Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

L’ennemi de Dieu s’est échappé. Par Dieu, si nous l’avions su, il y aurait eu entre nous et lui une affaire.

Il dit : Ils ne tardèrent (1) pas avant de recevoir la nouvelle à ce sujet. C’est ainsi qu’Ibn Isḥāq rapporta cette histoire de façon incomplète.

L’imam Aḥmad ibn Ḥanbal (2) l’a cependant transmise avec une chaîne de transmission, en disant : « ‘Abd ar-Razzāq nous a rapporté, Ma‘mar nous a rapporté, j’ai entendu Thābit raconter d’après Anas qui a dit : Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) conquit Khaybar, al-Ḥajjāj ibn ‘Ilāṭ dit : “Ô Messager de Dieu, je possède des biens à la Mecque, j’y ai aussi une famille, et je désire m’y rendre. M’autorises-tu à dire de toi ce que je veux ou à dire quelque chose (te concernant) ?” Le Messager de Dieu (ﷺ) lui permit alors de dire ce qu’il souhaitait.

Al-Ḥajjāj se rendit auprès de son épouse dès son arrivée et lui dit : “Rassemble pour moi tout ce que tu possèdes, car je veux acheter le butin obtenu sur Muḥammad et ses compagnons. Ceux-ci ont été mis à sac et leurs biens ont été pris.” Il ajoute : “La nouvelle se répandit alors à la Mecque ; les musulmans y furent accablés (3) et les polythéistes manifestèrent joie et allégresse.”

Il dit encore : “Lorsque la nouvelle parvint à al-‘Abbās, il en fut bouleversé et ne parvenait plus à se lever.” Ma‘mar poursuit : “C’est ‘Uthmān al-Jazarī qui m’en a informé, d’après Miqsam, en disant : ‘Al-‘Abbās rassembla son fils nommé Qutham, s’allongea et le posa sur sa poitrine, tout en récitant :

[Extrait d’un vers de rajaz]

« Ô Qutham, salut à toi, (ô Qutham)
Ressemblant à celui au nez altier,
Prophète comblé de bienfaits,
En dépit de qui s’en indignerait. »

Thābit rapporte, d’après Anas : Il envoya alors l’un de ses serviteurs auprès d’al-Ḥajjāj ibn ‘Ilāṭ en disant : “Malheur à toi ! Qu’apportes-tu donc et que racontes-tu ? Ce qu’Allah a promis est meilleur que ce dont tu parles.” Al-Ḥajjāj ibn ‘Ilāṭ dit à ce serviteur : “Transmets mes salutations à Abū l-Faḍl et dis-lui de me laisser un moment dans l’une de ses maisons, afin que je vienne à lui, car j’ai une bonne nouvelle pour lui.” Le serviteur s’exécuta et, lorsqu’il atteignit la porte de la demeure (d’al-‘Abbās), il s’exclama : “Réjouis-toi, Abū l-Faḍl !” Al-‘Abbās se leva aussitôt, radieux, et l’embrassa entre les deux yeux. Le serviteur l’informa alors des paroles d’al-Ḥajjāj, si bien qu’al-‘Abbās l’affranchit.

Puis al-Ḥajjāj arriva et expliqua qu’en réalité le Messager de Dieu (ﷺ) avait conquis Khaybar, s’était emparé de leurs biens, que les biens de Khaybar avaient été répartis selon les parts d’Allah, et que le Messager de Dieu (ﷺ) avait choisi Ṣafiyya bint Ḥuyayy, la prenant pour lui-même. Il lui laissa le choix : être affranchie et devenir son épouse, ou rejoindre sa famille ; et elle opta pour la liberté et pour être son épouse.

Al-Ḥajjāj ajouta : “Cependant, je suis venu pour récupérer les biens que je possède ici, et j’ai demandé au Messager de Dieu (ﷺ) la permission de dire ce que je voulais. Il m’a laissé faire. Épargne-moi donc pendant trois jours, puis divulgue ce que tu voudras.” Il indique : “Mon épouse rassembla alors tout ce qu’elle détenait en parures et en effets, me les remit, puis je partis avec.” Et lorsque vint

(1) Dans (Ā) : « Et ils ne tardèrent pas » avec la mention explicite de (Ṭ). (2) Dans « al-Musnad » (tome 3, pp. 138-139), dont la chaîne de transmission est authentique. (3) C’est-à-dire : comme s’ils avaient été frappés avec un fléau - un instrument en fer semblable à un gourdin, utilisé pour frapper la tête de l’éléphant - métaphore de l’oppression et de l’humiliation. Voir « Mukhtār al-Ṣiḥāḥ » (s.v. Qam‘). (4) Ce qui se trouve entre parenthèses est un ajout tiré de « al-Musnad » de l’imam Aḥmad ibn Ḥanbal.
انفلت عدوُّ اللّه، أما والله لو علمنا لكان لنا وله شأن. قال: ولم يَنْشَبُوا (١) أن جاءهم الخبر بذلك. هكذا ذكر ابن إسحاق هذه القصة منقطعةً. وقد أسند ذلك الإمام أحمد بن حنبل (٢) فقال: ثنا عبد الرزاق، ثنا مَعْمَر، سمعت ثابتًا يُحَدِّث عن أنس قال: لما افتتح رسول اللّه ﷺ خَيْبَرَ، قال الحَجَّاج بن عِلَاط: يا رسول الله، إن لي بمكّة مالًا، وإن لي بها أهلًا، وإنِّي أُريد أن آتيهم، أفأنا في حلٍّ إن أنا نِلْتُ مِنْكَ أو قلت شيئًا؟ فأذن له رسول اللّه ﷺ أن يقول ما شاء، فأتى امرأته حين قدم فقال: اجمعي لي ما كان عندكِ؛ فإني أُريد أن أشتري من غنائم محمدٍ وأصحابه، فإنهم قد استُبيحوا وأُصيبت أموالهم. قال: وفشى ذلك بمكَّة، فانقمع (٣) المسلمون وأظهر المشركون فرحًا وسرورًا. قال: وبلغ الخبر العباس فعقر، وجعل لا يستطيع أن يقوم. قال مَعْمَر: فأخبرني عُثمان الجَزَريُّ، عن مِقْسَم قال: فأخذ ابنًا له يقال له: قُثَم. واستلقى ووضعه على صدره وهو يقول: [من مجزوء الرجز] حَيَّ قُثَم [حيَّ قثم] (٤) شَبيه ذي الأَنْفِ الأَشَمّ نَبيِّ ذي النِّعَمْ بِرَغْمِ مَنْ رَغِمْ قال ثابت: عن أنس: ثم أرسل غلامًا له إلى الحجاج بن علاط: ويلك ما جئت به وماذا تقول؟ فما وعد الله خير مما جئت به، فقال الحجاج بن علاط لغلامه: أقرئ على أبي الفضل السلام، وقل له فليخل لي في بعض بيوته لآتيه، فإنّ الخبر على ما يسرُّه. فجاء غلامه، فلمَّا بلغ باب الدار قال: أبشر يا أبا الفضل. قال: فوثب العباس فرحًا حتى قبَّل بين عينيه، فأخبره ما قال الحجاج فأعتقه. قال: ثم جاءه الحَجَّاج فأخبره أن رسول اللّه ﷺ قد افتتح خيبر وغنم أموالهم، وجرت سهام اللّه في أموالهم، واصطفى رسول اللّه ﷺ صفية بنت حُييٍّ واتخذها لنفسه، وخيَّرها أن يعتقها وتكون زوجة، أو تلحق بأهلها، فاختارت أن يعتقها وتكون زوجته. قال: ولكني جئت لمال كان لي هاهنا أردت أن أجمعه فأذهب به، فاستأذنت رسول اللّه ﷺ ، فأذن لي أن أقول ما شئت، فأخف عليَّ ثلاثًا، ثم اذكر ما بدا لك. قال: فجمعت امرأته ما كان عندها من حليٍّ ومتاع، فجمعته ودفعته إليه، ثم استمرَّ به، فلمَّا كان
(١) في (آ): "ولم يلبثوا" وأثبت لفظ (ط). (٢) في "المسند" (٣/ ١٣٨ و ١٣٩)، وإسناده صحيح. (٣) أي: كأنهم ضربوا بالمقمعة - وهي آلة من حديد كالمحجن يضرب بها على رأس الفيل - كناية عن القهر والذّلِّ. انظر "مختار الصحاح" (قمع). (٤) ما بين الحاصرتين استدركته من "المسند" للإمام أحمد بن حنبل.

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