Abou Doujana le tua et s’empara de son butin. Ils reculèrent devant le combat singulier, si bien que les musulmans s’écrièrent « Allah Akbar ! ». Puis ils lancèrent l’assaut contre la forteresse et y pénétrèrent, Abou Doujana en tête. Ils y trouvèrent des meubles, des biens, des moutons et de la nourriture. Ceux qui combattaient à l’intérieur prirent la fuite, sautant par-dessus les remparts tels des gazelles, jusqu’à ce qu’ils atteignent le fort d’an-Nizâr dans la région d’ach-Chiq, où ils se retranchèrent fermement. Le Messager de Dieu (ﷺ) avança alors avec ses compagnons ; ils échangèrent des tirs, et le Messager de Dieu (ﷺ) lança lui aussi (des projectiles) de sa noble main, au point que leurs flèches atteignirent ses vêtements (– qu'Allah leur fasse miséricorde –). Il (– paix sur lui –) saisit ensuite une poignée de cailloux et les jeta vers leur forteresse, qui trembla et s’enfonça dans le sol, rendant leurs occupants faciles à capturer par les musulmans.
Al-Waqidî (1) a dit : « Ensuite, le Messager de Dieu (ﷺ) se tourna vers les habitants d’al-Katîba, al-Watîh et as-Sulâlam, qui étaient les deux forteresses des Banû Abî al-Huqayq. Ils s’y enfermèrent en s’y fortifiant de toutes leurs forces. Tous ceux qui avaient fui des forts d’an-Naṭâ et d’ach-Chiq les rejoignirent dans al-Qamûs – forteresse située dans al-Katîba, particulièrement imprenable –, ainsi que dans al-Watîh et as-Sulâlam. Ils ne sortaient plus de leurs places fortes, au point que le Messager de Dieu (ﷺ) envisagea d’établir un engin de siège contre eux. Quand ils se virent voués à la perte, après que le Messager de Dieu (ﷺ) les eut assiégés durant quatorze jours, Ibn Abî al-Huqayq descendit pour conclure un accord avec lui : en échange de la préservation de leurs vies et de leur départ, ils laisseraient au Messager de Dieu (ﷺ) leurs terres, leurs biens, l’or, l’argent, les montures et les armes, ainsi que les étoffes, à l’exception de ce qu’ils porteraient sur eux, c’est-à-dire leurs vêtements. Le Messager de Dieu (ﷺ) leur déclara : « Et sachez que vous ne bénéficierez plus de la protection de Dieu ni de celle de Son Messager si vous dissimulez quoi que ce soit. » Ils conclurent donc la trêve sur cette base. »
Je dis : c’est pour cela que, lorsqu’ils ont caché et nié l’existence du coffre où se trouvait un grand trésor, il est apparu qu’ils n’avaient pas respecté leurs engagements ni leurs promesses. Ibn Abî al-Huqayq et un groupe de sa famille furent tués à cause de leur violation des traités et des pactes.
Le hâfiẓ al-Bayhaqî (2) a rapporté (3) : « Abou l-Hasan ‘Alî ibn Muhammad al-Muqri al-Isfarâyînî nous l’a enseigné ; al-Hasan ibn Muhammad ibn Isḥâq nous a rapporté d’après Yûsuf ibn Ya‘qoub, d’après ‘Abd al-Wâḥid ibn Ghiyâth, d’après Ḥammâd ibn Salama, d’après ‘Ubayd Allâh ibn ‘Umar – selon l’opinion d’Abou Salama –, d’après Nâfi‘, d’après Ibn ‘Umar, que le Messager de Dieu (ﷺ) combattit les habitants de Khaybar jusqu’à les forcer à se réfugier dans leur principal château. Il s’empara alors des terres, des cultures et des palmiers. Ils conclurent un accord stipulant qu’ils quitteraient ces lieux, emportant seulement ce que leurs montures pouvaient porter, tandis que l’or et l’argent reviendraient au Messager de Dieu (ﷺ). Le Prophète (ﷺ) posa cependant pour condition qu’ils ne dissimulent ni ne cachent rien ; si tel était le cas, ils ne bénéficieraient plus de sa protection ni de son pacte. Ils cachèrent pourtant un sac (4) contenant de l’argent et des bijoux ayant appartenu à Ḥuyayy ibn Akhṭab, qu’il avait emportés à Khaybar lorsque les Banû an-Naḍîr furent exilés. »
Le Messager de Dieu (ﷺ) demanda alors à l’oncle de Ḥuyayy : « Qu’est devenu le sac de Ḥuyayy qu’il avait apporté des Banû an-Naḍîr ? » Celui-ci répondit : « Les dépenses et les guerres l’ont fait disparaître. » Le Prophète (ﷺ) rétorqua : « Le pacte est récent, et le trésor était bien plus important que cela. »