Empoisonnée. Il (le Prophète ﷺ) lui dit alors : « Qu’est-ce qui t’a poussée à faire cela ? » Elle répondit : « Je voulais savoir : si tu étais Prophète, Dieu t’informerait (du poison), et si tu étais menteur, je soulagerais ainsi les gens de toi. » Il est dit ensuite : « Le Messager de Dieu ﷺ ne lui fit rien. » Rapporté par Abou Dâwoud (1), d’après Hāroun ibn Abd Allāh, d’après Sa‘īd ibn Sulaymān, selon la même chaîne de transmission.
Puis l’Imam Al-Bayhaqī (2) rapporta, par la voie de ‘Abd al-Malik ibn Abī Naḍrah, d’après son père, d’après Jābir ibn ‘Abd Allāh, un récit similaire.
L’Imam Aḥmad (3) rapporta : « Nous raconta Suraïj, nous raconta ‘Abbād, d’après Hilāl – c’est Hilāl ibn Khabbāb – d’après ‘Ikrimah, d’après Ibn ‘Abbās : qu’une femme d’origine juive offrit au Messager de Dieu ﷺ un mouton empoisonné. Il la fit venir et lui demanda : “Qu’est-ce qui t’a poussée à faire cela ?” Elle répondit : “J’ai aimé – ou j’ai voulu – que si tu étais Prophète, Dieu t’en informerait, et si tu ne l’étais pas, je soulagerais les gens de toi.” » Il est ensuite rapporté : « Le Messager de Dieu ﷺ, chaque fois qu’il ressentait les suites de ce poison, avait recours à la saignée (ḥijâmah). Puis, lors d’un voyage, alors qu’il venait de se mettre en état de sacralisation (iḥrām), il en ressentit quelque chose et eut recours à la saignée. » Ce récit est rapporté uniquement par Aḥmad et sa chaîne de transmission est jugée bonne.
Dans les deux Ṣaḥīḥ (4), d’après un hadith de Shou‘bah, selon Hishām ibn Zayd, d’après Anas ibn Mālik, on rapporte qu’une femme juive vint trouver le Messager de Dieu ﷺ avec un mouton empoisonné, dont il mangea. On la conduisit alors au Messager de Dieu ﷺ, et il l’interrogea à ce sujet. Elle dit : « Je voulais te tuer. » Il répondit : « Dieu ne te donnera aucun pouvoir sur moi », ou : « sur cela. » Les compagnons dirent : « Ne devons-nous pas la tuer ? » Il (le Prophète) répondit : « Non. » Anas dit : « J’ai toujours remarqué la trace de ce poison dans la gorge du Messager de Dieu ﷺ. »
Abou Dâwoud (5) rapporta : « Nous raconta Sulaymān ibn Dāwoud al-Mahri, nous raconta Ibn Wahb, qui me transmit de Younus, d’après Ibn Shihāb : Jābir ibn ‘Abd Allāh racontait qu’une femme juive de Khaybar fit rôtir un mouton et y mit du poison, avant de l’offrir au Messager de Dieu ﷺ. Le Messager de Dieu ﷺ prit un morceau d’épaule et en mangea, de même qu’un groupe de ses compagnons. » Puis le Messager de Dieu ﷺ leur dit : « Retirez vos mains ! » Il envoya quelqu’un chercher la femme, et on la fit venir. Alors il lui demanda : « As-tu empoisonné ce mouton ? » La femme juive répondit : « Qui te l’a appris ? » Il déclara : « C’est ce morceau (d’épaule) que j’ai dans la main qui m’en a informé. » Elle dit : « Oui. » Il demanda : « Qu’est-ce qui t’a poussée à faire cela ? » Elle répondit : « J’ai pensé : si tu étais Prophète, le poison ne te nuirait pas, et si tu ne l’étais pas, nous serions débarrassés de toi. » Le Messager de Dieu ﷺ lui accorda alors son pardon et ne la punit pas. Cependant, l’un des compagnons ayant mangé du mouton décéda. Le Prophète ﷺ pratiqua ensuite une saignée sur le haut de son dos (kāhil) à cause de ce qu’il avait ingéré, et ce fut Abou Hind, qui appartenait aux Banū Bayāḍah parmi les Anṣār, qui exécuta la saignée au moyen d’une corne et d’un couteau tranchant.