Ce jour-là, le Messager de Dieu (ﷺ) fut saigné par le serviteur des Banû Bayâda, au moyen d’une corne et d’une lame. Le Messager de Dieu (ﷺ) vécut encore trois années après cela, jusqu’à la maladie dont il mourut. Il déclara : « Je n’ai cessé de ressentir l’effet du morceau que j’ai mangé de la brebis, le jour de Khaybar, jusqu’à ce que vînt l’instant où mon ‘abhar’ se rompt. » C’est ainsi que le Messager de Dieu (ﷺ) mourut en martyr (1).
Muhammad ibn Ishâq (2) a rapporté : Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) fut installé et en sécurité, Zaynab bint al-Hârith, l’épouse de Sallâm ibn Mishkam, lui offrit une brebis rôtie. Elle avait demandé auparavant : « Quelle est la partie que le Messager de Dieu (ﷺ) préfère ? » On lui répondit : « L’épaule. » Elle en mit donc beaucoup de poison, puis en enduisit également le reste de la brebis avant de la lui apporter. Lorsqu’elle la déposa devant lui, il en prit l’épaule, en mâcha un morceau sans l’avaler. À ses côtés se trouvait Bishr ibn al-Barâ’ ibn Ma’rûr, qui en prit autant que le Messager de Dieu (ﷺ). Or, Bishr l’avala, tandis que le Messager de Dieu (ﷺ) la recracha, puis déclara : « Ce morceau me prévient qu’il est empoisonné. » Il fit appeler Zaynab et elle avoua. Il lui demanda : « Qu’est-ce qui t’a poussée à agir ainsi ? » Elle répondit : « Tu sais ce que j’ai subi de la part de mon peuple. Je me suis dit : s’il est un imposteur, je serai débarrassée de lui ; et s’il est un Prophète, il en sera informé. » Le Messager de Dieu (ﷺ) lui pardonna alors, mais Bishr mourut de ce qu’il avait mangé.
Ibn Ishâq (3) a dit : Marwân ibn ‘Uthmân ibn Abî Sa’îd ibn al-Ma’llâ m’a rapporté qu’au moment de la maladie dont il mourut, le Messager de Dieu (ﷺ) – alors qu’Om Bishr, la sœur de Bishr ibn al-Barâ’, était auprès de lui – avait dit : « Ô Om Bishr, c’est maintenant que je ressens la rupture de mon ‘abhar’, à cause de la bouchée que j’avais mangée avec ton frère à Khaybar. » Ibn Hichâm ajoute : L’‘abhar’ est la veine reliée au cœur. Selon les musulmans, le Messager de Dieu (ﷺ) mourut en martyr, en plus de la noblesse dont Dieu l’avait honoré par la prophétie.
Le hâfiz Abû Bakr al-Bazzâr (4) a rapporté : « Hilâl ibn Bishr et Sulaymân ibn Sayf al-Harrânî nous ont dit : “Abû ‘Attâb Sahl ibn Hammâd nous a dit, d’après ‘Abd al-Malik ibn Abî Nadrah, d’après son père, d’après Abû Sa‘îd al-Khudrî, qu’une femme juive offrit au Messager de Dieu (ﷺ) une brebis cuite. Lorsque les gens étendirent la main pour en manger, le Messager de Dieu (ﷺ) dit : ‘Retirez vos mains, car l’un de ses membres m’informe qu’elle est empoisonnée.’ On fit venir celle qui l’avait préparée et il lui demanda : ‘As-tu empoisonné ta nourriture ?’ Elle répondit : ‘Oui.’ Il reprit : ‘Qu’est-ce qui t’y a poussée ?’ Elle répondit : ‘Je voulais, si tu étais un menteur, soulager les gens de toi. Et si tu étais un Prophète, Dieu t’en informerait.’ Alors, il reprit sa nourriture en disant : ‘Mangez au nom de Dieu.’ Nous avons donc mangé, et comme nous avions mentionné le nom de Dieu, rien ne nous nuisit.” » Abû Bakr al-Bazzâr conclut : « Ce récit n’est transmis que par cette unique chaîne, et il présente des éléments singuliers et étonnants, Dieu le sait mieux. »