Dans «les deux Sahîh» (al-Bukhârî et Muslim), on rapporte d’après Mâlik, de Thawr Ibn Zayd, d’Abû l-Ghayth, d’Abû Hurayra, que le Prophète (ﷺ) a transmis un propos semblable (1).
Al-Wâqidî (2) a dit : «Le Messager de Dieu (ﷺ) prépara ses Compagnons pour le combat et les aligna en rangs. Il remit son étendard à Saʿd Ibn ʿUbâda, confia une bannière à al-Ḥabbâb Ibn al-Mundhir, une autre à Sahl Ibn Ḥunayf, et une autre encore à ʿAbbâd Ibn Bishr. Puis il les appela à l’islam et leur annonça que, s’ils embrassaient cette religion, ils protégeraient ainsi leurs biens et préserveraient leur vie, tandis que leur jugement relèverait de Dieu.
»Il raconta qu’un homme parmi eux s’avança et que az-Zubayr Ibn al-ʿAwwâm sortit à sa rencontre et le tua. Ensuite, un autre homme s’avança, et ʿAlî se porta à sa rencontre et le tua. Puis, un troisième homme s’avança, et Abû Dujâna le tua. Il en fut ainsi jusqu’à ce qu’on eût tué onze d’entre eux. Chaque fois qu’un homme tombait, on invitait ceux qui restaient à l’islam. La prière arriva durant cette journée, et le Messager de Dieu (ﷺ) pria avec ses Compagnons. Puis il reprenait son appel à l’islam, à Dieu (– glorifié soit Sa majesté –) et à Son Messager, et combattit jusqu’au soir. Le lendemain matin, avant que le soleil ne s’élève de la longueur d’une lance, ils se rendirent. Il s’en empara donc de force. Dieu leur accorda leurs biens en butin, et ils trouvèrent un grand nombre d’effets et de biens. Le Messager de Dieu (ﷺ) demeura à Wâdî al-Qurâ quatre jours, partagea ce qu’ils avaient saisi entre ses Compagnons et laissa la terre ainsi que les palmiers entre les mains des Juifs, tout en passant un accord avec eux. Quand les Juifs de Taymâʾ apprirent ce que le Messager de Dieu (ﷺ) avait fait à Khaybar, à Fadak et à Wâdî al-Qurâ, ils conclurent avec lui un traité de paix moyennant la capitation (jizya), tout en conservant leurs biens. Par la suite, lorsque ʿUmar parvint au pouvoir, il expulsa les Juifs de Khaybar et de Fadak, mais non ceux de Taymâʾ et de Wâdî al-Qurâ, car ces deux derniers lieux se situaient dans les territoires du Shâm (Syrie). Il considérait en effet que la région s’étendant de Wâdî al-Qurâ à Médine faisait partie du Ḥijâz, tandis que ce qui se trouvait au-delà relevait de la Syrie.
»Il ajouta : “Ensuite, le Messager de Dieu (ﷺ) repartit en direction de Médine après avoir achevé ce qu’il avait à faire à Khaybar et à Wâdî al-Qurâ, et Dieu (– glorifié soit Sa majesté –) lui accorda ces butins.”
Al-Wâqidî (3) a aussi rapporté — d’après Yaʿqûb Ibn Muḥammad, d’après ʿAbd ar-Raḥmân Ibn ʿAbd Allâh Ibn Abî Saʿṣaʿa, d’après al-Ḥârith Ibn ʿAbd Allâh Ibn Kaʿb, d’après Umm ʿUmâra — qu’elle a dit : «J’ai entendu le Messager de Dieu (ﷺ) à al-Jurf dire : “Ne surprenez pas vos femmes après la prière du ʿIshâʾ (4).”»
Elle poursuivit : «Un homme de notre clan s’en alla donc chez lui sans prévenir, et il découvrit quelque chose qui le contraria. Il le laissa s’en aller sans rien dire et, par considération pour son épouse à laquelle il tenait — car il en avait des enfants et l’aimait —, il ne voulut pas la répudier. Il avait ainsi désobéi au Messager de Dieu (ﷺ) et fit face à ce qui lui déplaisait.»