Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Puis Abou Dâwoud (1) a dit : « Wahb ibn Baqiyya nous a rapporté (thana), Khalid nous a rapporté, d’après Muhammad ibn ‘Amr, d’après Abou Salama, que le Messager de Dieu (ﷺ) reçut en cadeau, de la part d’une Juive de Khaybar, une brebis rôtie, suivant le récit de Jâbir. Il fut dit : “Alors Bishr ibn al-Barâ’ ibn Ma‘rour se présenta, et le Prophète (ﷺ) envoya chercher la Juive en lui disant : ‘Qu’est-ce qui t’a poussée à faire cela ?’” Et il raconta des propos semblables à ce qu’a rapporté Jâbir. Le Messager de Dieu (ﷺ) ordonna qu’elle soit mise à mort. Il n’est pas fait mention de la saignée (hijâma). »

Al-Bayhaqî (2) dit : « Nous l’avons aussi rapporté via Hammâd ibn Salama, d’après Muhammad ibn ‘Amr, d’après Abou Salama, d’après Abou Hourayra. Il est possible qu’au début le Prophète (ﷺ) ne l’ait pas exécutée, mais, lorsque Bishr ibn al-Barâ’ trouva la mort, il ordonna ensuite qu’elle fût tuée. »

Al-Bayhaqî (3) rapporta également, selon ‘Abd al-Razzâq, d’après Ma‘mar, d’après al-Zouhrî, d’après ‘Abd al-Rahmân ibn Ka‘b ibn Mâlik, qu’une femme juive apporta au Messager de Dieu (ﷺ), à Khaybar, une brebis rôtie. Il lui demanda : « Qu’est-ce donc ? » Elle répondit : « Un cadeau », de peur de dire « une aumône » – ce qui l’aurait empêché d’en manger. Le Prophète (ﷺ) mangea donc avec ses Compagnons, puis il dit : « Arrêtez ! » Il demanda alors à la femme : « As-tu empoisonné cette brebis ? » Elle rétorqua : « Qui te l’a dit ? » Il répondit : « Cet os de la patte », qu’il tenait alors en main. Elle reconnut : « Oui. » Il poursuivit : « Pourquoi ? » Elle dit : « Si tu étais un imposteur, nous aurions été débarrassés de toi. Mais si tu es un Prophète, cela ne te nuirait pas. » Le Prophète (ﷺ) se fit alors faire une saignée au niveau du haut du dos et ordonna à ses Compagnons d’en faire autant. Certains d’entre eux moururent. Al-Zouhrî indiqua qu’elle se convertit à l’islam, et le Prophète (ﷺ) la laissa alors en vie. Al-Bayhaqî précisa que ce hadith est mursal, et il se peut que ‘Abd al-Rahmân l’ait reçu de Jâbir ibn ‘Abd Allâh (qu’Allah l’agrée).

Ibn Luhay‘a, via Abou al-Aswad, d’après ‘Urwa, ainsi que Moussa ibn ‘Uqba, d’après al-Zouhrî, ont rapporté ceci : « Lorsque le Messager de Dieu (ﷺ) conquit Khaybar et fit exécuter ceux qui devaient l’être, Zaynab bint al-Hârith, la Juive – elle était la nièce de Marhab – offrit à Safiyya une brebis rôtie empoisonnée. Elle avait particulièrement badigeonné l’épaule et la patte de la bête, sachant que le Prophète (ﷺ) aimait particulièrement ces morceaux. Le Messager de Dieu (ﷺ) entra alors auprès de Safiyya, accompagné de Bishr ibn al-Barâ’ ibn Ma‘rour, l’un des Banou Salima. On leur présenta la brebis rôtie ; le Prophète (ﷺ) en prit l’épaule et en détacha un morceau, et Bishr en fit de même avec un autre os. Lorsque le Prophète (ﷺ) avala sa bouchée, Bishr avala ce qu’il venait de mâcher. Alors le Prophète (ﷺ) s’exclama : “Relevez vos mains, car l’épaule de cette brebis m’avertit qu’elle est empoisonnée.” Bishr ibn al-Barâ’ déclara : “Par Celui qui t’a honoré, j’ai bien remarqué une saveur étrange en la mangeant, mais je n’ai pas voulu la recracher pour ne pas troubler ton repas. Puis, voyant que tu l’avais avalée, je n’ai pas souhaité me soucier de ma propre personne plus que de la tienne, et j’espérais que cette bouchée n’était pas empoisonnée.” Bishr ne put se lever de sa place qu’après avoir vu son teint virer à la couleur d’un taylasân (étoffe) et son mal s’accentua au point qu’il ne pouvait se déplacer qu’avec aide. Al-Zouhrî précise : “Jâbir ajouta : ‘Puis il (le Prophète) se fit faire une saignée.’” »

(1) Dans « Sunan » n° 4511, il s'agit d'un hadith mursal de ce genre, alors qu'Abu Salama, fils d'Abd al-Rahman ibn Awf, n'a pas rencontré le Prophète ﷺ (Bachār). (2) Voir « Dalāʾil an-Nubuwwa » (4/262). (3) Dans « Dalāʾil an-Nubuwwa » (4/260). (4) C'est-à-dire : il a avalé.
ثم قال أبو داود (١) : ثنا وهب بن بقيَّة، ثنا خالد، عن محمد بن عمرو، عن أبي سلمة أن رسول اللّه ﷺ أهدت له يهوديَّة بخيبر شاة مَصْلِيَّةً، نحو حديث جابر، قال: فات بشْر بن البَرَاء بن مَعْرُور، فأرسل إلى اليهوديَّة، فقال: "ما حملكِ على الذي صنعت؟ " فذكر نحو حديث جابر، فأمر بها رسول اللّه ﷺ فقتلت. ولم يذكر أمر الحِجَامة. قال البيهقيُّ (٢) : ورويناه من حديث حَمَّاد بن سلمة، عن محمد بن عمرو، عن أبي سلمة، عن أبي هُريرة. قال: ويحتمل أنه لم يقتلها في الابتداء، ثم لما مات بشر بن البَرَاء أمر بقتلها. وروى البيهقيُّ (٣) من حديث عبد الرزَّاق، عن مَعْمَر، عن الزهريِّ، عن عبد الرحمن بن كعب بن مالك، أن امرأة يهوديَّة أَهْدَت إلى رسول اللّه ﷺ شاة مَصْلِيَّةً بخيبر، فقال: "ما هذه؟ " قالت: هديَّة. وحذرت أن تقول: صدقة. فلا يأكل. قال: فأكل وأصحابه، ثم [قال:] "أمسكوا" . ثم قال للمرأة: "هل سممت هذه الشَّاة؟ " قالت: من أخبرك هذا؟ قال: "هذا العظم" لساقها، وهو في يده. قالت: نعم. قال: "لم؟ " قالت: أردت إن كنت كاذبًا أن نستريح منك، وإن كنت نبيًّا لم يضرَّك. قال: فاحتجم رسول اللّه ﷺ على الكاهل، وأمر أصحابه فاحتجموا، ومات بعضهم. قال الزهريُّ: فأسلمت، فتركها النَّبِيُّ ﷺ . قال البيهقيُّ، هذا مرسل، ولعله قد يكون عبد الرحمن حمله عن جابر بن عبد اللّه، (رضي الله عنه) . وذكر ابنُ لهيعة، عن أبي الأسود، عن عُرْوَة، وكذلك موسى بن عقبة، عن الزهريِّ قالوا: لما فتح رسول اللّه ﷺ خيبر، وقتل منهم من قتل، أهدت زينب بنت الحارث اليهوديَّة - وهي ابنة أخي مرحب - لصفيَّة شاة مَصْلِيَّةً وسمَّتها، وأكثرت في الكتف والذِّراع؛ لأنه بلغها أنه أحبُّ أعضاء الشاة إلى رسول اللّه ﷺ ، فدخل رسول اللّه ﷺ على صفيَّة، ومعه بشر بن البَرَاء بن مَعْرُور، وهو أحد بني سلِمة، فقدَّمت إليهم الشاة المصليَّة، فتناول رسول اللّه ﷺ الكتف، وانتهش منها، وتناول بِشر عظمًا فانتهش منه، فلما استرط رسول الله ﷺ لقمته، اسْتَرَط (٤) بِشر بن البراء ما في فيه، فقال رسول اللّه ﷺ : "ارفعوا أيديكم؛ فإن كتف هذه الشاة يخبرني أني نعيت فيها" . فقال بشر بن البراء: والذي أكرمك لقد وجدت ذلك في أُكلتي التي أكلتُ فما منعني أن ألفظها إلا أنِّي أعظمتك أن أنغِّصك طعامك، فلمَّا [أَسَغْتَ] ما في فيك، لم أرغب بنفسي عن نفسك، ورجوت أن لا تكون استرطتها وفيها نعي. فلم يقم بشر من مكانه حتى عاد لوْنُهُ كالطَّيلسان، وماطله وجعه، حتى كان لا يتحوَّل حتى يحوّل. قال الزهريُّ: قال جابر: واحتجم
(١) في "سننه" رقم (٤٥١١) وهو مرسل من هذا الوجه، فأبو سلمة وهو ابن عبد الرحمن بن عوف لم يدرك النَّبِيّ ﷺ (بشار). (٢) انظر "دلائل النبوة" (٤/ ٢٦٢). (٣) في "دلائل النبوة" (٤/ ٢٦٠). (٤) أي: ابتلع.

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