (al-qiṣāṣ) », nom auquel a donné la préférence as-Suhaylī, ou encore « ‘Umra du règlement (al-qaḍiyyah) ». Le premier nom fait référence au fait qu’elle compense la ‘Umra à laquelle on avait fait obstacle l’année du Traité d’al-Ḥudaybiyyah ; le deuxième est emprunté à la Parole du Très-Haut : « Et les interdits sacrés (al-ḥurumāt) appellent un talion (qiṣāṣ) » [al-Baqara : 194] ; le troisième provient de l’accord (muqāḍāh) qu’il conclut avec eux, stipulant qu’il rebrousserait chemin cette année-là puis reviendrait l’année suivante, qu’il n’entrerait à La Mecque qu’en ne portant qu’un équipement léger, et qu’il ne resterait pas plus de trois jours.
Cette ‘Umra est celle mentionnée dans la Parole de Dieu –dans la sourate Al-Fatḥ bénie– : « En vérité, Dieu a confirmé la vision de Son Messager en toute vérité : oui, vous entrerez, si Dieu le veut, en toute sécurité dans la Mosquée sacrée, en vous rasant la tête ou en la raccourcissant, sans craindre [aucun danger]. » [Al-Fatḥ : 27]. Nous l’avons traitée en détail dans notre livre “At-Tafsīr”, où nous avons fourni de quoi satisfaire l’investigation. C’est aussi la ‘Umra qui avait été promise dans cette parole du Prophète (ﷺ) à ‘Umar ibn al-Khaṭṭāb, lorsque ce dernier lui dit : « Ne nous avais-tu pas annoncé que nous entrerions dans la Maison sacrée et que nous l’entourerions de notre circumambulation ? » Le Prophète (ﷺ) répondit : « Oui, t’ai-je dit que tu le ferais cette année ? » ‘Umar répliqua : « Non. » Le Prophète (ﷺ) dit alors : « Tu y entreras bel et bien, et tu y feras le ṭawāf. » C’est à elle que fait allusion ‘Abd Allāh ibn Rawāḥah lorsqu’il précéda le Messager de Dieu (ﷺ) à l’entrée de La Mecque, le jour de la ‘Umra de la réparation, en disant (poésie rajaz) :
« Ô fils des mécréants, laissez libre le chemin !
Car aujourd’hui nous vous frapperons selon l’interprétation (ta’wīl),
Comme nous vous avions frappés selon la Révélation (tanzīl). »
Ce qui signifie : « Voilà l’interprétation de la vision que le Messager de Dieu (ﷺ) avait reçue, se concrétisant parfaitement comme l’aurore qui se lève. » Ibn Isḥāq rapporte : « À son retour de Khaybar vers Médine, le Messager de Dieu (ﷺ) y demeura durant les deux mois de Rabī‘, les deux mois de Jumādā, Rajab, Sha‘bān, Ramaḍān et Shawwāl, tout en y envoyant diverses expéditions au cours de cette période. Puis il sortit au mois de Dhū al-Qa‘dah —le mois où les polythéistes l’avaient précédemment empêché d’accomplir la ‘Umra— pour y accomplir la ‘Umra de la réparation en remplacement de celle dont on l’avait privé.» Ibn Hishām ajoute qu’il avait confié l’intendance de Médine à ‘Uwayf ibn al-Aḍbaṭ ad-Du’ilī. On l’appelle aussi « la ‘Umra du talion (al-qiṣāṣ) », car ils l’avaient empêché d’entrer durant le mois sacré de Dhū al-Qa‘dah de l’an 6 après l’Hégire ; le Prophète (ﷺ) exerça alors sa représaille en entrant à La Mecque, en Dhū al-Qa‘dah de l’an 7, dans ce même mois sacré où ils l’avaient précédemment empêché. Il nous est parvenu d’Ibn ‘Abbās qu’à cette occasion fut révélé ce verset : « Et les interdits sacrés appellent un talion. » [al-Baqara : 194].
Al-Mu‘tamir ibn Sulaymān raconte, dans son ouvrage “Maghāzī”, d’après son père : « Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) revint de Khaybar, il séjourna à Médine et dépêcha des expéditions jusqu’à ce que Dhū al-Qa‘dah débute. Il proclama alors à tous qu’il fallait se préparer pour la ‘Umra. Les gens se préparèrent et partirent en direction de La Mecque. »