Et Al-Bukhārī (1) a dit : « Nous a rapporté Saʿīd ibn Abī Maryam, qui tient de Muḥammad ibn Jaʿfar, lequel m’informa de Zayd, d’après son père, qu’il avait entendu ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb dire : “Par Celui qui tient mon âme dans Sa Main, si je ne craignais de laisser les derniers parmi les gens (2) démunis, je n’aurais jamais conquis un village sans le répartir comme le Prophète — que la prière et le salut soient sur lui — répartit Khaybar. Mais je le laisse comme un trésor où ils puiseront.” » Al-Bukhārī l’a également rapporté (3) selon la version transmise par Mālik. De même, Abū Dāwūd, d’après Aḥmad ibn Ḥanbal, d’après Ibn Mahdī, d’après Mālik, d’après Zayd ibn Aslam, d’après son père, d’après ʿUmar, transmet ce même propos. Cette version implique que Khaybar, dans sa totalité, aurait été partagée entre les combattants victorieux.
Abū Dāwūd (4) rapporte : « Nous a raconté Ibn al-Ṣarraḥ : Ibn Wahb nous a informés : Yūnus m’a informé, d’après Ibn Shihāb, qui a dit : “Il m’est parvenu que le Messager d’Allah — que la prière et le salut soient sur lui — s’est emparé de Khaybar par la force après combat, et certains habitants ont alors choisi de partir après le combat.” » C’est également l’avis d’al-Zuhrī (5) : « Le Messager d’Allah — que la prière et le salut soient sur lui — préleva un cinquième (khumus) à Khaybar, puis il partagea le reste entre ceux qui y avaient participé. »
Pourtant, ce qu’affirme al-Zuhrī mérite examen, car il est établi que l’intégralité de Khaybar n’a pas été répartie : seule la moitié fut partagée entre les combattants, comme cela sera expliqué. Mālik et ceux qui le suivent ont déduit de ce récit que l’imam est libre de disposer des terres conquises : il peut, s’il le souhaite, les répartir, ou bien les réserver pour l’intérêt général des musulmans, ou encore en répartir une partie et garder l’autre en réserve pour subvenir aux besoins et assurer diverses utilités.
Abū Dāwūd rapporte encore : « Nous a raconté al-Rabīʿ ibn Sulaymān, le muezzin : Asad ibn Mūsā nous a rapporté : Yaḥyā ibn Zakariyyā nous a rapporté, me transmettant la parole de Sufyān, d’après Yaḥyā ibn Saʿīd, d’après Bushayr ibn Yasār, d’après Sahl ibn Abī Ḥathmah, qui a dit : “Le Messager d’Allah — que la prière et le salut soient sur lui — partagea Khaybar en deux moitiés : une moitié réservée à ses éventuelles urgences (et ses besoins), et une autre moitié entre les musulmans, répartie en dix-huit parts.” » Ce ḥadīth est explicitement rapporté uniquement par Abū Dāwūd. Puis Abū Dāwūd le transmet aussi d’après Bushayr ibn Yasār sous forme mursal (6), précisant que la moitié réservée aux urgences comprenait al-Waṭīḥ, al-Katība, al-Sulāllam et ce qui y était associé, tandis que la moitié revenant aux musulmans comprenait al-Shiqq, al-Naṭāṭ et ce qui y était associé, avec la part du Messager d’Allah — que la prière et le salut soient sur lui — comprise dans cette dernière répartition.
Abū Dāwūd dit encore (7) : « Nous a raconté Ḥusayn ibn ʿAlī : Muḥammad ibn Faḍīl nous a rapporté, d’après Yaḥyā ibn Saʿīd, d’après Bushayr ibn Yasār, affranchi des Anṣār, d’après des hommes parmi les Compagnons du Messager d’Allah — que la prière et le salut soient sur lui —, que lorsque le Prophète prit le dessus sur Khaybar, il la répartit… »