Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

On dénombra trente-six parts, chacune étant composée de cent portions. De cet ensemble, la moitié revint au Messager de Dieu (ﷺ) et aux musulmans, tandis que l’autre moitié fut mise de côté pour les délégations, les affaires diverses et les imprévus concernant les gens. Ce récit n’a été rapporté que par Abou Dâoûd.

Abou Dâoûd (1) a déclaré : « Nous a rapporté Muhammad ibn ‘Isâ, puis Mujammi‘ ibn Ya‘qûb ibn Mujammi‘ ibn Yazîd al-Ansârî, qui dit : “J’ai entendu mon père, Ya‘qûb ibn Mujammi‘, dire, d’après son oncle ‘Abd ar-Rahmân ibn Yazîd al-Ansârî, et d’après son oncle Mujammi‘ ibn Jâriyah al-Ansârî – lequel était l’un des lecteurs qui récitèrent le Coran –, que Khaybar fut partagée entre les compagnons présents à al-Hudaybiyya. Le Messager de Dieu (ﷺ) répartit Khaybar en dix-huit parts. L’armée comptait alors mille cinq cents hommes, dont trois cents cavaliers. Il attribua deux parts à chaque cavalier et une part à chaque fantassin.” » Ce récit n’a également été rapporté que par Abou Dâoûd.

Mâlik a rapporté, d’après az-Zuhri, que Sa‘îd ibn al-Musayyib l’informa que le Prophète (ﷺ) conquit une partie de Khaybar par la force. Rapporté par Abou Dâoûd (2). Puis Abou Dâoûd (3) dit : « On lut devant al-Hârith ibn Miskîn – j’en fus témoin – ce qui suit : Ibn Wahb nous informa, Mâlik ibn Anas nous relata, d’après Ibn Shihâb, que Khaybar fut en partie conquise par la force et en partie par traité. Quant à al-Katîbah, la plus grande partie fut conquise de vive force, mais il y eut aussi une portion soumise à un accord. » Je demandai alors à Mâlik : « Qu’est-ce qu’al-Katîbah ? » Il répondit : « C’est le nom donné à la terre de Khaybar, qui comptait quarante mille palmiers. » Abou Dâoûd ajouta : « Un ‘adhq est un palmier, tandis que le ‘idhiq (ou ‘urjûn) est le régime de dattes (4). »

C’est à ce propos qu’al-Bukhârî (5) a dit : « Nous a rapporté Muhammad ibn Bashshâr, puis Harrâmî, puis Shu‘bah, lequel tenait d‘Umârah, d’après ‘Ikrimah, qui le tenait de ‘Â’ishah (qu’Allah l’agrée) : “Lors de la conquête de Khaybar, nous dîmes : ‘Maintenant, nous allons enfin être rassasiés de dattes.’” » Al-Bukhârî poursuit : « Nous a raconté al-Hassan, qui tenait de Qurrat ibn Habîb, lequel tenait ‘Abd ar-Rahmân ibn ‘Abd Allâh ibn Dînâr, d’après son père, d’après Ibn ‘Umar (qu’Allah l’agrée) : “Nous ne fûmes rassasiés de dattes qu’après la conquête de Khaybar.” »

Quant à Muhammad ibn Ishâq (6), il affirma : « Ash-Shiqq et an-Natâh faisaient partie du lot attribué aux musulmans : Ash-Shiqq comptait treize parts, et an-Natâh cinq parts. Le total de ces terres fut réparti en mille huit cents parts, remises à ceux qui avaient participé à la campagne de Hudaybiyyah… »

(1) Dans « Sunan » n° 3015, il a également été rapporté par Ahmad dans son Musnad (3/420) dont la chaîne de transmission est faible, car Yaʿqūb ibn Majmaʿ ibn Jāriyah, même s’il est considéré comme un narrateur acceptable, a rapporté ce hadith de manière isolée et a été contredit à ce sujet, comme l’a expliqué l’imam Ibn al-Qayyim dans Zad al-Maʿād (3/294) (Bashar). (2) Rapporté par Abū Dāwūd n° 3017, c’est un hadith mursal, mais établi par plusieurs chemins authentiques. C’est pourquoi Ibn ʿAbd al-Barr déclare dans son ouvrage al-Tamhīd (6/445) : « Les savants sont unanimes pour reconnaître que Khaybar fut en partie conquise par la force et en partie par accord. Le Messager d’Allah ﷺ en fit le partage. Ce qui fut acquis sans combat ou par accord, comme ce dont les habitants se sont retirés, fut traité selon la sunnah du fay’. Ce qui fut obtenu par la force fut traité selon la sunnah du gain de guerre. Excepté ce que Dieu lui fit conquérir par la force, il le partagea entre les gens de Hudaybiyyah et ceux qui assistèrent à la bataille » (Bashar). (3) Après le numéro (3017), sa chaîne de transmission est faible. (4) Cette interprétation vient des propos d’al-Khaṭṭābī, et nous ne l’avons pas trouvée chez Abū Dāwūd. (5) Dans son « Sahīh » n° 4242. (6) Voir la « Sīra Nabawiyya » d’Ibn Hishām (2/337).
ستة وثلاثين سهمًا، جمع كلُّ سهم مئة سهم، فكان لرسول اللّه ﷺ وللمسلمين النصف من ذلك، وعزل النصف الثاني لمن نزل به من الوفود والأمور ونوائب الناس. تفرَّد به أبو داود. قال أبو داود (١) : ثنا محمد بن عيسى، ثنا مجمِّع بن يعقوب بن مجمِّع بن يزيد الأنصاريُّ، سمعت أبي يعقوب بن مجمِّع يقول، عن عمِّه عبد الرحمن بن يزيد الأنصاريِّ، عن عمه مجمِّع بن جارية الأنصاريِّ - وكان أحد القرَّاء الذين قرؤوا القرآن - قال: قسمت خيبر على أهل الحديبية، فقسمها رسول اللّه ﷺ على ثمانية عشر سهمًا، وكان الجيش ألفًا وخمسمئة، فيهم ثلاثمئة فارس، فأعطى الفارس سهمين، وأعطى الراجل سهمًا. تفرَّد به أبو داود. وقال مالك: عن الزهريِّ، أن سعيد بن المسيَّب أخبره أن النَّبِيَّ ﷺ افتتح بعض خيبر عنوة. رواه أبو داود (٢) . ثم قال أبو داود (٣) : قرئ على الحارث بن مسكين وأنا شاهد، أخبركم ابن وهب، حدَّثني مالك بن أنس، عن ابن شهاب: أن خيبر بعضها كان عنوة، وبعضها صلحًا، والكَتيبة أكثرها عنوة، وفيها صلح. قلت لمالك: وما الكتيبة؟ قال: أرض خيبر، وهي أربعون ألف عَذق. قال أبو داود: والعَذق: النَّخلة. والعِذق: العُرجون (٤) . ولهذا قال البخاريُّ (٥) : ثنا محمد بن بشَّار، ثنا حرميٌّ، ثنا شعبة، ثنا عُمارة، عن عكرمة، عن عائشة قالت: لما فتحت خيبر قلنا: الآن نشبع من التمر. ثنا الحسن، ثنا قرَّة بن حبيب، ثنا عبد الرحمن بن عبد اللّه بن دينار، عن أبيه، عن ابن عمر قال: ما شبعنا - يعني من التمر - حتى فتحنا خيبر. وقال محمد بن إسحاق (٦) : كانت الشِّقُّ والنَّطاة في سهمان المسلمين؛ الشِّقُّ ثلاثة عشر سهمًا، ونطاة خمسة أسهم، قسم الجميع على ألف وثمانمائة سهم، ودفع ذلك إلى من شهد الحديبية؛ من
(١) في "سننه" رقم (٣٠١٥)، ورواه أيضًا أحمد في مسنده (٣/ ٤٢٠) وإسناده ضعيف، فإن يعقوب بن مجمع بن جارية وإن كان حسن الحديث لكنه تفرد به وخولف فيه، كما بينه الإمام ابن القيّم في زاد المعاد (٣/ ٢٩٤) (بشار). (٢) رواه أبو داود رقم (٣٠١٧)، وهو حديث مرسل، لكنه ثابت من طرق عديدة صحيحة، لذلك قال ابن عبد البر في كتابه "التمهيد ٦/ ٤٤٥": أجمع العلماء على أن خيبر كان بعضها عنوة وبعضها صلحًا، وأن رسول اللّه ﷺ قسمها فما كان منها صلحًا أو أخذ بغير قتال كالذي جلا عنه أهله عمل ذلك بسنة الفيء، وما كان منها عنوة عمل فيه بسنة الغنائم، إلا أن ما فتحه اللّه عليه منها عنوة قسمه بين أهل الحديبية وبين من شهد الوقعة" (بشار). (٣) بعد الرقم (٣٠١٧)، وإسناده ضعيف. (٤) هذا التفسير من كلام الخطابي، ولم نره عند أبي داود. (٥) في "صحيحه" رقم (٤٢٤٢). (٦) انظر "السيرة النبوية" لابن هشام (٢/ ٣٣٧).

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