Le Prophète ﷺ s’éveilla, mais ni Bilal ni aucun de ses Compagnons ne s’étaient encore réveillés, jusqu’à ce que le soleil les frappât de ses rayons. Le Messager d’Allah ﷺ fut le premier d’entre eux à émerger. Il s’alarma et dit : « Ô Bilal ! » Celui-ci répondit : « Le même sommeil qui t’a saisi m’a saisi, que mon père et ma mère te soient sacrifiés, ô Messager d’Allah. »
Ils firent alors avancer leurs montures d’un certain bout de chemin, puis le Messager d’Allah ﷺ fit ses ablutions et ordonna à Bilal de faire l’iqâma (1) de la prière. Il dirigea alors la prière de l’aube pour eux. Lorsqu’il l’eut accomplie, il déclara : « Celui qui oublie une prière, qu’il la fasse dès qu’il s’en souvient, car Allah – Exalté soit-Il – a dit : ﴿وَأَقِمِ الصَّلَاةَ لِذِكْرِي﴾ (2) [Tâhâ : 14]. » Yûnus a rapporté qu’Ibn Shihâb la récitait de la même manière.
C’est également ainsi que Muslim l’a mentionné (3), par l’intermédiaire de Hurmala ibn Yahyâ, rapportant d’Abdallah ibn Wahb. Il y est précisé que cela se produisit à leur retour de Khaybar. Quant au hadith transmis par Shu‘ba, d’après Jâmi‘ ibn Shaddâd, d’après ‘Abd al-Rahmân ibn Abî ‘Alqama, d’après Ibn Mas‘ûd, il indique que cela se déroula lorsqu’ils revenaient de Al-Hudaybiya. Dans une version, c’est Bilal qui avait la charge de veiller sur eux ; dans une autre, c’est lui encore qui veillait.
L’hâfiẓ al-Bayhaqî (4) a dit : « Il se peut que cet incident se soit produit deux fois. » Il ajoute : « Dans le hadith d’Imrân ibn Husayn et d’Abû Qatâda, il est relaté qu’ils s’endormirent et manquèrent la prière, et l’on y mentionne également l’histoire de la mîda’a (la gourde ou le récipient d’eau). Il est alors possible que cet épisode corresponde à l’un de ces deux moments ou à une troisième occurrence. » Il poursuit : « Al-Wâqidî rapporte, dans le hadith d’Abû Qatâda, que cela eut lieu à leur retour de l’expédition de Tabûk. » Al-Bayhaqî dit encore : « Zâfir ibn Sulaymân a cité, d’après Shu‘ba, d’après Jâmi‘ ibn Shaddâd, d’après ‘Abd al-Rahmân, d’après Ibn Mas‘ûd, que cela se produisit à leur retour de Tabûk. Allah est plus savant. »
Al-Bayhaqî (5) rapporte ensuite ce que l’auteur du “Ṣaḥîḥ” (6) a consigné à propos de l’histoire d‘Awf l’Arabique, d’après Abû Rajâ’, d’après ‘Imrân ibn Husayn, au sujet du fait qu’ils s’étaient endormis et n’avaient pas accompli la prière, ainsi que l’histoire de la femme aux deux outres, dont l’eau servit à abreuver toute l’armée sans que la quantité n’en fût diminuée. Puis il mentionne le récit que Muslim (7) a transmis d’après Thâbit al-Bunânî, d’après ‘Abdallah ibn Rabâḥ, d’après Abû Qatâda, un hadith long qui relate également leur sommeil au-delà de l’heure de la prière et la multiplication de l’eau à partir de cette mîda’a.