Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

En particulier, il en prélevait la dépense nécessaire pour sa famille durant un an, puis considérait le surplus comme un bien appartenant à Dieu, qu’il affectait à l’entretien des montures, à l’armement et aux intérêts de la communauté musulmane. Lorsque le Prophète (que la prière et le salut de Dieu soient sur lui) mourut, Fâtima ainsi que les épouses du Prophète (que la prière et le salut de Dieu soient sur lui), ou la plupart d’entre elles, pensèrent que ces terres devaient leur revenir en héritage, sans qu’elles aient été informées de cette parole authentiquement rapportée de lui (que la prière et le salut de Dieu soient sur lui) :

« Nous, les Prophètes, ne laissons pas d’héritage ; ce que nous laissons est une aumône. (1) »

Lorsque Fâtima, les épouses du Prophète (que la prière et le salut de Dieu soient sur lui) et Al-‘Abbâs réclamèrent leur part en demandant à Abou Bakr As-Siddîq de la leur remettre, il leur rappela précisément cette parole du Messager de Dieu (que la prière et le salut de Dieu soient sur lui) :

« Nous ne laissons pas d’héritage ; ce que nous laissons est une aumône. »

Il ajouta : « Je prendrai en charge ceux que prenait en charge le Messager de Dieu (que la prière et le salut de Dieu soient sur lui), et, par Dieu, je tiens davantage à soutenir la parenté du Messager de Dieu (que la prière et le salut de Dieu soient sur lui) que la mienne propre. » Il dit vrai – que Dieu l’agrée et l’honore –, car il était droit et juste en cette affaire, suivant la vérité. Al-‘Abbâs et ‘Alî – s’exprimant au nom de Fâtima, puisqu’ils avaient perdu l’héritage – demandèrent alors à administrer cette aumône, afin de la dépenser comme le Prophète (que la prière et le salut de Dieu soient sur lui) le faisait. Abou Bakr refusa et estima de son devoir de maintenir la fonction qu’exerçait le Messager de Dieu (que la prière et le salut de Dieu soient sur lui), sans s’écarter de sa voie ni de sa tradition. Fâtima (que Dieu l’agrée) en éprouva du mécontentement et de la tristesse, alors qu’elle n’aurait pas dû, Abou Bakr étant, comme elle et les musulmans le savaient, d’un rang éminent auprès du Messager de Dieu (que la prière et le salut de Dieu soient sur lui), le soutenant de son vivant et après sa mort. Que Dieu le récompense au nom de Son Prophète et au nom de l’islam et de ses fidèles. Fâtima (que Dieu l’agrée) mourut six mois plus tard, et ‘Alî renouvela ensuite son allégeance.

À l’époque de ‘Omar Ibn Al-Khattâb, on lui demanda de confier la gestion de cette aumône à ‘Alî et Al-‘Abbâs, en formant auprès de lui une délégation composée de plusieurs grands Compagnons. ‘Omar (que Dieu l’agrée) accepta, considérant le grand nombre de charges qui pesaient sur lui, l’étendue de son gouvernement et la multiplicité de ses administrés. Sa mise en place laissa alors à Al-‘Abbâs l’occasion de prendre l’ascendant sur ‘Alî dans l’administration de ces biens. Ils se présentèrent tous deux, en désaccord, devant ‘Omar, accompagnés de plusieurs Compagnons, et ils réclamèrent de sa part une division de ces biens entre eux, de sorte que chacun puisse s’occuper de sa part sans s’immiscer dans celle de l’autre. ‘Omar refusa catégoriquement, craignant de créer une situation qui ressemblerait à un partage successoral. Il déclara : « Gérez-la ensemble tous les deux. Si vous n’y parvenez pas, remettez-la-moi. Par Celui qui soutient le ciel et la terre, je ne jugerai pas cette affaire autrement. » Ils continuèrent donc cette gestion, eux et leurs descendants après eux, jusqu’à l’époque des Banû Al-‘Abbâs, en affectant ces biens – notamment ceux de Banû An-Naḍîr, Fadak et la part du Messager de Dieu (que la prière et le salut de Dieu soient sur lui) à Khaybar – aux mêmes dépenses auxquelles le Prophète (que la prière et le salut de Dieu soient sur lui) les consacrait autrefois.

(1) Le savant al-Ḥāfiẓ a déclaré dans « al-Fatḥ » au hadith n° 6730 : Le hadith avec cette formulation est célèbre dans les ouvrages d'usūl et d'autres, mais il a été rejeté par plusieurs imams ; c'est le cas également à cause de la tournure particulière avec le mot « nous ». Cependant, an-Nasā’î l'a rapporté dans « as-Sunan al-Kubrā » n° 6309 avec la formulation : « Nous, communauté des prophètes, ne laissons pas d'héritage ; ce que nous laissons est une aumône ». Ce hadith provient de ʿUmar رضى الله عنه, avec une chaîne de transmission authentique, et est formulé « nous ne laissons pas d'héritage, ce que nous laissons est une aumône » dans « al-Bukhārī » n° 6728 et « Muslim » n° 1757, provenant de ʿUmar رضي الله عنه, ainsi que de la transmission d'autres compagnons.
خاصة، وكان يعزل منها نفقة أهله لسنة، ثم يجعل ما بقي مَجعل مال اللّه؛ يصرفه في الكراع والسلاح ومصالح المسلمين، فلمَّا مات، صلوات الله وسلامه عليه، اعتقدت فاطمة وأزواج النَّبِيّ ﷺ أو أكثرهن - أن هذه الأراضيَ تكون موروثة عنه، ولم يبلغهن ما ثبت عنه من قوله ﷺ : "نحن معشر الأنبياء لا نورث، ما تركناه فهو صدقة" (١) . ولمَّا طلبت فاطمة وأزواج النَّبِيِّ ﷺ والعباس نصيبهم من ذلك، وسألوا الصِّدِّيق أن يسلمه إليهم، ذكر لهم قول رسول اللّه ﷺ : "لا نورث، ما تركنا فهو صدقة" . وقال: أنا أعول من كان يعول رسول اللّه ﷺ ، واللّه لقرابة رسول اللّه ﷺ أحبَّ إليَّ أن أصل من قرابتي. وصدق، (رضي الله عنه) وأرضاه، فإنه البارُّ الراشد في ذلك، التابع للحقِّ، وطلب العباس وعليٌّ - على لسان فاطمة، إذ قد فاتهم الميراث - أن ينظرا في هذه الصدقة، وأن يصرفا ذلك في المصارف التي كان النَّبِيُّ ﷺ يصرفها فيها، فأبى عليهم الصِّدِّيق ذلك، ورأى أنَّ حقًّا عليه أن يقوم فيما كان يقوم قيه رسول الله ﷺ ، وأن لا يخرج من مسلكه ولا عن سننه. فتغضَّبت فاطمة، (عليه السلام) ، عليه في ذلك، ووجدت في نفسها بعض الموجدة، ولم يكن لها ذلك، والصديق من قد عرفت هي والمسلمون محلَّه ومنزلته من رسول اللّه ﷺ ، وقيامه في نصرة النَّبِيِّ ﷺ في حياته وبعد وفاته، فجزاه اللّه عن نبيه وعن الإسلام وأهله خيرًا، وتوفِّيت فاطمة، (عليه السلام) ، بعد ستة أشهر، ثم جدَّد عليٌّ البيعة بعد ذلك، فلما كان أيام عمر بن الخطاب، سألوه أن يفوِّض أمر هذه الصدقة إلى عليٍّ، والعباس، وثقلوا عليه بجماعة من سادات الصحابة، ففعل عمر، (رضي الله عنه) ، ذلك، وذلك لكثرة أشغاله واتساع مملكته وامتداد رعيَّته، فتغلَّب على عليٍّ عمُّه العباس فيها، ثم تساوقا يختصمان إلى عمر، وقدَّما بين أيديهما جماعة من الصحابة، وسألا منه أن يقسمها بينهما، فينظر كلٌّ منهما فيما لا ينظر فيه الآخر. فامتنع عمر من ذلك أشدَّ الامتناع، وخشي أن تكون هذه القسمة تشبه قسمة المواريث، وقال: انظرا فيها وأنتما جميع، فإن عجزتما عنها فادفعاها إليَّ، والذي تقوم السماء والأرض بأمره لا أقضي فيها قضاء غير هذا. فاستمرَّا فيها، ومن بعدهما من ولدهما إلى أيام بني العباس، تصرف في المصارف التي كان رسول الله ﷺ يصرفها فيها، أموال بني النَّضير وفدك، وسهم رسول اللّه ﷺ من خيبر. * * *
(١) قال الحافظ في "الفتح" عند الحديث رقم (٦٧٣٠): الحديث بهذا اللفظ مما اشتهر في كتب الأصول وغيرهم، وقد أنكره جماعة من الأئمة، وهو كذلك بالنسجة لخصوص لفظ "نحن" لكن أخرجه النسائي في "السنن الكبرى" رقم (٦٣٠٩) بلفظ "إنا معشر الأنبياء لا نورث ما تركنا فهو صدقة". من حديث عمر ﵁ ، بإسناد صحيح، وهو بلفظ "لا نورث ما تركنا صدقة" في "البخاري" رقم (٦٧٢٨) ومسلم رقم (١٧٥٧) من حديث عمر ﵁ ، ومن حديث غيره من الصحابة.

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