Le Messager de Dieu ﷺ le remit à az-Zoubayr, qui exerça contre lui un supplice. Or, Huyay était auparavant entré dans une ruine et l’on avait dit : « J’ai vu Huyay rôder dans une ruine, ici. » Ils s’y rendirent et y trouvèrent le coffre dans la ruine. Alors, le Messager de Dieu ﷺ mit à mort les deux fils d’Abou al-Houqaïq, dont l’un était l’époux de Safiyya bint Huyay ibn Akhtab. Le Messager de Dieu ﷺ réduisit ensuite leurs femmes et leurs enfants en captivité, et distribua leurs biens, à cause de la rupture de pacte qu’ils avaient commise. Il voulut alors les expulser, mais ils dirent : « Ô Muhammad, laisse-nous rester dans cette terre pour l’entretenir et la cultiver. » Le Messager de Dieu ﷺ et ses Compagnons n’avaient pas d’esclaves pour s’en occuper, et eux-mêmes n’en avaient pas le temps. Il conserva donc Khaybar pour eux, à la condition qu’ils reçoivent la moitié de toute récolte, de tout palmier ou de toute chose dont le Messager de Dieu ﷺ déciderait.
‘Abd Allah ibn Rawaha se rendait chez eux chaque année pour estimer la récolte, puis il les rendait redevables de la moitié. Ils se plaignirent au Messager de Dieu ﷺ de la dureté de son estimation et voulurent le corrompre. Il leur dit : « Ô ennemis de Dieu, voulez-vous me nourrir par un gain illicite ? Par Dieu, je reviens de chez l’homme que j’aime le plus, tandis que vous êtes plus détestables à mes yeux que le nombre que vous comptez de singes et de porcs. Mais ni ma haine pour vous ni mon amour pour lui ne m’empêcheront d’être équitable envers vous. » Ils répondirent : « C’est grâce à cela que les cieux et la terre se maintiennent. »
Le Messager de Dieu ﷺ remarqua alors une marque verdâtre sur l’œil de Safiyya et lui demanda : « Ô Safiyya, quelle est cette marque ? » Elle répondit : « Ma tête était posée sur la cuisse du fils d’Abou al-Houqaïq pendant mon sommeil. J’ai rêvé que la lune tombait dans mon giron. Quand je le lui rapportai, il me gifla en disant : “Prétendrais-tu donc épouser le roi de Yathrib ?!” Le Messager de Dieu ﷺ était alors l’homme que je haïssais le plus, lui qui avait tué mon époux et mon père. Cependant, il ne cessa de s’excuser auprès de moi et de répéter : “Ton père avait soulevé contre moi les tribus arabes ; il a fait ceci et cela…” jusqu’à ce que toute haine disparût de mon cœur. »
Le Messager de Dieu ﷺ attribuait chaque année à chacune de ses femmes quatre-vingts wasqs de dattes et vingt wasqs d’orge. Lorsque ‘Oumar lui succéda, ceux de Khaybar trompèrent les musulmans et précipitèrent Ibn ‘Oumar du haut d’une maison, si bien qu’ils lui disloquèrent les mains (1). ‘Oumar déclara : « Que celui qui détient une part à Khaybar se présente pour que nous la répartissions. » Il la partagea donc entre eux. Leur chef insista : « Ne nous expulse pas, laisse-nous y demeurer comme nous avions été maintenus ici par le Messager de Dieu ﷺ et Abou Bakr. » ‘Oumar lui répliqua : « Penses-tu que j’aie oublié la parole du Messager de Dieu ﷺ : “Que feras-tu le jour où ta monture t’emportera vers le Cham, puis un autre jour, puis encore un autre ?” » Et ‘Oumar répartit Khaybar entre ceux qui avaient pris part à la bataille de Khaybar parmi les gens d’al-Houdaybiya.
Abou Dawoud (2) l’a rapporté sous une forme abrégée, d’après le hadith de Hammād ibn Salama. Al-Bayhaqî (3) a dit : « Al-Boukhârî l’a transmise de manière suspendue dans son “Livre”, en disant : “Hammād ibn Salama l’a rapportée.” » J’ai dit : « Je ne l’ai pas trouvée dans “al-Atrâf” (4) ; Dieu sait mieux. » Abou Dawoud (5) a aussi déclaré : « Soulaymân ibn Dâwoud al-Mahri m’a rapporté, Ibn Wahb nous informa qu’Oussâma ibn Zayd al-Laythî… »